Accès des Marocains au territoire français: les aéroports durcissent les contrôles
Depuis le début de l’opération des vols spéciaux, les Marocains peuvent se rendre en France sous certaines conditions. Face aux tentatives croissantes de fraude à l’aide de faux documents, les autorités françaises multiplient les contrôles pour vérifier l’authenticité des attestations présentées au débarquement. Selon une source du Quai d’Orsay, en cas de fraude avérée, les faux malades ou faux hommes d’affaires sont invités à prendre le premier vol vers le Maroc avec des poursuites pénales à la clé.
En l’absence de réouverture des frontières européennes sans conditions, plusieurs candidats à des séjours touristiques en France se font passer pour des patients nécessitant des soins médicaux ou alors pour des hommes d’affaires ayant un rendez-vous professionnel avec une société française.
Si nombre d’entre eux ont réussi à traverser les frontières après s’être procurés de faux documents qu’ils ont ensuite présentés aux agents français de la police de l’air et des frontières, la multiplication récente des refoulements de Marocains laisse entendre que "la récréation est terminée".
Les touristes marocains ne sont pas admis en France
En effet, selon une source du Quai d’Orsay, des contrôles minutieux sont désormais effectués sur tous les passagers venant du Maroc pour déterminer si ces derniers ne sont pas de faux touristes.
« Nous communiquons de plus en plus sur les conditions d’entrée au territoire français car beaucoup de gens pensent à tort que depuis l’ouverture du côté marocain aux touristes et aux hommes d’affaires étrangers, il en va de même au niveau français ou plutôt européen qui a élaboré ces conditions.
« En effet, les frontières européennes sont toujours fermées pour certains pays comme le Maroc, où la situation sanitaire est inquiétante, sauf pour les étudiants, les conjoints de Français ou enfin pour les urgences médicales ou commerciales qui doivent être prouvées.
Les simples consultations médicales ne sont pas des urgences
« Les autorités ont par exemple dû refouler des personnes qui avaient rendez-vous avec leur dermatologue à Paris, alors que ce n’est pas une urgence, comme une opération chirurgicale.
« Sachant que le caractère d’urgence doit être prouvé, les hommes d’affaires doivent s’adresser au consulat français ou aux chambres de commerce qui leur délivrent un laissez-passer exceptionnel.
Les agents de la PAF vérifient l’authenticité des documents
"Sachant qu’avec un scanner, il est très simple de dupliquer ou de fabriquer un faux rendez-vous médical ou professionnel, les agents de la PAF procèdent de plus en plus à des vérifications pour voir s’il s’agit de fausses attestations en prenant la peine d’appeler le médecin ou la société en question.
"Pour résumer, notre priorité a été de fluidifier le flux important d’étudiants et de faciliter les cas d’urgence", conclut notre interlocuteur en ajoutant que la fin des restrictions aura lieu quand le Maroc ne fera plus partie des pays à fort risque de contagion.
La RAM multiplie les contrôles à l’embarquement
Du côté des transporteurs aériens, la RAM nous confirme qu’elle est tenue de vérifier minutieusement les documents de ses passagers sachant qu’en cas de refoulement par les autorités françaises, elle devra prendre en charge leur retour au pays
"Que ce soit pour un patient qui requiert une intervention chirurgicale ou un homme d’affaires qui doit conclure un deal, les documents présentés à l’embarquement se doivent d’être crédibles.
"De plus, si les Français et les MRE n’ont aucune obligation pour aller en France, il n’en est pas de même pour les nationalités hors Union européenne.
"Ainsi, un Maroco-Canadien a été refoulé la semaine dernière à Casablanca sur un vol de la RAM car il ne disposait pas des documents nécessaires pour prouver l’urgence de sa visite à Paris", conclut notre source, en mettant en garde les Marocains désireux de faire du tourisme en France à l’aide de fausses attestations qui sont passibles de poursuites pénales aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.
Les conditions d’accès des Marocains au territoire français
Les voyageurs souhaitant entrer sur le territoire français, en provenance d’un pays au sein duquel le virus circule toujours de manière active, doivent se munir de plusieurs documents avant de voyager :
- Une déclaration sur l’honneur attestant qu’ils ne présentent pas de symptôme d’infection au Covid-19 et qu’ils n’ont pas connaissance d’avoir été en contact avec un cas confirmé de Covid-19 dans les quatorze jours précédant le vol.
- Une attestation de déplacement dérogatoire vers la France métropolitaine depuis les pays tiers.
- Un ou plusieurs documents permettant de justifier le motif du déplacement.
- Le résultat d’un examen biologique de dépistage virologique réalisé dans les trois jours avant l’embarquement.
Si le résultat du test présenté aux autorités est négatif, les voyageurs peuvent alors circuler librement sur le territoire français.
Si les voyageurs n’ont pas réalisé de test de dépistage du Covid-19, il leur est conseillé de respecter une quatorzaine volontaire et de respecter les mesures de précaution figurant sur le flyer qui leur sera remis à l’arrivée.
Si les voyageurs souhaitent réaliser immédiatement un test à leur arrivée, ils pourront alors utiliser les points organisés par les ARS dans les aéroports.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.