ONDA : Un déficit qui frôle les 2 milliards de DH en 2020
L'Office National Des Aéroports (ONDA) a été malmené financièrement par la pandémie. Il affiche un déficit de près de 2 milliards de DH en 2020, contre un bénéfice de plus de 560 MDH en 2019. Explications.
2020, une année qui restera dans les annales de l'écosystème du tourisme et du transport. Dans l'aéroportuaire, les dégâts sont énormes pour l'Office national des aéroports.
Selon les données financières consultées par Médias24, l'Office affiche un déficit de 1,91 milliard de DH en 2020, contre un résultat net positif de 566,3 millions de DH en 2019.
Effondrement de l'activité
Dans le détail, l'ONDA a vu son chiffre d'affaires fondre comme neige au soleil, passant de 4,24 milliards de DH en 2019 à 1,58 milliard de DH en 2020. Soit une baisse de plus de 62% en une année.
Plus de la moitié de ce chiffre d'affaires, 916 MDH, a été réalisée au cours des trois premiers mois de l'année 2020, avant la déclaration de l'état d'urgence sanitaire. Et au terme de ce premier trimestre, la baisse de l'activité s'amorçait déjà. L'office l'avait expliqué à l'époque par "la forte régression des redevances de survol de 15% et des redevances aéroportuaires de 8%".
Les recettes de l’ONDA sont composées des redevances aéroportuaires, des redevances de survol (ces deux composantes constituent les redevances aéronautiques), et des redevances non aéronautiques. Ces revenus représentent respectivement 45%, 33% et 22% du chiffre d’affaires de l’ONDA.
Cependant, ses charges sont restées quasi-stables à près de 3 milliards de DH en 2020. Des charges incompressibles comme les impôts ou les charges du personnel. Ces derniers ont même enregistré une hausse en 2020 en comparaison avec 2019, passant de 822,7 MDH à 897,9 MDH.
Les données qui précèdent impactent le résultat d'exploitation de l'opérateur. Il affiche un déficit de l'ordre de 1,37 milliards de DH.
"La crise sanitaire a quasiment mis à l’arrêt le secteur du transport aérien depuis le 15 mars 2020 suite à la fermeture des frontières et aux restrictions de voyage imposées par les Etats pour limiter la propagation du virus Covid-19. Sur l’année 2020, le trafic aérien a été en baisse de 71,5% par rapport à l’année 2019, entraînant une chute du chiffre d’affaires de l’ONDA. Le résultat net a été arrêté à -1 918 millions de dirhams du fait notamment de la baisse du chiffre d'affaires", commente une source autorisée au sein de l'ONDA.
Hausse de l'endettement
Dans le sillage de la détérioration des indicateurs d'exploitation de l'office, son endettement augmente. Il a atteint 6,2 MMDH contre un endettement de 4,8 MMDH à fin 2019.
Ces 6,2 MMDH sont réparties entre un emprunt obligataire à hauteur de 1,5 MMDH et d'autres dettes de financement pour 4,7 MMDH .
Cette aggravation de l'endettement était prévisible et attendue. L'ex directeur général de l'ONDA, Zouhair Mohammed El Aoufir l'avais annoncé dès juillet 2020.
"Pour faire face à ses besoins de trésorerie à court terme induits par la crise sanitaire, l’ONDA aura recours à un endettement supplémentaire auprès des banques locales et de bailleurs de fonds internationaux. Cet endettement supplémentaire est nécessaire pour assurer notre mission comme le fonctionnement normal des aéroports, et également pour maintenir des délais de paiement raisonnables de nos fournisseurs, dans un contexte où une partie importante de nos clients (compagnies aériennes et concessionnaires) ont été fragilisés par la crise et ont des difficultés à honorer leurs dettes vis-à-vis de notre établissement", avait-il expliqué.
Selon une source autorisée de l'ONDA, "la persistance d’une menace sanitaire a eu comme conséquence de retarder la reprise du trafic aérien et le rétablissement très progressif de l’activité attendu au second semestre 2021 devrait continuer d’affecter les résultats et les équilibres financiers de l’ONDA".
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