Casablanca: Lancement d’un nouveau marché pour l'exploitation de la décharge contrôlée
La décharge de Médiouna continue de menacer la vie des riverains et de provoquer leur colère. Où en est le dossier, et à quand une solution définitive?
Un nouvel appel d’offres pour l'exploitation de la décharge contrôlée de Casablanca a récemment été lancé par Casa Baia, apprend Médias24 auprès de Mohammed Haddadi, adjoint au maire de Casablanca, chargé du nettoiement.
En effet, le marché a été lancé le 10 juillet. Le coût des prestations d'exploitation est estimé à près de 46 millions de DH (45.828.000 DH), selon le cahier des charges consulté par Médias 24. L'ouverture des plis est prévue le 10 août prochain.
Rappelons qu'un marché pour la gestion d'un casier de 11 ha, sur le terrain de la nouvelle décharge, a été lancé en décembre 2019, et attribué à la société nouvelle des travaux routiers et ouvrages (SNTRO) en janvier 2020, avant d’être soudainement annulé.
Les raisons de cette annulation n’ont pas été communiquées par Casa Baia, mais une source bien informée nous avait confié que l’appel d’offres a été annulé pour revoir ses termes.
3 ans d'exploitation
L’ouverture de la décharge contrôlée permettra d’accélérer le processus de fermeture de l’ancienne décharge, qui fait polémique depuis plus d'une dizaine d'années. Il faut toutefois que le marché aboutisse.
Selon le cahier des prescriptions spéciales de ce marché, les prestations concernent l’exploitation de la décharge contrôlée de Casablanca pendant une durée totale de 3 années. Le marché sera reconduit tacitement d’année en année pour chaque année budgétaire.
La non-reconduction du marché est prise à l’initiative de l’une des deux parties (le nouveau gestionnaire ou la SDL Casa Baia, NDLR), moyennant un préavis de 3 mois. Celle-ci est considérée comme une résiliation du marché ne donnant pas droit à une indemnité.
Rappelons que le marché annulé prévoyait une durée d'exploitation de 12 mois, avec un possible prolongement jusqu'à 15 mois, mois par mois.
Le traitement des lixiviats non compris
"Les prestations du traitement des lixiviats ne font pas partie de cet appel d’offres, elles feront l’objet d’une prestation indépendante de ce marché", lit-on sur le CPS, alors qu'il s'agit de l'un des points noirs de la décharge actuelle.
Le lixiviat est le jus de déchets, difficilement recyclable, qui peut même toucher la nappe phréatique et polluer les eaux, comme l'explique le reportage ci-dessous.
Ce jus est souvent mélangé avec des métaux lourds, qui s'infiltrent dans les terres et toutes les plantations. Ces métaux sont difficilement évacués par le corps humain, et en cas d'exposition prolongée, peuvent provoquer des pathologies redoutables.
Le mercure, par exemple, peut être responsable d'une migraine chronique, d'allergies, et peut même provoquer certains cancers...
Notons que le site de la nouvelle décharge contrôlée de Casablanca comprend, entre autres, un casier de 11 ha, un bassin de stockage des lixiviats de 1,5 ha, des ponts-bascules et un bâtiment administratif...
"Un autre casier sera aménagé, dans la zone de ce site, par les soins du maître d’oeuvre, et sera mis à la disposition de l’exploitant en cas de reconduction du marché", ajoute le CPS.
Plus de 3.500 tonnes de déchets traités quotidiennement
Plus de 1,3 million (1.319.228) de tonnes de déchets ont été enfouis dans l'actuelle décharge en 2019, à raison d'une moyenne quotidienne de 3.614 T.
Ce tonnage comprend les déchets ménagers et assimilés, les déchets verts et les déchets industriels banals provenant des unités industrielles.
La nouvelle décharge contrôlée devra donc fonctionner 24h/24 et 7j/7 et recevoir l’équivalent de ce tonnage, qui englobe aussi bien les déchets collectés sur le territoire de la ville de Casablanca que celui des communes avoisinantes, à savoir la commune de Médiouane, de Mejjatia Ouled Taleb, de Sidi Hajjaj Oued Hassar, de Tit Mellil, de Lahraouiyine, et de l'établissement de coopération intercommunale Al Baya, composé des communes de Dar Bouazza, Ouled Saleh, Ouled Azzouz, Bouskoura et Nouaceur.
Les prestations d’exploitation comprennent entre autres la réduction des nuisances olfactives. Le nouvel exploitant devra ainsi limiter le contact des déchets avec l'atmosphère, l'émission d'odeurs nauséabondes, et le risque de déclenchement d'incendie.
Il devra également:
- garantir une bonne densité de compactage des déchets pour augmenter la durée de vie de la décharge;
- mobiliser les moyens humains et matériels et préparer au préalable les plateformes de vidage des déchets permettant l’absorption du flux des camions durant les heures de pointe et les événements spéciaux (Ramadan, Aid Al Adha…);
- assurer le vidage des camions dans une durée moyenne de 30 minutes maximum....
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