Le tabac à chauffer de Philip Morris sera commercialisé au Maroc avant la fin de cette année
L’entreprise devrait bientôt commercialiser sur le marché marocain des appareils servant à chauffer le tabac, en guise d’alternative au tabac à brûler. Ces produits, dont le groupe assure qu’ils réduisent l’exposition du consommateur aux substances nocives contenues dans les cigarettes conventionnelles, ne sont pas pour autant sans aucun risque pour la santé.
Le groupe Philip Morris prépare une offensive au Maroc avec ses nouveaux produits sans combustion. Il s’agit du tabac à chauffer par le biais d’un appareil électronique sans fumée baptisé « IQOS ». « Notre produit de tabac à chauffer se présente sous forme de bâtonnets de tabac, les Heets. Ces derniers représentent « le consommable » à insérer dans l’appareil IQOS servant à chauffer le tabac sans le brûler», explique le service communication du groupe, joint par Médias24.
Ce produit est destiné « aux fumeurs adultes qui ne veulent pas arrêter de fumer. Au niveau mondial, nous estimons qu’à fin mars 2021, 14 millions de fumeurs sont passés exclusivement à cette solution sans combustion qui est aujourd’hui disponible à la vente dans 66 pays à travers le monde, dont les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, l’Angleterre, la Suède, le Japon et la Corée du Sud », ajoute-t-on de même source.
Le groupe précise, avec prudence: "Il est important de préciser que toute personne qui ne fume pas, ne doit certainement pas commencer. Le meilleur choix cependant pour tout fumeur adulte est d’arrêter complètement, et pour ceux qui ne le font pas, il est préférable de changer vers des alternatives moins nocives".
Une alternative pas totalement inoffensive pour autant
Le Maroc en fera bientôt partie, assure le groupe. « L’un des projets sur lesquels nous travaillons est celui d’offrir aux 5,5 millions de fumeurs adultes marocains qui ne veulent pas arrêter de fumer, ces produits alternatifs à risque réduit développés sur des bases scientifiques », ajoute-t-on de même source.
« A risque réduit » ? Cela signifie donc que ces produits ne sont pas sans aucun risque pour la santé. Ce qui est réduit, c’est l’exposition du consommateur à des substances nocives ou potentiellement nocives contenues dans la fumée de cigarette. C’est une réduction significative – à hauteur de 95%. La différence entre la fumée de cigarette et l’aérosol des produits IQOS, c’est que pour produire de la fumée de cigarette, le tabac est brûlé, alors que dans le dispositif IQOS, le tabac est chauffé, ce qui permet de libérer la nicotine naturellement présente dans le tabac. »
« De toute façon, le risque zéro n’existe pas : la meilleure solution pour ne prendre aucun risque, c’est tout simplement d’arrêter de fumer. Ceci dit, les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas arrêter de fumer ont la possibilité de se tourner vers des produits alternatifs, parmi lesquels le tabac à chauffer », complète le service communication du groupe.
Par ailleurs, qu’entend le groupe Philip Morris lorsqu’il évoque des « bases scientifiques » ?
Réponse : « Le produit IQOS été identifié par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA) comme étant un produit de tabac à risque modifié. A l’heure actuelle, 98% de nos dépenses en recherche et développement sont dédiées aux produits sans fumée à risque réduit. Jusqu’à présent, le groupe a dépensé environ 8 milliards de dollars pour la conception de ce produit. Nous avons des scientifiques de haut rang qui travaillent à son développement. Parmi les études dont nous disposons, certaines ont suivi l’impact de la conversion aux produits IQOS par rapport à la cigarette classique. Elles ont été suivies par des scientifiques, des universitaires, des agences de santé, dont la FDA et l’Agence de santé en Grande-Bretagne. Toutes deux confirment que les produits IQOS sont une alternative moins risquée que les cigarettes classiques. » Autant dire que malgré la réponse prudente et non dénuée de franchise de Jalal Ibrahimi, directeur général de Philip Morris Maroc contacté par Médias24, nous n’en saurons guère davantage sur les « bases scientifiques » évoquées par le groupe.
En revanche, le groupe se montre plus précis sur les éléments qui distinguent ce produit des cigarettes électroniques : « Ces appareils sont complètement différents du vapotage. Le vapotage est à base d’un liquide qui contient de la nicotine, tandis que les appareils IQOS sont à base de tabac. En termes de rituel, pour un fumeur, ces produits sont beaucoup plus proche de la cigarette conventionnelle que ne le sont les cigarettes électroniques. »
Une alternative disponible au Maroc « certainement avant la fin de cette année »
La commercialisation de ce produit s’inscrit dans la volonté du groupe d'arrêter, sur le long terme, la vente de cigarettes conventionnelles.
« Nous avons annoncé publiquement, et à plusieurs occasions, que notre objectif global à long terme est d’arrêter la production et la vente de cigarettes pour les remplacer par des produits sans combustion à risque réduit. L’ancien président de Philip Morris International avait d’ailleurs annoncé en 2016, qu’un « monde dans lequel les cigarettes sont obsolètes est à portée de main. Avec le cadre réglementaire adéquat et le soutien de la société civile, nous pensons que les ventes de cigarettes peuvent cesser d’ici 10 à 15 ans dans de nombreux pays ». Dans ce sens, un objectif a été fixé : accompagner 40 millions de fumeurs adultes à arrêter de fumer en basculant vers des produits à risque réduit sans fumée et sans combustion d’ici 2025. Cela signifiera que notre production de cigarettes baissera partout dans le monde », fait savoir le groupe à Médias24.
En attendant, le prix des appareils IQOS n’a pas encore été défini pour le marché marocain, contrairement aux bâtonnets Heets, homologués pour la vente au Maroc au prix de 35 DH. « Dans les pays où ces appareils sont commercialisés, leur prix varie entre 60-70 et 120 euros. Certains de ces pays ont un revenu moyen par habitant comparable à celui du Maroc. Le prix de l’appareil ne devrait donc pas être une barrière pour les consommateurs marocains », souligne Jalal Ibrahimi.
Concernant la disponibilité dans les bureaux de tabac du royaume, le groupe annonce envisager de finaliser ce processus « dans les prochains mois, et certainement avant la fin de cette année ».
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