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Coronavirus

Campagne de vaccination : Voici pourquoi les Marocains doivent y adhérer

Selon des experts joints par Médias24, un taux d'adhésion bas ne permettra pas un retour à la vie normale. En l'absence de médicament, la vaccination reste la seule solution, d'autant plus que les vaccins utilisés par le Maroc sont sûrs.

Campagne de vaccination : Voici pourquoi les Marocains doivent y adhérer
Solène Paillard
Le 28 janvier 2021 à 19h56 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

C’est officiel : la campagne de vaccination a été lancée ce jeudi par le Roi Mohammed VI qui a reçu la première dose du vaccin anti-Covid. Au-delà de la nécessité de cet acte, il donne l'exemple à tous les Marocains appelés à adhérer à cette campagne.

La confirmation des rendez-vous pour la vaccination des cibles prioritaires a démarré dimanche 24 janvier et les premiers rendez-vous ont été fixés pour demain, vendredi 29 janvier. Pour rappel, la vaccination est volontaire et gratuite pour tous les Marocains et les résidents étrangers au Maroc. L’objectif est d’atteindre les niveaux escomptés d’immunisation collective pour permettre un retour à la vie normale.

La gratuité du vaccin anti-Covid doit contribuer à atteindre les objectifs de la campagne de vaccination, qui vise à vacciner 30 millions de Marocains pour atteindre 80% de la population (à partir de l'âge de 17 ans), et ainsi assurer l’immunité collective et sonner la fin de la crise sanitaire. Le Maroc a acheté 66 millions de doses de vaccin, une quantité largement suffisante pour atteindre cet objectif.

Avec le vaccin, moins de réplications et moins de mutations du virus

L’adhésion des Marocains à la vaccination contre le Covid-19 est donc cruciale pour réussir cette campagne de vaccination et vaincre enfin cette pandémie. "Plus les gens se feront vacciner pour atteindre l’immunité collective, moins le virus se répliquera. Si le virus ne se réplique pas, il ne mute pas. Les plus vulnérables, c’est-à-dire les sujets âgés, ont été désignés en priorité car ce sont ces personnes qu’on retrouve le plus dans les services de réanimation et qui concentrent le plus grand nombre de décès", déclare ce jeudi à Médias24 Dr Saïd Afif, président la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) et d’InfoVac-Maroc.

"Scientifiquement parlant, pour contrôler une épidémie, nous n’avons pas 36 solutions : pour freiner la transmission du virus, nous avons les mesures barrières et les mesures territoriales restrictives. Ces dispositions nous permettent de contrôler la vitesse de propagation du virus", abonde Dr Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé, contacté par Médias24. "En revanche, pour l’arrêter complètement, il faut avoir un traitement et des médicaments efficaces – ce qui n’est pas le cas pour le Covid-19. Nous n’avons donc pas d’autres solutions que la vaccination pour arrêter la circulation du virus. Seul le vaccin permettra d’atteindre une immunité collective. Même lorsqu’une personne guérit du Covid-19, nous n’avons pas la certitude que son immunité est suffisamment forte et durable pour la protéger contre une réinfection. Il faut vacciner tout le monde : aussi bien les personnes déjà infectées que celles qui ne l’ont jamais été", indique Dr Tayeb Hamdi. La première dose servira en effet à stimuler l’immunité, et la seconde, à la renforcer.

"Un réel engouement est constaté"

"D’un point de vue scientifique, l’immunité obtenue après la vaccination (l’immunité post-vaccinale) est plus solide et plus durable que l’immunité post-Covid-19. Même les personnes déjà infectées par le virus sont appelées à se faire vacciner, justement pour garantir une immunité collective forte et durable. C’est un acte citoyen : je me protège et je protège aussi les autres. Il faut bien comprendre qu’on ne pourra pas retrouver une vie normale si on atteint seulement 20 ou 30% de personnes vaccinées. Les plus réticents à la vaccination ne reviendront pas non plus à la vie normale. Ils ont donc tout intérêt à se faire vacciner", insiste encore Dr Tayeb Hamdi. La garantie d’une immunité collective est donc soumise à deux conditions : un vaccin sûr et efficace et une adhésion majeure de la population, rappelle-t-il enfin, à l’image de son confrère.

Justement, l’adhésion est-elle suffisamment palpable à l’heure actuelle au sein de la population marocaine ? Difficile de se prononcer à l’échelle de toute la population, mais le Dr Saïd Afif constate "un réel engouement, notamment au sein du personnel de l’éducation nationale et des soignants, y compris ceux du privé". Il ajoute : "Les personnes de plus de 75 ans ont été nombreuses à manifester leur volonté de se faire vacciner. On l’a constaté lors des inscriptions."

Le ministère a par ailleurs déployé une large campagne de communication pour sensibiliser, expliquer, et répondre aux interrogations des citoyens.

Des procédés de fabrication jugés plus sûrs et des méthodes déjà bien rodées

Sur le délai qui sera nécessaire pour vacciner 80% de la population marocaine de plus de 18 ans, Saïd Afif croit à une durée de 3 mois après le début imminent de la campagne, a-t-il récemment expliqué à Médias24. La fin de la vaccination serait donc prévue pour fin avril. "C’est une prévision réalisable avec nos 3.047 centres de vaccination, mais nous n’en saurons plus que quelques jours après le début de la campagne qui devra atteindre une vitesse de croisière", a-t-il ajouté. Les centres fixes ont par ailleurs été renforcés par la mise en place de 10.000 équipes mobiles.

