Comment le télétravail a impacté les habitudes des employés (LMS)
Le cabinet LMS a réalisé une enquête dans laquelle il passe au crible les inconvénients et les avantages du télétravail et la manière dont les salariés l’ont vécu. Grosso modo, la plupart des répondants sont satisfaits de leur expérience de télétravail.
Bientôt deux mois que le télétravail s’est invité dans de nombreux foyers marocains, depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire le 20 mars. Inédite, cette expérience a entraîné de nombreux bouleversements dans nos habitudes, plus ou moins bien vécus.
Le cabinet LMS, spécialisé dans les ressources humaines, a réalisé une enquête pour jauger la perception du télétravail par les managers et les collaborateurs, aussi bien dans le secteur privé que public, interroger l’avenir du travail à distance après la crise sanitaire et cerner les avantages et inconvénients de cette pratique nouvelle.
L’enquête a été menée du 17 au 27 avril auprès de 1.000 répondants, 43% d’entre eux étant managers. 82% travaillent dans le secteur privé. La répartition genrée des répondants est quasi équitable : à hauteur de 51% pour les hommes et 49% pour les femmes. De plus, 54% ont des enfants à charge. En termes de répartition géographique, des répondants des 12 régions du Maroc ont été sollicités, avec une forte concentration sur l’axe Tanger-Marrakech (90%).
La charge de travail a augmenté
Globalement, 7 répondants sur 10 sont en télétravail continu et 2 sur 10 en télétravail partiel. Avant le confinement, aucun ne recourait à cette pratique à temps plein. Le télétravail était toutefois pratiqué de manière partielle par un peu plus de 40% des répondants.
''La quasi-totalité des répondants affirme que leurs entreprises n’ont jamais envisagé le télétravail comme principal mode de collaboration'', souligne l’enquête. Quatre répondants sur 5 affirment en effet que le principal frein au télétravail avant le confinement était ''l’incompatibilité de ce mode avec la culture de l’entreprise''. Ils sont uniquement 1 sur 10 à affirmer que leur fonction ou leur secteur d’activité ne le permet pas.
L’enquête du cabinet LMS a également interrogé les répondants sur la hausse de la quantité de travail en cette période particulière. Résultat : 6 répondants sur 10 ont vu leur charge de travail augmenter. En revanche, les relations avec les collègues n’ont pas été rompues en dépit de la distance : 80% des répondants déclarent entretenir des échanges réguliers avec l’ensemble de leurs collègues et 44% assistent à une réunion avec leurs collègues au moins une fois par jour, contre 38% ''plusieurs fois par semaine'' ; 16% ''une fois par semaine'' et 2% ''moins d’une fois par semaine''.
57% des sondés disposent d’un espace dédié au télétravail
Il n’empêche que le télétravail a globalement chamboulé les habitudes des salariés. ''La frontière entre temps personnel et temps réservé au travail est devenue moins étanche, impactant ainsi les habitudes personnelles des télétravailleurs. En effet, 60% des répondants déplorent « un impact conséquent du télétravail sur leur temps personnel'', indique l’enquête.
D’où l’importance ''cruciale'' de disposer d’un espace dédié au télétravail. Près de 9 répondants sur 10 considèrent en effet le fait de posséder un espace de télétravail comme important, voire très important, mais en réalité, 57% déclarent en disposer réellement.
En termes d’équipements, près de 7 répondants sur 10 déclarent que leur employeur a mis à leur disposition une solution informatique pour assurer le télétravail. Il sont par ailleurs un peu plus de 7 répondants sur 10 à estimer que le matériel informatique (PC avec webcam, enceinte et micro) mis à leur disposition est adapté au télétravail.
Autant dire que cet environnement technologique favorise l’efficacité : seuls 10% des répondants se considèrent comme moins efficaces en mode télétravail. Plus précisément, 55% des répondants affirment être ''plus efficaces sur certains aspects du travail'' et 35% ''plus efficaces dans l’absolu''.
Grosso modo, 83% sont satisfaits de leur expérience de télétravail. Parmi les avantages de cette pratique, 82% des personnes interrogées évoquent le gain de temps du trajet ; 71% la baisse des dépenses ; 67% la flexibilité en termes d’horaires de travail et 52% la hausse de l’efficacité dans le travail. En revanche, 77% déplorent l’absence de délimitation entre le bureau et la maison ; 77% la perte de contact avec leurs collègues ; 56% la perte de la culture d’entreprise ; 54% la réduction du temps personnel.
Le télétravail se prolongera-t-il à l’issue du confinement ?
Reste à savoir si le télétravail survivra au déconfinement qui se profile. Trois répondants sur 4 pensent adopter le télétravail après le déconfinement. Seulement 1 personne sur 20 demeure hermétique par rapport au sujet.
Au niveau culturel, l’enquête souligne que le télétravail fait craindre une incompatibilité avec la culture de la performance qui se base sur le présentiel ; une baisse du sentiment d’appartenance ; une perte d’engagement des salariés et un risque d’isolement social. Il peut au contraire favoriser une nouvelle culture de la performance, plaçant le résultat avant l’effort ou la présence.
Sur le volet managérial, le télétravail peut générer des difficultés dans l’évaluation de la charge de travail et la performance des collaborateurs, et moins de communication et de travail d’équipe. Des avantages sont néanmoins à souligner, comme la réduction de l’absentéisme et des retards, et ''plus d’agilité, de proactivité et davantage de souplesse dans la gestion du temps et des sollicitations''.
Enfin, au niveau humain, le télétravail a aussi ses avantages et ses inconvénients : d’un côté, il peut permettre d’alterner mode télétravail et mode présentiel pour optimiser l’espace et le temps ; faire émerger de nouvelles approches de communication interne, plus inventives, moins conventionnelles, et optimiser le temps de travail disponible. D’un autre côté, il peut y avoir une perte de repères des salariés par rapport au lien hiérarchique, aux droits et aux obligations ; une culpabilité et une nécessité de justifier en permanence sa non-présence sur le lieu de travail ; une perte du lien social et une accentuation des soucis de santé liés à la sédentarité, comme la prise de poids et les risques cardio-vasculaires.
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