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Nasser Bourita: “Il n’y aura pas de solution berlinoise à la crise libyenne”

Le chef de la diplomatie marocaine a reçu Aguila Saleh qui préside la Chambre libyenne des représentants pour discuter des futures élections présidentielles et législatives prévues le 24 décembre 2021. Et surtout pour confirmer le rôle du Maroc, et de tacler l’utilité des deux sommets allemands qui n’ont abouti à aucun progrès notable.

Nasser Bourita: “Il n’y aura pas de solution berlinoise à la crise libyenne”
Samir El Ouardighi
Le 25 juin 2021 à 14h04 | Modifié 8 juillet 2021 à 22h51

Il a fallu attendre une conférence de presse avec Aguila Saleh, président du parlement libyen, pour obtenir une confirmation officielle: le Maroc a bien été invité à Berlin II et il a choisi de ne pas s'y rendre.

Ce jeudi 24 juin en début de soirée, le Maroc recevait Aguila Saleh, à l'invitation de Habib Malki, son homologue marocain. La veille, Berlin avait accueilli une conférence appelée Berlin II, consacrée à la situation en Libye. Entre Rabat et Berlin, c'est la froidure, presque la glaciation.

Au fil des phrases, ce jeudi 24 juin au siège [magnifique] du ministère marocain des A.E., c'est un feu d'artifice. Aguila Saleh rappelle, puis insiste sur le rôle joué par le Maroc "depuis 2015", d'une manière "désintéressée et sans ingérence" pour une solution "libyo-libyenne" de la crise dans ce pays. "Nous savons à quel point le Maroc est influent, et quel rôle il joue aux plans régional, arabe et international". Le Maroc a joué un rôle "déterminant" dans ce pays qui doit tenir ses élections présidentielles et législatives fin décembre 2021.

C'est un Bourita aux anges qui écoute. Au jeu des questions-réponses, Bourita n'hésite pas à comparer l'action libyenne à celle des conférences de Berlin.

"Bien avant Berlin I et II, le Maroc cherchait déjà des solutions au conflit libyen"

Questionné par un confrère sur les raisons de l’absence de la diplomatie marocaine au 2ème sommet de Berlin censé résoudre la crise, le ministre,a alors répondu en quatre points, selon un rituel bien connu des journalistes: 1, 2, 3 et 4 points.

"Bien avant que ces sommets internationaux ne soient créés, le Maroc était déjà engagé aux côtés de la Libye pour résoudre sa crise interne car la stabilité de notre voisin maghrébin nous importe beaucoup.

"Notre engagement dans le dossier libyen n’a pas commencé avec la conférence de Berlin I et ne va par conséquent pas se terminer avec le deuxième sommet.

"En effet, impliqué depuis le début de la crise, ce n’est pas une invitation qui va changer la position du Maroc qui n’attendait rien de cette présence ou absence qui n’aura aucun effet sur notre mobilisation.

"Pourquoi l’Allemagne nous invite au 2ème sommet de Berlin après nous avoir ignorés au premier”

"D’ailleurs, si vous vous demandez pourquoi le Maroc n’a pas été invité au premier sommet allemand avant de devenir subitement le bienvenu au deuxième, c’est qu’il y a quelque chose qui a dû changer.

"Est-ce la position du Royaume ou alors y a-t-il eu des erreurs commises lors de ces sommets, cela ne nous importe pas car comme l’a dit notre invité, présent ou pas à Berlin, l’essentiel est que le Maroc a toujours été présent aux côtés des institutions libyennes pour contribuer à une sortie de crise.

"La Libye n’est pas un gâteau diplomatique exploité par certains"

"La Libye n’est pas un gâteau diplomatique où certains utilisent la crise, comme un moyen opportun de se faire une carte de visite alors qu’elle doit être résolue par la voie des urnes.

"Pour nous, les photos de groupes, les grands discours, notre présence ou notre absence ne sont pas importants car ce qui importe vraiment au Maroc est d’arriver à une solution concertée avec les Nations-Unies.

"Notre contribution n’est pas une initiative isolée sachant qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une feuille de route qui est validée aussi bien par les institutions libyennes que par l’envoyé spécial de l’ONU en Libye.

"La seule issue à la crise passera par des élections, le 24 décembre prochain"

"A ce propos, le Maroc a toujours pensé que la solution passerait par le peuple libyen et pas par l’étranger” a estimé le ministre rejoint par son invité qui a déclaré que l’organisation d’élections législatives et présidentielles était «la véritable issue à la crise libyenne."

"Pour tenir ces scrutins le 24 décembre prochain, nous comptons sur le soutien du Maroc qui permettra à notre peuple de choisir dans la transparence ses représentants», a conclu le président du parlement, en réponse à une question d’une confrère qui portait sur le rôle du Royaume dans cette crise.

"La solution au conflit libyen ne se trouve pas à Berlin"

Avant de conclure, Bourita a lancé une pique à la diplomatie allemande qui ne passera pas inaperçue, en affirmant qu’il n’y avait pas de solution berlinoise au problème d’un pays nord-africain.

"En effet, notre voisin a son propre contexte et dynamique que le Royaume connaît bien”, a conclu le ministre dans un message qui ne devrait pas échapper à l'Allemagne.

Ci-après, la conférence de presse du MAE et du président libyen de la chambre des représentants:

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Samir El Ouardighi
Le 25 juin 2021 à 14h04

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