Les vaccins qui y seront administrés sont ceux de Sinopharm et d’AstraZeneca. Le ministère de la Santé a en effet annoncé avoir reçu hier, mercredi 27 janvier, le premier lot du vaccin anti-Covid du groupe chinois Sinopharm. Il n’a pas précisé la quantité reçue. Le Maroc a également été livré en doses du vaccin du groupe suédo-britannique Covishield AstraZeneca, à hauteur de deux millions. Au total, le royaume a acquis 40.5 millions de doses du vaccin Sinopharm et 25.5 millions de doses du vaccin AstraZeneca, dont deux millions ont donc déjà été reçues en provenance d’Inde.

Le procédé de fabrication du vaccin Sinopharm est sûr, a assuré en novembre dernier auprès de Médias24 le Dr Kamal Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd, qui a supervisé les essais cliniques du vaccin du chinois Sinopharm à Casablanca. Les vaccins chinois sont fabriqués de manière "classique", déjà utilisée et donc plus sûre. "Le virus lui-même est utilisé comme élément principal pour fabriquer les anticorps et entraîner une immunité protectrice. Le virus passe par plusieurs méthodes chimiques pour être tué, il est donc inactif", nous a expliqué le Dr Marhoum El Filali. "Autrement dit, on compte juste sur le matériel antigénique pour faire élaborer, par l’organisme de l’individu vacciné, des anticorps protecteurs."

Le Dr Saïd Afif a de son côté affirmé que "le procédé du vaccin Sinopharm est un procédé sûr car il utilise le virus inactivé ; le même que celui pour les vaccins des enfants. Ce procédé permet une conservation entre 2 et 8 degrés, ce qui facilite la logistique en termes de chaîne de froid. Le Maroc a l’habitude de gérer ce genre de vaccins donc il n’y aura pas de contrainte à ce niveau".

Sinopharm a par ailleurs indiqué fin décembre que son vaccin a un taux d’efficacité de 79%. "La mutation actuelle du virus du Covid-19 n’a pas rendu le vaccin inefficace", a assuré à la télévision nationale le président de China National Biotec Group (CNBG), filiale de Sinopharm, Yang Xiaoming. La durabilité des anticorps a été observée dans les essais cliniques de phase I, phase II et phase III. Selon les données des essais cliniques de phase I et de phase II, le résultat de l’observation montre toujours un taux élevé d’anticorps après 6 mois de vaccination. Les données de ces deux phases ont également montré un faible taux d’effets indésirables et une bonne immunogénicité. L’évaluation de l’efficacité et de la sécurité à long terme sera complétée par les résultats des essais de phase III, dont les résultats ne sont pas encore accessibles.

Quant au vaccin AstraZeneca, nommé ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222), son efficacité a été calculée lors des phases 1 et 2 des essais, sur la base d’une comparaison entre le nombre d’individus ayant attrapé le Covid-19 dans le groupe de volontaires vaccinés et celui du groupe placebo, 14 jours après la deuxième injection du vaccin. Résultat : 131 cas symptomatiques de Covid-19 ont été enregistrés. Parmi eux, 30 font partie des 5.807 membres du groupe de volontaires qui a reçu le vaccin (soit 0.5%). Les 101 autres cas (1.7%) ont été enregistrés parmi les 5.829 membres du groupe témoin. C’est ainsi qu’un taux d’efficacité de 70.4% en moyenne a été calculé.

Enfin, le vaccin d’AstraZeneca est soumis à un procédé de fabrication différent de Sinopharm, mais il n'est pas nouveau non plus et présente le même avantage au niveau du stockage. Le procédé consiste en l'utilisation d'un "vecteur viral de chimpanzé à réplication défectueuse basé sur une version affaiblie d'un virus du rhume commun (adénovirus) qui provoque des infections chez les chimpanzés et contient le matériel génétique de la protéine de pointe (ou protéine spike) du virus SARS-CoV-2. Après la vaccination, la protéine de surface spike est produite, amorçant le système immunitaire et l’incitant à attaquer le virus SARS-CoV-2 s’il infecte plus tard le sujet, indique un document du laboratoire. Selon Dr Marhoum El Filali, "le SARS CoV-2 a subi des mutations mais elles n'ont pas touché toutes les zones du virus. Une zone en particulier est restée la même chez tous les coronavirus, même ceux qui ont muté plusieurs fois. Cette zone est utilisée dans la fabrication du vaccin anti-Covid. Elle sera collée sur un adénovirus (complètement différent du coronavirus). Il va la transporter vers le système immunitaire de la personne vaccinée qui va élaborer des anticorps contre le coronavirus".

Par ailleurs, une publication de la revue scientifique The Lancet au sujet du vaccin AstraZeneca avait conclu : "Nous avons montré pour la première fois qu'un vaccin à vecteur viral, ChAdOx1 nCoV-19, est efficace et pourrait contribuer au contrôle de la maladie dans cette pandémie"

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Solène Paillard
Le 28 janvier 2021 à 19h56

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