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Santé

Les 1.000 premiers jours : Un défi nutritif pour les tout-petits

Dès la conception et jusqu’à l’âge de deux, voire trois ans, les nourrissons sont très sensibles aux apports nutritionnels. Des carences prolongées peuvent avoir un impact sur leur développement cognitif et, à long terme, sur leur vie d’adulte.

Les 1.000 premiers jours : Un défi nutritif pour les tout-petits
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Le 12 juillet 2021 à 19h58 | Modifié 12 juillet 2021 à 19h58

Le ministère de la Santé, en partenariat avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et l’Unicef, organise, depuis le 24 juin et jusqu'au 24 juillet 2021, des journées de sensibilisation sur la nutrition maternelle et infantile sous le slogan : « Les 1.000 premiers jours… La base d’un avenir meilleur ! ».

« Cette campagne de sensibilisation à grande échelle, qui sera déployée chaque année, vise à promouvoir les actions essentielles en nutrition telles que l’alimentation saine et équilibrée pendant la grossesse, l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de l’enfant, la diversification de l’alimentation de l’enfant à partir du sixième mois ainsi que la continuité de l’allaitement au sein jusqu'à l’âge de deux ans », indique le ministère de la Santé dans un communiqué.

« La campagne permettra de renforcer les connaissances des femmes enceintes ou allaitantes, de leurs familles et des communautés sur les avantages de l’adoption de ces pratiques favorables à la bonne santé et nutrition de la mère et de l’enfant », ajoute-t-il.

La nutrition, un facteur modulable sur lequel il faut agir

« Le développement de l’enfant est très souvent abordé à travers le prisme physique et intellectuel. Or, ces deux aspects ne sont pas les seuls à devoir être pris en compte : le développement cognitif et immunitaire apparaît très précocement dans la vie », explique à Médias24 Nezha Mouane, pédiatre, chef de service de pédiatrie au CHU Ibn Sina et directrice de l’unité de pédagogie et de recherche en nutrition de la faculté de médecine de Rabat.

« L’impact, sur l’enfant, de l’environnement, de l’éducation, et donc de l’intervention des parents ; de la manière avec laquelle ils ont approché l’enfant pendant ces 1.000 premiers jours, est très important », ajoute-t-elle. Les 1.000 premiers jours couvrent la période comprise dès la conception jusqu’à l’âge de deux, voire trois ans.

« En agissant sur la nutrition, il est possible d’intervenir pour modifier certains facteurs : une nutrition saine, équilibrée et adaptée à l’âge de l’enfant peut agir positivement sur le développement cognitif et cérébral ; sur la structuration des différents compartiments du cerveau. C’est un facteur sur lequel il est possible d’agir rapidement et efficacement, contrairement à la génétique. Tous les efforts convergent donc vers la nutrition pour améliorer le développement global de l’enfant, ainsi que toutes les activités liées à l’apprentissage. Une bonne nutrition peut également prévenir les maladies non transmissibles, comme le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires », explique Nezha Mouane.

Le Maroc, un pays de « transition alimentaire et nutritionnelle »

Au Maroc, les carences en fer sont « très fréquentes ». Nezha Mouane explique que les aliments qui contiennent du fer, souvent d’origine animale, ne sont pas toujours accessibles financièrement aux familles marocaines.

« Les carences en fer ont un impact sur le plan cognitif chez l’enfant, notamment sur les apprentissages scolaires, car elles sont à l’origine de fatigues importantes et par conséquent, d’absentéisme. » D’autres substances organiques font également l’objet de carences, notamment les vitamines A, D et C, que l’alimentation du jeune enfant, même saine et équilibré, n’apporte pas. « Dans le cadre du programme national de vaccination, on donne aux enfants des ampoules de vitamines C et D. C’est une supplémentation médicamenteuse car les aliments qu’ils consomment lorsqu’ils sont tout petits ne leur apportent pas suffisamment de vitamines », précise Nezha Mouane.

Autre phénomène fréquent au Maroc : la malnutrition chronique, qui se manifeste par un retard structural (au niveau de la taille). Sa prévalence était comprise entre 20% et 25% il y a une quinzaine d’années, contre 13% à 15% actuellement, selon la pédiatre.

« Ce n’est pas que les enfants ne mangent pas assez, ou trop, mais ils mangent mal. On parle en effet de faim cachée : ils mangent suffisamment sur le plan calorique, mais de façon déséquilibrée. » La faim cachée se produit lorsque « la qualité de la nourriture consommée ne répond pas aux besoins nutritionnels des individus, de sorte qu’ils ne reçoivent pas les vitamines et minéraux essentiels dont ils ont besoin pour leur croissance et leur développement », explique sur son site l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

« Quand on parle de malnutrition chronique et de retard statural, on parle d’enfants qui ont une alimentation déséquilibrée ; qui mangent mal. Ce n’est pas un souci d’indisponibilité alimentaire, mais de déséquilibre alimentaire. On note d’ailleurs que l’obésité commence à émerger au Maroc ; sa prévalence est ascendante essentiellement dans les pays sous-développés ou en développement. L’urbanisation, entre autres facteurs, éloigne les plus jeunes des bonnes habitudes alimentaires, qui privilégient une alimentation beaucoup plus occidentalisée. Le Maroc est un pays de transition alimentaire et nutritionnelle, et c’est pour cela qu’il y a toute une éducation alimentaire et sanitaire à faire », plaide Nezha Mouane.

Elle tient également à souligner l’importance d’une alimentation saine chez la femme enceinte, et après l’accouchement. «Certains enfants naissent avec des carences car le statut nutritionnel de la femme enceinte n’est pas bon. Autrement dit, si la mère a des carences et des déséquilibres alimentaires, l’enfant est déjà défavorisé sur le plan nutritif à la naissance. Une bonne nutrition pendant les deux-trois premières années passe par l’allaitement maternel exclusif, notamment les six premiers mois, ainsi qu’une diversification alimentaire. Des programmes d’éducation sanitaire et nutritionnelle doivent être rendus accessibles à la population générale pour en faire profiter les enfants, qui deviendront plus tard adultes, afin de leur éviter des troubles alimentaires et nutritionnels sur le long terme. »

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Le 12 juillet 2021 à 19h58

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