Rejet de la création d'un Fonds contre le cancer, mesures alternatives en vue
Le gouvernement rejette la demande de création d'un Fonds public contre le cancer et s’engage à prendre des mesures alternatives en soutien aux patients.
En réponse à la pétition nationale pour la création d'un fonds public contre le cancer, le gouvernement se montre réticent. Il évoque "des obstacles liés à l'inobservation des règles, modalités et objectifs relatifs à la création des comptes spéciaux du Trésor.
En effet, selon l'article 25 de la loi organique 13-130 relative à la loi de Finances, les comptes spéciaux ont pour objet, entre autres, de "décrire des opérations, qui en raison de leur spécialisation ou d’un lien de cause à effet réciproque entre la recette et la dépense, ne peuvent être commodément incluses dans le budget général".
"Le gouvernement rappelle, donc, avoir toujours mobilisé des fonds, dans le cadre du budget sectoriel de la Santé, pour financer les dépenses liées au cancer".
Lancée en décembre 2019, la pétition appelle à l’institution d’un régime béféniçiant à tous les malades de cancer et couvrant toutes les charges.
Dans sa note de réponse à l'issue d'une réunion avec le mandataire de la pétition et son suppléant, le gouvernement annonce des mesures alternatives qui seront "lancées prochainement" pour la prévention et le traitement du cancer, ainsi que pour soutenir les malades.
Il s'agit notamment de:
- L’adoption du plan national de prévention et de traitement du cancer 2020-2029, qui vise à réduire les taux d’incidence et de mortalité liés au cancer et à améliorer la qualité de vie des malades et de leur entourage. Il devra être lancé prochainement.
- La généralisation de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus pour les filles âgées de 11 ans et qui visera 350.000 filles annuellement. Le Maroc enregistre 1.500 nouveaux cas chaque année. Le traitement nécessite 100.000 DH pour chaque cas.
- La transformation de l’Institut national d’oncologie en établissement public doté de l’autonomie financière et administrative, tout en renforçant ses missions et ses attributions dans les domaines de la recherche, des études et de la formation.
- Lla création d'une commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, qui sera présidée par le chef du gouvernement et comprendra des acteurs institutionnels, des professionnels et des représentants de la société civile.
Qualifiant la pétition "d’initiative humaine et participative", le chef du gouvernement affirme avoir interagi avec ses nobles objectifs.
"L’examen de cette pétition et de ses revendications a été l’occasion de mener une évaluation globale de la prévention et du traitement du cancer au Maroc et de s’arrêter sur les réalisations et le manque enregistré", relève la note de réponse.
Le chef du gouvernement a affirmé qu’en dépit des réalisations positives au cours des dernières années en matière de prévention et de lutte contre le cancer, certaines lacunes doivent être comblées.
Une exigence "urgente"
En réaction au refus du gouvernement, le comité de présentation de la pétition a exprimé son "regret" face au refus du gouvernement de créer le fonds, que le comité considère comme une "exigence urgente et stratégique". Le comité affirme qu'il restera mobilisé pour la création de ce fonds qui ne peut être remplacé par d'autres alternatives".
Le comité considère les engagements du gouvernement, contenus dans sa note de réponse, comme des obligations morales et politiques envers les patients atteints de cancer, leurs familles et les partisans de la pétition, engageant les gouvernements actuel et futurs.
Il réclame, par ailleurs, la mise en œuvre immédiate des engagements, selon un calendrier précis, et la mobilisation de fonds nécessaires à cette fin dans le cadre de la loi de Finances 2021.
Enfin, le comité s'engage à assurer le suivi de la mise en œuvre de tous les engagements du gouvernement.
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