Face à la perte d’emploi, une aide très faible a été adressée aux réfugiés au Maroc
La majorité des réfugiés en activité au Maroc ont perdu leur emploi suite au confinement et n'ont reçu aucune indemnité. Selon le HCP, le statut légal de ces réfugiés est le principal obstacle à leur accès au soutien.
Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a réalisé, en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), une enquête auprès des réfugiés au Maroc pour évaluer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la situation économique, sociale et psychologique de cette population.
Cette opération, menée du 2 au 8 juin 2020 a ciblé un échantillon de 600 ménages. Au moment de l’enquête, l’effectif des réfugiés au Maroc s’établissait à environ 7.000 personnes.
Presque la totalité des chefs de ménages réfugiés ont un niveau d’instruction dont 45,8% ont atteint le niveau supérieur. 43,8% des chefs de ménages exercent une activité économique et environ les deux-tiers d'entre eux sont des salariés. Trois personnes sur 10 exercent un emploi indépendant, et seulement 1,8% sont des employeurs.
Parmi ces 43,8% des chefs de ménages réfugiés en activité, 87,1% ont cessé d’exercer leur emploi pendant le confinement, 5,7% contre une indemnité et 81,4% sans aucune indemnité. Le rapport souligne qu’une infime minorité des actifs occupés (1,3%) ont changé leur activité pendant le confinement.
Les réfugiés ayant perdu leur activité à cause de la pandémie et qui n’ont bénéficié d’aucun soutien citent, comme raison principale, leur statut légal à 54,6%. D’autres considérations sont évoquées dont le fait de ne pas être au courant (8,9%), de non déclaration à la CNSS (8,3%) ou d’un refus de la demande (8,2%).
Parmi les réfugiés ayant perdu leur emploi suite au confinement, 6,1% ont reçu une aide de la part de l’employeur ou de l’Etat. La moitié des aides reçues proviennent des employeurs, sous forme de salaires ou de congés payés et 29,6% de l’Etat, notamment, à travers le programme d’aide aux salariés formels inscrits à la CNSS. Plus de 9 réfugiés sur 10 jugent ces aides insuffisantes pour compenser la perte de revenus occasionnée par l’arrêt du travail.
De manière globale, 78,4% des réfugiés ont reçu au moins un transfert de différentes sources. Le HCR est le principal fournisseur des aides aux réfugiés sous forme d’allocations financières. En effet, 82,1% des réfugiés ont reçu des transferts de cette institution, seulement 1,6% de l’Etat marocain et 1,2% d’institutions privées.
Par ailleurs, près de la moitié des ménages réfugiés ont des membres scolarisés au titre de l’année 2019-2020. Toutefois, pour 20,9% d'entre eux, les membres scolarisés ne suivent pas les cours à distance. Près de la moitié d'entre eux évoquent comme raison principale de non suivi des cours à distance, le manque ou insuffisance des outils et supports nécessaires.
Notons que la moitié des réfugiés au Maroc sont des Syriens, 16% des Yéménites, 12% des Centrafricains, 7% des Sud-Soudanais et 4% des Ivoiriens. Les autres pays africains représentent 7% et les autres pays arabes 6%.
Plus du tiers des réfugiés résident dans les villes de Rabat, Casablanca et Oujda et presque la totalité des réfugiés est arrivée sur le territoire marocain après l’année 2000. L’ancienneté moyenne des réfugiés au Maroc est de 6,2 ans. D'autre part, les réfugiés au Maroc vivent dans 2.168 ménages et seulement un chef de ménage réfugié sur deux dispose d’un titre de séjour valide au Maroc.
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