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SOCIETE

Avec la crise, l’institution Tahar Sebti lance un programme de parrainage

L’institution Tahar Sebti lance un appel aux dons dans le but de pouvoir continuer à assurer la prise en charge scolaire d’enfants en situation de précarité ou de handicap.

Avec la crise, l’institution Tahar Sebti lance un programme de parrainage
Solène Paillard
Le 27 mars 2021 à 14h16 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

La crise du Covid-19 se fait sentir auprès des associations. C’est le cas de l’institution Tahar Sebti, qui lance un programme de parrainage pour cette année 2021 pour assurer la pérennité financière de ses activités.

"La crise sanitaire nous a beaucoup impactés. On organise chaque année un gala de charité dont les bénéfices – environ 1 million de dirhams – sont entièrement reversés à l’association. Ils permettent de couvrir tous les frais qui ne sont pas pris en charge par les cotisations payées par les parents, c’est-à-dire 40% du budget total. Or cette année, à cause de la crise sanitaire, nous n’avons pas pu organiser d’évènement. Nous avons donc un trou d’un million de dirhams. Nous avons pu lever environ 100.000 dirhams grâce au bouche-à-oreille, mais il nous reste encore 900.000 dirhams à récolter", nous explique Kenza Slaoui, trésorière de l’association.

"On ne gagne pas d’argent ; les frais sont extrêmement bas et symboliques pour qu’il y ait un engagement de la part des bénéficiaires. Les parents payent entre 80 et 200 dirhams de frais mensuels et, grâce à un abattement de 70%, 80% des parents ne payent pas la totalité des frais de scolarité. Le budget repose sur ces cotisations à hauteur de 60% et les 40% restant proviennent de levées de fonds corporate (des entreprises qui donnent de manière régulière ou ponctuelle) et privées (des dons versés par des particuliers). On ne reçoit aucune donation publique : la totalité de notre modèle économique repose sur des donations privées", précise Kenza Slaoui. Les dons peuvent être faits directement via le site de l’institution, taharsebti.org.

Doubler le nombre de bénéficiaires annuels d’ici trois ans

L’association, créée en 1953 et reconnue d’utilité publique en 1957, englobe deux volets : éducation et formation. Le premier est concrétisé à travers une école primaire fondée en 1953, qui accueille actuellement 500 élèves de la petite section au CE6 à Casablanca. Tous sont issus de quartiers défavorisés de la capitale économique, et 10% d’entre eux sont en situation de handicap, physique ou mental. Il s’agit notamment d’enfants autistes, trisomiques ou présentant des troubles de l’apprentissage (comme la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie ou la dysgraphie).

L’institution possède également un service d’accompagnement constitué d’une assistante sociale, d’une psychomotricienne, d’une orthophoniste et d’une psychologue présents à temps plein à l’école afin de prévenir et traiter les troubles et pathologies détectés en amont chez les enfants.

Elle est actuellement en train d’élaborer un système de bourses pour pouvoir continuer à financer ses jeunes bénéficiaires une fois qu’ils quittent l’école primaire pour le collège puis le lycée.

Concernant le volet formation, l’association propose un cursus de formation professionnelle pour les éducatrices jeunes enfants et les auxiliaires de vie scolaire (AVS). Objectif : pallier le besoin en formation sur ces métiers et pour lesquels l’offre de formation est aujourd’hui limitée. Le gouvernement estime en effet le besoin national à 40.000 AVS d’ici trois ans. Depuis 1992, année de lancement du cursus, 1.000 éducatrices de jeunes enfants et AVS ont bénéficié du programme, avec un taux d’insertion professionnel de 97%. L’institution envisage de doubler le nombre de bénéficiaires annuels d’ici trois ans.

Pour l’histoire, l’institution a été créée par Zhor Sebti et Myriam Benbella, deux militantes associatives marocaines à la veille de l’indépendance du Maroc. "Au départ, l’association ne prenait en charge que des filles. A l’époque, leur place était à la maison ; leurs parents ne voulaient pas qu’elles soient scolarisées. Or pour qu’elles le soient, Zhor Sebti a créé un endroit pour ces jeunes filles et, en plus des cours qui leur étaient dispensés, elles apprenaient la couture. Cela correspondait parfaitement à ce que voulaient les parents pour leurs filles, qui allaient pouvoir apprendre un métier utile pour le foyer. L’école a ensuite été ouverte pour les garçons." Zhor Sebti est la grande-tante de Kenza Slaoui, nous explique cette dernière, et la sœur de Tahar Sebti, un résistant à qui elle a voulu rendre hommage et dont le nom est désormais celui de l’institution.

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Solène Paillard
Le 27 mars 2021 à 14h16

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