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Affaire de Tanger : de la disparition à l’arrestation, récit d’un abominable crime

Au lendemain de l’arrestation de l’individu suspecté d’avoir commis un attentat à la pudeur puis d'avoir assassiné le jeune Adnane, âgé de seulement 11 ans, Médias24 a pu reconstituer le déroulement de cette sordide affaire. Selon des sources sûres, le suspect s’est trahi après avoir essayé de brouiller les pistes, en envoyant à la famille de sa victime, de son propre téléphone, un sms avec une demande de rançon contre la libération de l'enfant.

Affaire de Tanger : de la disparition à l’arrestation, récit d’un abominable crime
Samir El Ouardighi
Le 12 septembre 2020 à 17h57 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

En moins de quatre jours, les enquêteurs de la DGSN ont réussi à élucider l'affaire de la disparition suivie d'un attentat à la pudeur puis du meurtre du jeune garçon de 11 ans à Tanger qui a provoqué une très vive émotion au Maroc  Malheureusement, l'enfant a été tué dans les deux heures qui ont suivi sa disparition.

Le double crime a été perpétré lundi 7 septembre entre 16 et 18 heures

Après avoir enquêté sur place, Medias24 a pu reconstituer auprès de plusieurs sources sûres, le déroulement chronologique des faits tragiques qui ont conduit un ouvrier de 24 ans à commettre le pire avant d'être interpellé quatre jours après.

Selon nos interlocuteurs, dont les propos se recoupent tous et concordent avec le communiqué de la DGSN, l'abominable double crime a été commis le lundi 7 septembre entre 16 heures et 18 heures.

C’est en effet à partir du début de cette fourchette horaire que le suspect a abordé sa victime, dans le quartier tangérois de Bni Makada à proximité du domicile familial du jeune garçon, qui devait effectuer une course pour ses parents.

Un bourreau qui a réussi à convaincre sa victime de le suivre de son plein gré

Se montrant gentil et avenant avec la victime, il est parvenu à convaincre le jeune Adnane de le suivre chez lui, sous un ou plusieurs motifs fallacieux que les interrogatoires finiront par déterminer.

A partir de là, le bourreau et sa victime se sont alors dirigés vers l'appartement qu’il loue et partage avec trois colocataires, tous ouvriers comme lui.

Nos sources estiment que le fait que son domicile soit distant d’à peine 3 blocs de l'endroit de leur rencontre et du domicile familial de sa victime a sûrement beaucoup joué pour rassurer le jeune garçon.

Le meurtrier a enterré le jeune garçon à 100 mètres de chez lui

Sachant que ses colocataires qui travaillaient de nuit dans une usine de la zone industrielle ne seraient pas dans l’appartement, il a alors aussitôt commis son abominable forfait en abusant sexuellement de la victime avant de l'étrangler lâchement à mort.

Après quoi, il a décidé d'attendre la tombée de la nuit et la fermeture des routes avoisinantes liée au couvre-feu nocturne, pour l'enterrer discrètement dans un ravin bordé d'épines distant d'à peine 100 mètres de chez lui.

L’enquête de police a commencé 3 heures après les faits

De son côté, au bout d’une heure, soit vers 17 heures, sa famille a commencé à s'inquiéter et a décidé de le rechercher partout dans les alentours mais en vain.

En l’absence de résultats, ses parents se sont alors dirigés à 19 heures vers le poste de police de leur quartier, soit trois heures après que l'adolescent ait été vu pour la dernière fois à côté de chez lui.

Après avoir exposé la situation à l’officier de permanence, ce dernier leur a recommandé de déposer un avis de disparition ou plus exactement, ce que les policiers appellent une "recherche dans l’intérêt des familles" (RIF).

En pareil cas de figure, les policiers ont le choix entre le déclenchement d'une  RIF de deux types à savoir entamer, quand il s'agit d'adultes ou de mineurs fugueurs, une procédure pour simple disparition ou alors en disparition inquiétante.

Sachant que l'enfant, âgé de seulement 11 ans, n'était pas habitué à sortir de chez lui aussi longtemps et encore moins à éventuellement fuguer, la recherche a été classée en disparition inquiétante.

Une fois enclenchée la procédure, les policiers ont immédiatement lancé un avis de recherche nationale de l'enfant avec une diffusion urgente de son signalement (photo, identité, signes distinctifs).

Ce ne sont pas les caméras qui ont identifié formellement le suspect

Après plusieurs recherches vaines autour du lieu de sa disparition, les enquêteurs ont réquisitionné les enregistrements des caméras de surveillance des cafés et des commerces proches du trajet situé entre son domicile et la boutique où il était censé faire un achat pour ses parents.

C'est de cette manière qu'ils ont réussi à isoler plusieurs images d'une personne adulte en compagnie du jeune Adnane qui semblait le suivre de son plein gré et sans aucune violence physique ou psychologique.

Une fois transmise pour identification dans la base de données de la police, il s'est avéré que la photo du suspect qui portait une barbe et des lunettes n'a donné aucun résultats concret ou probant.

En effet, une image différente de la photo de la carte d'identité nationale, répertoriée dans les bases de données de la DGSN, ne permet pas d'authentifier à 100 % une identité faciale.

Malgré cela, les enquêteurs ont persévéré et se sont intéressés aux milliers d'identités proposées par les logiciels de reconnaissance faciale de leurs ordinateurs. Ils ont alors commencé à faire le tri, en écartant les personnes habitants dans d'autres villes.

Nerveux, le meurtrier réclame à la famille une rançon pour brouiller les pistes

Sachant que sa photo avait été publiée partout à Tanger et sur la toile, le suspect devenu très nerveux après son abominable double crime, s’est rasé la barbe et coupé les cheveux pour changer de physionomie.

Afin de brouiller les pistes, il a alors envoyé un SMS à  un numéro de téléphone de la famille, trouvé sur les réseaux sociaux, où il a réclamé le paiement d'une rançon contre la libération de leur enfant qu’il prétendait avoir enlevé.

Son objectif était de faire croire qu'il était toujours vivant afin que l'enquête prenne une tournure différente et fasse perdre du temps aux enquêteurs.

L’origine du SMS fait basculer l’enquête et trahit le coupable

Au final, le détail qui a fait basculer l’affaire est que le pseudo-ravisseur, sans doute aveuglé par sa nervosité, a envoyé la demande de rançon de son propre téléphone.

Après avoir obtenu auprès de l'opérateur téléphonique l'identité du détenteur de la ligne qui a envoyé le message, le suspect a pu être rapidement identifié puis interpellé à son domicile dans l'heure qui a suivi, a savoir en fin d'après-midi du vendredi 11 septembre 

Ses colocataires devront répondre d’une accusation de non-dénonciation de crime

Lors de son interpellation, les enquêteurs ont également mis en garde à vue ses trois colocataires quo devront répondre d’une accusation de non-dénonciation de crime.

En effet, "sachant que sa photo a été diffusée pendant 4 jours avant son arrestation, pourquoi n’ont-ils  pas pris la peine d'alerter la police alors qu’il a non seulement changé d'apparence mais en plus est devenu très nerveux ?", concluent nos sources pour qui la moindre des choses aurait été de s'interroger sur le changement de comportement et de faire le rapprochement avec les images diffusées partout.

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Tags : DGSN
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