Boulangeries: les revendications des professionnels pour l'après-confinement
A l'approche du déconfinement, les propriétaires des boulangeries et pâtisseries proposent une panoplie de mesures pour relancer ce secteur, largement impacté par la crise.
Dans une lettre adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce, aux présidents respectifs du Comité de veille économique, de la CGEM et de la Fédération des Chambres du commerce, la FNBP revient sur la situation de crise du secteur suite à la pandémie du Covid-19.
Datant du 29 mai, la lettre de la fédération informe qu’un grand nombre de pâtisseries et boulangeries au Maroc ont été contraintes de fermer boutique tandis que les autres, ayant décidé de poursuivre leur activité, ont enregistré un recul important dans leur chiffre d’affaires, une perte allant de 50 à 80%. Cette baisse est également due à l’adoption des nouveaux horaires de fermeture imposés par l’état d’urgence sanitaire.
Selon la FNBP, une grande frange des propriétaires des boulangeries, structurées et traditionnelles, vit actuellement dans une situation de précarité et est menacée de faillite, sans oublier les problèmes des factures d'eau et d'électricité ainsi que les loyers à payer et les salaires des employés.
Face à cette situation, des milliers d’emplois sont menacés, ajoute la fédération qui invite les autorités publiques à prendre les dispositions nécessaires pour accompagner le secteur. L’objectif étant de sortir de cette situation de crise et permettre aux professionnels, après la levée du confinement, de réformer leurs unités, moderniser leurs activités et restructurer le secteur.
Contacté par Médias24, le président de la fédération nous déclare que suite à une première correspondance avec le CVE, les employés, notamment des boulangeries et pâtisseries, qui ont arrêté leurs activités durant la pandémie, ont pu bénéficier du soutien dans le cadre du Fonds de gestion de la crise.
La Fédération marocaine des boulangeries et pâtisseries liste donc les mesures qui doivent être, selon sa vision, instaurées à court et moyen termes.
"Après le Covid-19 tout va changer, le secteur doit suivre et s'adapter aux changements et marquer sa relance économique et sociale. Plusieurs chantiers sont lancés, dont la digitalisation du secteur et la livraison à distance. Les mesures proposées vont permettre au secteur de réaliser ces objectifs à court et à moyen termes", ajoute Haoucine Azaz.
Selon la fédération, à court terme, les revendications sont comme suit:
- Mise en place d’une Caisse dédiée au financement de la reprise de l'activité dans les boulangeries ayant été contraintes de fermer leur porte. Les prêts seront accordés avec un taux d’intérêt très bas, pour financer le redémarrage de l’activité et la restructuration des boulangeries qui le souhaitent.
- Instaurer dans la loi de finances rectificative 2020, une mesure pour exonérer des charges de la protection sociale et des impôts les unités qui ont été impactées par la crise, durant les deux prochaines années ;
- Accélérer la signature et la mise en œuvre des dispositions du programme conventionnel entre la fédération et les ministères de tutelle;
- Combattre le secteur informel.
A moyen terme, la fédération propose de:
- Définir, réglementer et renforcer l’arsenal juridique relatif au secteur pour renforcer la qualité des produits et préserver la santé du consommateur;
- Travailler en coordination avec la fédération pour la préparation d’un cadre fiscal comme l’uniformisation et la réduction de l’impôt annuel sur le secteur, et ce, en prenant en considération sa situation de vulnérabilité ;
- Mettre en place un guide des bonnes pratiques ;
- Mettre en place des mesures incitatives pour les professionnels souhaitant restructurer et moderniser leur activité.
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