Le télétravail et l'enseignement à distance ont dopé les ventes de PC en 2020
Le PC et ses accessoires (casques, imprimantes, caméras...) ont enregistré une forte hausse des ventes. Celle-ci concerne aussi bien le segment des entreprises que celui des particuliers, rapportent des distributeurs de matériel informatique.
L'année 2020 s'est achevée sur une bonne note pour le marché marocain du matériel informatique. "Malgré l’incertitude qu’on a connu au début de l’année, le marché s’est finalement comporté à peu près en suivant la même tendance que l’industrie, qui est en train de connaître, au niveau mondial, une demande extrêmement forte sur les équipements informatiques", nous confie Mohamed Nassiri, directeur général de Lenovo Maroc, un des plus grands acteurs du secteur informatique. Le groupe est également le plus grand producteur mondial de PC.
Le PC fait son retour
Le marché du PC a connu un grand rebond en 2020, et ce au niveau mondial, selon les chiffres dévoilés début janvier par de grands cabinets d’étude.
Les dernières en date sont celles du cabinet américain IDC, qui relève que le marché a connu le taux de croissance le plus élevé depuis 10 ans. Les livraisons mondiales d’ordinateurs ont atteint plus de 302,6 millions d’appareils sur toute l’année, soit une hausse de 13% par rapport à 2019. La dernière fois que le marché des PC a connu une croissance annuelle d’une telle ampleur, c’était en 2010, où il a progressé de 13,7%.
Les experts internationaux expliquent cette hausse par trois principaux facteurs. Le premier est l’adoption du télétravail dans plusieurs pays du monde. Les entreprises ont donc acheté de grandes quantités d’ordinateurs portables pour équiper les employés, qui ont quitté les bureaux pour travailler à distance.
Le second est l’enseignement à distance. Les étudiants devaient s’équiper en PC pour pouvoir suivre les cours, et certaines familles, avec plus d’un enfant, étaient obligées d’équiper chacun de son propre ordinateur portable. Quant au troisième facteur, c'est l’intérêt croissant pour les PC de jeux. Etant confinées durant de longues semaines, les familles avaient besoin de distractions.
Le Maroc suit également la même tendance, puisque le PC est le produit phare de l’année, aussi bien chez les grands distributeurs que chez les revendeurs agréés, tels qu’Electroplanet.
Taoufik Elkadiri Boutchich, country manager de la marque Asus au Maroc, estime la croissance de ce marché à environ 40 à 45% au Royaume, alors qu'il était en baisse durant les 4 dernières années. "C'est un marché qui a repris grâce à la crise. Au Maroc, une personne sur 100 disposait d'un PC avant le Covid. Aujourd'hui, les ventes ont explosé, chez toutes les marques, et même les arrivages qui sont en cours sont déjà vendus bien avant qu’ils n'atterrissent".
"La fameuse théorie selon laquelle le 'PC est mort' a été encore une fois contredite", nous confie pour sa part M. Nassiri. "On a connu un fort engouement pour les équipements, surtout ceux assurant la mobilité 'PC portables, tablettes 'et aussi le 'gaming'".
"Chacun de nous a eu le besoin de s’équiper soit pour travailler, étudier ou tout simplement se divertir chez soi. Le "Work From Home', 'Learn from Home' ou d’autres concepts qui ont émergé comme la 'Télémédecine' sont à l’origine de cette forte demande", souligne-t-il, notant également "un boom pour acquérir les accessoires qui accompagnent ces nouveaux espaces créés à la maison pour interagir au quotidien (caméras, casques, écrans, imprimantes, etc.)".
"En ce qui concerne le monde de l’entreprise, que ça soit au niveau des grands comptes ou du secteur public, la tendance était plutôt vers des achats pour assurer la continuité de l’activité, 'Keep the lights ON'". Par ailleurs, "on a vu de moins en moins de projets d’investissement, ce qui a impacté la demande pour des solutions à valeur ajoutée".
M. Elkadiri Boutchich confirme. "Le B to B a également connu une nette amélioration, mais pas comme celle du B to C. Cela s'explique par le fait que le B to B est basé sur les appels d'offres ainsi que les marchés lancés par les entreprises, qui ont été lourdement impactées par la crise. Il n'y avait donc pas assez d'investissements".
