Faut-il imposer des tests PCR aux voyageurs vaccinés? Trois experts répondent
Les tests PCR doivent-ils être rendus obligatoires à toute personne souhaitant entrer au Maroc même si elle a été vaccinée ? La question fait débat, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment mis en garde l’Europe contre une quatrième vague de contaminations qui pourrait survenir cet été.
Sur les trois médecins contactés par Médias24, aucun ne tranche complètement en faveur de cette mesure. En revanche, tous s’accordent sur un point : malgré toutes les mesures prises pour enrayer l’épidémie de Covid-19 (vaccination, tests PCR, distanciation sociale, port du masque), aucune ne garantit un risque zéro. « La solution miracle n’existe pas », rappelle Ahmed Rhassane El Adib, professeur en anesthésie-réanimation au CHU Mohammed VI de Marrakech.
« Un test PCR ne garantit pas que la personne n’est pas porteuse du virus »
« Les études cliniques ont démontré l’efficacité des vaccins, qui permettent d’éviter le développement de formes graves même en cas de contamination. Et puis, quelle est la faisabilité d’une telle mesure? A-t-on les moyens de la rendre obligatoire ? », interroge, sceptique, Mohammed El Azami El Idrissi, professeur d’immunologie à la faculté de médecine et de pharmacie de Fès et au CHU Hassan II.
Et d’ajouter : « Supposons que les tests PCR soient obligatoires : aurons-nous pour autant la garantie que toute personne testée négative avant de prendre l’avion n’a pas déjà contracté le virus ? Une personne peut tout à fait contracter le virus un jour et être testée le lendemain, sans pour autant que la charge virale soit suffisamment élevée pour être détectable. Le test n’a de valeur qu’au moment où il a été fait. La vaccination reste la solution qui prévaut le plus. »
« Malgré la batterie des mesures prises contre le Covid-19, le risque zéro n’existe pas. Un test PCR ne garantit pas que la personne n’est pas porteuse du virus : on peut tout à fait être négatif au moment où on se fait tester et contracter le virus quelques heures plus tard », abonde Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé.
« 30% des tests PCR peuvent être de faux négatifs »
De plus, 30% des tests PCR peuvent être de faux négatifs, rappelle-t-il. « Ce n’est pas lié à une défaillance du test en lui-même, mais à une trop faible charge virale ou au fait que la personne qui a fait passer le test n’a pas suffisamment brossé le pharynx. »
Il faut dire aussi que « la batterie des mesures à prendre dépend du degré de risque que l’on peut se permettre de prendre et de la capacité de notre système de santé à accueillir d’éventuels malades. C’est simple : la seule solution si l’on ne veut prendre aucun risque, c’est de fermer les frontières. »
Le Pr Ahmed Rhassane El Adib observe quant à lui que cette discussion « se retrouve à l’échelle internationale ». « Cela dépend de la situation épidémiologique au Maroc, du pays dont est originaire une personne qui souhaite entrer sur le territoire et des conditions économiques. Car désormais, c’est l’économie qui prime. Et lorsqu’un pays prend des décisions relatives à l’entrée sur son territoire, il les prend en fonction d’un niveau de risque acceptable », ajoute-t-il.
Ahmed Rhassane El Adib rappelle enfin qu’« au niveau des aéroports marocains, nous n’avons ni la logistique, ni les ressources, pour réaliser des tests antigéniques à l’arrivée des passagers ».
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.