Vaccin contre le coronavirus : Tariq Daouda mise sur l'intelligence artificielle
Le chercheur marocain Tariq Daouda a récemment contribué à la mise en ligne d'une plateforme interactive, dont le but est d’accélérer la découverte d'un vaccin contre le covid-19.
Le 5 mai dernier, un groupe de chercheurs internationaux (deux Français, un Brésilien, un Libanais, un Allemand et deux Canadiens ainsi que le Marocain Tariq Daouda), ont lancé la plateforme interactive "Epitopes.world" alimentée par l’intelligence artificielle, dans le but d’accélérer le développement d’un vaccin anti-coronavirus.
Contacté par Médias24, le chercheur marocain nous explique avoir appliqué l’algorithme développé durant son doctorat, au génome Sars-CoV-2, qui est le virus qui cause le covid-19. "A partir de là, on est capable de faire des prédictions sur ce qui va être présenté à la surface des cellules qui sont infectées par ce virus", pour des cibles vaccinales potentielles.
"Quand le Sars-CoV-2 embrase une cellule, il étudie sa machinerie interne pour produire ses protéines à lui. Une partie de ces protéines -appelées épitopes- vont ensuite être coupées en petits morceaux, et se retrouver à la surface de la cellule. A l'aide de ces épitopes, le système immunitaire arrive à identifier les cellules infectées".
"Dans notre recherche, nous avons sorti une liste de prédictions d'épitopes qui pourraient, le plus probablement, se présenter à la surface des cellules infectées", selon notre algorithme. "Le but est d’accélérer la phase de découverte des médicaments et molécules importants pour le traitement de ce virus. C’est-à-dire, qu’au lieu de tester plusieurs vaccins, ce qui pourrait prendre des mois, voire des années, les chercheurs peuvent commencer par cibler les épitopes de cette liste, puisqu'ils sont plus probables que d'autres".
"Si on arrive donc, à partir du génome Sars-CoV-2, à savoir quelles sont les protéines qui vont être présentes à la surface des cellules infectées, celles-ci peuvent être introduites dans un vaccin pour prévenir le covid-19. On peut donc entraîner le système immunitaire à reconnaître à l’avance à quoi ressemble une cellule infectée par le coronavirus. Ce qui veut dire qu’une fois que le virus entre dans le corps de la personne, la réponse immunitaire est beaucoup plus rapide, et c’est le principe du vaccin".
Ce groupe de chercheurs volontaires est pour l’instant en quête d’autres partenaires, pour faire d’autres validations, vu que peu de données sont disponibles sur le nouveau coronavirus. Ils vont également travailler sur le développement de leur site web pour ajouter des visualisations et des services qui permettent aux utilisateurs, qui sont d’autres chercheurs, à trouver l’information pertinente plus rapidement.
"Nous allons améliorer l’interface et ajouter des pages de vulgarisation. Actuellement, nous avons lancé la plateforme avec le strict minimum avec lequel un chercheur peut travailler", conclut notre source.
Né à Rabat, Tariq Daouda est titulaire d’une licence en mathématiques-informatique à l’Université Henri-Poincaré, Nancy-I, et d’une maîtrise en Intelligence Artificielle à l’Université de Montréal. Il a ensuite fait un doctorat en bio-informatique à l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie à Montréal. Actuellement, il est chercheur post-doctoral à Harvard Medical School, et travaille sur la prédiction des épitopes à partir de séquences d’ARN. Il s’agit de l’application de l’intelligence artificielle à l’immunologie.

La plateforme Epitopes.world
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