Même son de cloche auprès d’une grande enseigne au Maroc, spécialisée dans le B to C, et présente dans les grandes villes du pays. "Nous avons connu une très forte demande pour le matériel informatique en 2020, essentiellement pour les PC, qui répondent parfaitement aux besoins de l’enseignement à distance et du télétravail", nous confie une source au sein de cette enseigne, qui souligne que "la demande pour l’imprimante était également élevée".
"Les ventes de ces deux produits ont connu une progression d'environ 30% sur toute l’année", nous apprend une autre source de l’enseigne. "Nous avons eu une première vague d’achat en avril, lorsque le confinement a été instauré, et le phénomène s’est reproduit à la rentrée scolaire, laquelle a débuté en distanciel".
Pa ailleurs, "la demande a touché tous les quartiles des prix, mais le mix des ventes penche vers les produits basiques, ou entrée de gamme, puisque les produits ont été destinés, en majorité, aux élèves".
M. Kadiri note également le développement du Cloud. "Le Maroc est un pays conservateur, et les Marocains aiment bien avoir leur propres serveurs. La crise du Covid nous a démontré l'importance du Cloud pour centraliser les informations, afin que tout le monde puisse y avoir accès, même en dehors de l'entreprise. La réflexion sur ce secteur est donc plus mûre au pays qu'il y a un an".
La production a eu du mal à suivre
Chaque segment de la chaîne d’approvisionnement a été tiré à ses limites, vu la forte demande au niveau mondial. Les fabricants ont donc dû faire face à des pénuries de composants, et de capacités de production.
Un constat confirmé par les acteurs marocains du secteur, sondés par Médias 24. "La forte demande au niveau mondial a mis sous pression les différents canaux d’approvisionnement en pièces et modules informatiques, et l’ensemble de l’industrie peine aujourd’hui à répondre avec efficience à cette demande", nous indique M. Nassiri.
"A cause de la pandémie, les producteurs ont connu un arrêt total, suite à la rupture des composants. Nos fournisseurs manquent toujours de visibilité sur les arrivages des mois à venir, puisque les marques arbitrent entre les pays", relève une autre source du secteur.
"La production des composants est centralisée en Chine, premier pays touché par le Covid. Elle a donc mis en place des mesures drastiques pour endiguer le virus. Les usines marchaient à environ 30% à 40% de leur effectif, ce qui a fait que la Chine n'a pas été capable de satisfaire la demande mondiale", conclut M. Elkadiri Boutchich.
À découvrir
à lire aussi
Article : Casablanca Stock Exchange. Despite Strait of Hormuz jitters, the MASI wipes out its losses
After falling 12% in just a few sessions in late February and early March, the Casablanca index gradually erased its losses and is now trading near key technical levels.
Article : Travaux LGV : l’ONCF adapte la desserte ferroviaire de Marrakech du 21 au 23 avril
Afin d’accompagner les travaux de la LGV, l’ONCF a annoncé le transfert temporaire du terminus des trains Al Atlas à la gare de Sidi Ibrahim, avec des navettes par autocars pour les voyageurs.
Article : Alerte météo. Averses orageuses localement fortes et temps chaud dans plusieurs provinces ce lundi 20 avril 2026
Des averses orageuses localement fortes et un temps chaud sont prévus, ce lundi 20 avril 2026, dans plusieurs provinces du Royaume, a indiqué la Direction générale de la météorologie (DGM).
Article : Socafix : alertes impayés l’équipementier automobile
L’équipementier automobile Socafix vient d'être condamné au profit de Bank of Africa et ce, à quelques mois après l’échec d’une tentative d’ouverture de procédure collective. Depuis deux ans, l’entreprise fait face à une multiplication d’actions judiciaires, sur fond d’un projet d’investissement public de 110 MDH dont l’issue reste inconnue.
Article : El Niño 2026 : pourquoi son impact sur le Maroc est largement surestimé
L’Organisation météorologique mondiale prévoit une transition vers le phénomène El Niño entre mai et juillet 2026. Alors que le débat sur son influence climatique resurgit, la Direction générale de la météorologie (DGM) souligne que son impact sur le Royaume demeure limité, loin de certaines idées reçues.
Article : Bourse de Casablanca. Malgré les secousses liées au détroit d’Ormuz, le MASI efface ses pertes
Après une chute de 12 % en quelques séances fin février-début mars, l’indice casablancais a progressivement comblé ses pertes, évoluant désormais au contact de seuils techniques décisifs.