Fact Checking. Sahara: Quels sont les vrais signaux transmis par l'Administration US ?
Aucune trace concrète et sourcée d'une déclaration de Blinken au sujet "d'avantages qui défient les normes internationales, comme la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental".
A ce jour, l'administration Biden n'a ni confirmé ni infirmé la proclamation du président sortant sur la marocanité du Sahara. Deux officiels américains déclarent toutefois soutenir les accords d'Abraham, catégorie dans laquelle ils placent l'accord Maroc-Israël.
En décembre 2020 et janvier 2021, qu’il s’agisse de l’annonce de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur l’ensemble du Sahara, ou encore de l’adoption officielle de la carte intégrale du Maroc ainsi que l’ouverture du consulat américain à Dakhla, sans oublier l’annonce faite par l’ambassadeur américain au Maroc David Fischer au sujet des projets d’investissement et de développement prévus dans la région du Sud et dans tout le Maroc, tous ces événements historiques constituent déjà une victoire pour le Maroc sur le front de la cause nationale. Quelle que soit la position à venir de l'administration Biden.
Blinken et Sullivan veulent s'appuyer sur les accords de normalisation
Les signaux concrets ont été envoyés par Jake Sullivan, nouveau conseiller à la sécurité nationale et Antony Blinken, nouveau secrétaire d'Etat américain.
L’échange téléphonique, le 23 janvier 2021, entre Jake Sullivan, et son homologue israélien, Meir Ben Shabbat, a vu les deux hommes “discuter des possibilités d’améliorer leur partenariat au cours des prochains mois, notamment en s’appuyant sur le succès des accords de normalisation d’Israël avec les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc”, indique un communiqué de la Maison Blanche.
Quelques jours auparavant, le 19 janvier, le secrétaire d’Etat Antony Blinken était auditionné par le sénat. L’occasion pour lui de répondre à plusieurs questions relatives à la politique étrangère américaine.
Selon un article du NYT qui a fait grand bruit, Blinken "a appelé les accords d'Abraham - accords que l'administration Trump a aidé à négocier pour qu'Israël réchauffe les relations avec le Bahreïn, le Maroc, le Soudan et les Émirats arabes unis - une «bonne chose». Cependant, a-t-il dit, certaines des incitations offertes aux quatre États pour améliorer leurs relations avec Israël méritaient «un examen attentif». Parmi elles figurent des avantages qui défient les normes internationales, comme la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental."
Médias24 a visionné l'intégralité de l'audition au sénat (vidéo ci-dessous) et n'a trouvé aucune trace de cette phrase.
Interrogé au sénat (vidéo ci-dessous, à partir de 47:52) sur certaines mesures prises dans le cadre de la politique étrangère par l’administration sortante, M. Blinken a déclaré que “certaines choses faites par l’administration Trump au-delà des frontières sont à féliciter dont les accords d’Abraham. Il y a certains engagements qui ont pu être pris dans le contexte de la normalisation des relations avec Israël que nous devons examiner avec attention et j’imagine que le comité est du même avis. Mais j’applaudis le travail qui a été fait pour aller de l’avant dans le cadre de la normalisation. Cela rend Israël et la région plus sûrs. C’est une bonne chose et j’espère que nous pourrons la développer”.
Suite à cette déclaration et lors d’une conférence de presse, tenue le 27 janvier dernier (ci-dessous), une question a été posée au secrétaire d’Etat américain, sur le maintien de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara.
Une question à laquelle M. Blinken n’a pas répondu, poussant le journaliste à relancer en vain. (Vidéo. La question concernant le Maroc a été posée partir de 10:06)
En effet, le secrétaire d’Etat s’est contenté de réaffirmer son soutien aux accords d’Abraham en indiquant que “les engagements qui ont pu être pris pour conclure ces accords” sont en cours d’examen et que “de manière générale, lorsqu’il s’agit de ventes d’armes, il est courant, au début d’une administration, d’examiner toutes les ventes en attente pour s’assurer que ce qui est envisagé est quelque chose qui fait avancer nos objectifs stratégiques et fait avancer notre politique étrangère”.
Différentes sources américaines de haut niveau citées par des médias internationaux estiment que les incitations qui seront réexaminées, seront surtout des promesses de vente d'armes sophistiquées.
Aucun signal négatif pour le moment
Ce vendredi 29 janvier, un intéressant échange téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita et le Conseiller à la sécurité nationale d’Israël Meir Ben Shabbat a été annoncé.
Ces derniers "ont convenu de mettre en place des groupes de travail qui s’attelleront à la conclusion d’accords de collaboration dans de nombreux domaines, notamment les investissements, l’agriculture, l’eau, l’environnement, le tourisme, la science, l’innovation et l’énergie", rapporte un communiqué officiel.
Des observateurs marocains (tel que Ahmed Charaï, président du groupe L'Observateur du Maroc ou encore le juriste Abdelhamid El Ouali) estiment qu’il n’y aura pas de rétropédalage de la part de l’administration Biden sur la question du Sahara. Aucune communication américaine n’a cependant été faite à ce sujet. Seules deux déclarations d’officiels américains montrent que l'administration Biden soutient les accords de normalisation avec Israël, notamment celui du Maroc qui en fait est un accord tripartite Maroc-USA-Israël.
Pour le moment, il n'y a pas de signaux négatifs de la part de l'administration américaine. Rien n'indique que la reconnaissance de la marocanité du Sahara et du plan d'autonomie comme seule solution, font partie des décisions qui seront révisées.
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