Laftit insiste sur la rationalisation des dépenses des collectivités territoriales
Au Parlement, le ministre de l'Intérieur rappelle fermement les difficultés auxquelles doivent s'attendre les collectivités territoriales. Celles-ci sont appelées à limiter leurs dépenses au strict nécessaire.
"Les dépenses doivent uniquement porter sur 4 éléments essentiels. Il s'agit de la propreté, l'éclairage public, le personnel et les dettes", déclare Abdelouafi Laftit, lors de son intervention datant du 4 novembre, face à la commission de l'intérieur de la chambre des représentants.
Cette orientation adressée aux présidents des collectivités territoriales n'est pas nouvelle. Elle a été répétée à maintes reprises, à travers des correspondances provenant du ministère de l'Intérieur, appelant à la prise en compte de la crise sanitaire dans l'exécution du budget 2020 des collectivités territoriales, ainsi que l'élaboration de leurs budgets au titre de l'année 2021.
"Des budgets sont élaborés comme si de rien n'était"
Avec une baisse de 6%, le budget de la commune de Casablanca a été approuvé par le Conseil de la ville le mardi 20 octobre. Il ne prévoit que les dépenses obligatoires, comme c'est le cas pour les budgets des communes de Rabat et de Tanger. Cette dernière n'est parvenue à boucler son budget qu'après 3 semaines de réunions en raison du déficit budgétaire de 2020 et de l'importance des engagements prévus pour 2021.
Cependant, lors de son intervention le ministre a déploré le fait que "des budgets soient encore élaborés comme si de rien n'était, comme si les ressources financières étaient disponibles et que tout allait bien".
Abdelouafi Laftit a indiqué avoir attendu que les initiatives soient prises spontanément par les présidents des collectivités territoriales, avant de se sentir "obligé de tirer la sonnette d'alarme", à travers la circulaire du 21 septembre 2020 qui s'inscrit dans le cadre des "précautions à prendre au vu de la situation actuelle".
Dans cette circulaire, le ministre donne ses instructions aux collectivités territoriales, en appelant à une redéfinition des priorités qui passe notamment par la rationalisation des dépenses.
"L'objectif de cette circulaire est de faciliter les choses. Normalement, les présidents de collectivités territoriales auraient dû le faire d'eux mêmes, sans attendre notre intervention", déclare-t-il.
"La chute des recettes est énorme"
Lors de son intervention, le ministre de l'Intérieur a rappelé que l'année à venir ne sera pas meilleure que la précédente. Et ce, en termes de budgets des collectivités territoriales.
"Nous comprenons qu'ils veuillent fournir les meilleurs services aux citoyens mais ces services ont des coûts. Il y a certes des projets importants à réaliser mais avec quoi les financer ? Il n'y a plus d'argent. Il n'y a pas pire que la misère, en attendant de meilleurs jours", martèle-t-il.
"La chute des recettes est énorme. Elle représente un chiffre supérieur à ceux que vous annoncez", déclare-t-il en s'adressant aux députés.
"Un président qui constate que les recettes chutent et qu'elles continueront à chuter doit dire stop et réviser le budget. Nous aurions voulu voir des présidents de collectivités territoriales dire que cette année est difficile et procéder aux réductions ici et là, sachant qu'il est impossible de gérer les collectivités territoriales uniquement sur la base des parts de la TVA transférées par l'Etat".
En effet, la TVA constitue la principale ressource des communes. Avec l’état d’urgence sanitaire et le confinement qui ont provoqué un coup d’arrêt à la consommation, les recettes de la TVA ont chuté, et par conséquent la part versée aux communes.
C'est ce dont témoigne Rachid Bahloul, député USFP et président de commune en zone rurale. Selon lui, la majorité des collectivités territoriales ne dépendent que de la part de TVA transférée par l'Etat. Avec un recul des recettes, les effets de la pandémie se sont fait ressentir sur la gestion quotidienne opérée par les collectivités territoriales.
"Nous ne demandons pas l'impossible, ni quelque chose qui dépasse les moyens du ministère mais au moins, il faut que ces collectivités territoriales soient soutenues de temps à autre, compte tenu des conditions actuelles", ajoute M. Bahloul.
Une requête à laquelle M. Laftit a réagi en affirmant que le ministère a toujours accompagné les collectivités territoriales et compte continuer à le faire, notamment à travers des subventions pour financer "certaines choses qui coûtent cher, comme le transport urbain. Mais pour d'autres choses, ce n'est pas possible. Les moyens sont indisponibles", souligne-t-il.
Dans ce sens, le ministre a rappelé que les dépenses des collectivités territoriales doivent se limiter aux nécessités, éliminant ainsi les projets de constructions de routes à titre d'exemple.
"C'est comme à la maison, lorsque l'argent manque on pense d'abord à acheter de quoi se nourrir", compare-t-il.
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