La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala devrait devenir lundi la première patronne de l'OMC
La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala devrait, sauf improbable coup de théâtre, être nommée, lundi 15 février première femme et première Africaine à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), une institution quasi paralysée qui n'arrive plus à remplir sa mission.
La pandémie de Covid-19, qui a ébranlé la foi dans la libéralisation des échanges mondiaux sur laquelle repose l'OMC, aura aussi privé la nomination d'un nouveau DG de tout décorum, après des mois de discussions et de processus de sélection.
Dr Okonjo-Iweala, également appelée par certains Dr Ngozi, seule candidate encore en lice grâce à un large consensus et notamment le soutien de l'Union africaine mais aussi de l'Union européenne, et désormais "appuyée" par les Etats-Unis, ne sera pas présente dans l'élégant siège de l'OMC au bord du lac Léman. Comme les délégués qui débattront leur choix par visioconférence, elle s'adressera à distance à la presse.
La séance spéciale débutera à 14H00 GMT, selon un communiqué diffusé vendredi.
Fin octobre, l'administration Trump, qui en quatre ans a tout fait pour miner l'organisation, avait aussi bloqué à la dernière minute le consensus qui se dessinait autour de la Nigériane de 66 ans.
Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois, Mme Okonjo-Iweala a commencé sa carrière à la Banque mondiale en 1982, où elle a travaillé pendant 25 ans. En 2012, elle échoue à devenir la présidente de cette institution financière, face à l'Américano-Coréen Jim Yong Kim.
Elle devrait prendre la tête d'une institution qui depuis sa création en 1995 a été dirigée par six hommes: trois Européens, un Néo-Zélandais, un Thaïlandais et un Brésilien.
Si son parcours universitaire et professionnel impressionne, la Dr Ngozi a aussi ses détracteurs, qui lui reprochent notamment de ne pas avoir fait davantage pour endiguer la corruption quand elle était à la tête des finances du pays le plus peuplé du continent africain.
Débat sur les vaccins
"Plus que tout", le chef de l'OMC doit avoir "de l'audace, du courage", lance-t-elle à ceux qui estiment qu'elle n'a pas assez de compétences techniques dans un domaine régi par des règles byzantines.
Audace et courage seront indispensables pour sortir l'OMC de sa crise quasi existentielle.
La pandémie a mis à nu les fractures provoquées par la libéralisation du commerce mondial, de la trop grande dépendances à des chaînes de production éparpillées, aux excès de la délocalisation industrielle ou la fragilité des échanges commerciaux.
A la mi-octobre, Ngozi Okonjo-Iweala avait indiqué vouloir se donner deux priorités pour montrer que l'OMC est indispensable.
Elle souhaite pouvoir présenter à la prochaine Conférence ministérielle de l'organisation un accord sur les subventions à la pêche, qui est pour l'heure au point mort, pour démontrer que l'OMC peut encore produire des avancées multilatérales. L'autre priorité consiste à rebâtir l'organe de règlement des différends, le tribunal de l'OMC, qui a été torpillé par l'administration Trump et est moribond.
Elle a récemment appelée l'OMC à se concentrer sur la pandémie alors que les membres de l'organisation sont divisés à propos d'une exemption des droits de propriété intellectuelle sur les traitements et vaccins anti-Covid pour les rendre plus accessibles.
De nombreux pays en développement sont en effet favorables à des exceptions aux brevets, demandées notamment par des ONG comme Médecins Sans Frontières (MSF). Mais les pays riches, où fleurissent les groupes pharmaceutiques, estiment que les règles actuelles prévues par l'Accord de l'OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle suffisent.
(AFP)
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