Etude. Covid: Les pays qui ont opté pour des restrictions sévères ont de meilleurs résultats que les autres
Vivre avec le virus ou l'éliminer ? Quelle est la stratégie de lutte la plus payante ? Selon une récente étude publiée sur The Lancet, les pays ayant refusé de vivre avec le virus ont le mieux réussi tant sur le plan sanitaire que socio-économique. Détails.
Les stratégies de lutte contre la pandémie du coronavirus, adoptées dans de nombreux pays depuis l’apparition de la pandémie en 2020, se sont révélées différentes. Certains ont mieux réussi que d’autres dans la gestion de cette crise, tant sur le plan sanitaire qu’économique.
Selon les éléments d’une récente étude, publiée le 28 avril sur The Lancet, c’est la stratégie d'élimination du virus, et non son atténuation, qui crée les meilleurs résultats pour la santé, l'économie et les libertés civiles.
Cette étude a comparé le taux de mortalité due au Covid-19, la croissance du PIB et la sévérité des mesures restrictives, au cours de la première année de la pandémie, entre les pays membres de l’OCDE. 5 d’entre eux (l’Australie, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud) ont fait le choix d’éliminer le virus, tandis que les 32 autres ont opté pour une stratégie d’atténuation qui vise à vivre avec.
“Les pays qui visent l’élimination ont généralement mieux réussi”
“La santé publique, la croissance économique, la solidarité démocratique et les libertés civiles sont des facteurs importants lors de l'évaluation des réponses à une pandémie. (...) Les pays qui visent systématiquement l'élimination - c'est-à-dire une action maximale pour contrôler le SARS-CoV-2 et arrêter la transmission communautaire le plus rapidement possible - ont généralement mieux réussi que les pays qui optent pour l'atténuation - c'est-à-dire l'action qui augmente de manière progressive et ciblée pour réduire les cas afin de ne pas submerger les systèmes de santé”, indique l’étude.
Pour ce qui est des décès dus au Covid-19, l’étude souligne que les 5 pays de l’OCDE qui ont opté pour l’élimination du virus ont connu un taux de décès 25 fois plus faible que dans les 32 pays favorisant l’atténuation.
Ci-dessous, deux courbes représentant les décès par millions et par jour entre 2020 et 2021. La courbe bleue correspond aux pays de l'OCDE ayant choisi l'atténuation et la rouge représente les pays ayant opté pour l'élimination du virus.

Croissance du PIB: Retour au niveau pré-pandémie dans les 5 pays de l’OCDE
Selon cette étude, “il existe un consensus croissant sur le fait que l'élimination est préférable à l'atténuation, par rapport à la performance économique d'un pays”.
En effet, la comparaison réalisée dans le cadre de cette étude montre que “la croissance du PIB est revenue, début 2021, aux niveaux d'avant la pandémie dans les cinq pays qui ont opté pour l'élimination, alors que la croissance est toujours négative pour les 32 autres pays de l'OCDE”.
La figure ci-dessous représente le changement hebdomadaire du PIB entre les pays de l'OCDE dont la stratégie de lutte vise l'élimination du virus (en rouge) et ceux ayant choisi de vivre avec (en bleu).

Néanmoins, malgré ses avantages sanitaires et économiques, la stratégie d'élimination a été critiquée en raison des restrictions des libertés civiles qu’elle impose.
Or selon cette étude, “les libertés ont été le plus gravement touchées dans les pays qui ont choisi l’atténuation”, car ceux qui ont opté pour la stratégie d’élimination du virus ont mis en place des mesures de plus courtes durées.
Selon la figure suivante, les pays ayant choisi de vivre avec le virus (courbe bleue) ont un niveau de sévérité des mesures plus élevé que chez les pays ayant favorisé l'élimination du virus (en rouge).

“Il est important de noter que l'élimination a été conçue comme une approche de solidarité civique qui restaurera les libertés civiles le plus rapidement possible; cette focalisation sur un objectif commun est souvent négligée dans le débat politique”, indique l’étude.
Cela dit, “l’action nationale à elle seule est insuffisante”. L’étude estime qu’un “plan mondial clair” doit nécessairement être mis en place pour “sortir de la pandémie”. A défaut, ce sont les pays qui choisissent de vivre avec le virus qui constitueront une menace pour les autres, notamment ceux qui n’ont pas accès à la vaccination, surtout que celle-ci “ne peut, à elle seule, rapidement contrôler le virus”.
C'est pourquoi une “combinaison de mesures de santé publique" est nécessaire pour maîtriser le virus.
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