Les changements climatiques pourraient provoquer le déplacement de 1,9 million de Marocains
Le rapport détermine avec précision les zones géographiques concernées. Pour ralentir le rythme de ces migrations climatiques internes, il recommande un développement vert, résilient et inclusif.
La Banque mondiale met en garde contre la migration interne qui guette plusieurs pays dans le monde, due à la pression du changement climatique, dans un nouveau rapport dénommé "Groundswell", publié ce lundi 14 septembre. Un focus sur le Maroc montre que si rien n'est fait en faveur du climat, 1,5 à 1,9 million de personnes seraient poussées à migrer, dans un mouvement de mobilité interne au sein du Maroc.
L'étude propose trois scénarios différents de la migration climatique interne.
Le scénario dit "pessimiste" est le scénario de référence si aucune action de correction n'est faite. Au Maroc, le scénario pessimiste prévoit une migration de 1,9 million de Marocains (5,4% de la population totale).
Le scénario du développement inclusif est celui où un effort de développement est déployé dans les zones menacées. La projection pour le Maroc y est de 1,5 millions (4%) de migrants marocains. Enfin, il y a le scénario "climate-friendly", ou favorable au climat, où des efforts sont faits notamment pour réduire les émissions de CO2. Dans ce cas de figure, le chiffre tombe à 0,5 million (1,3%).
Dans les trois scénarios, les migrants climatiques vont constituer respectivement 21%, 52% et 10% du total des migrants internes au Maroc. Ces résultats soulignent l’importance de l’action en faveur du climat et du développement inclusif pour combattre les causes de la migration climatique.
La modélisation de cette mobilité a pris en compte "les effets graduels du changement climatique sur les moyens de subsistance, visibles aux évolutions dans la disponibilité de l’eau et la productivité agricole ainsi que dans l’élévation du niveau de la mer accentuée par les ondes de tempête".
Les zones les plus réceptrices d’immigrés sont localisées à côté d’Agadir, autour de Rabat et dans le nord autour de Tanger (voir carte). D’autres zones urbaines recevront moins d’immigrés, comme Fès, Meknès et les côtes de l’Oriental.
Le mouvement vers ces zones est principalement justifié par l’amélioration de la productivité qu’elles connaîtront en matière agricole, accompagnée d'une stagnation ou d'une légère baisse des ressources hydriques.
Les zones d’où migreront ces populations sont situées essentiellement dans les collines du centre, y compris autour de Marrakech, autour de Casablanca et de Safi et au sud d’Agadir jusqu’à Tiznit.
La cause est principalement le déclin dans les ressources hydriques, couplé à un léger déclin ou à une stagnation de la productivité agricole. Cette migration aura pour effet de ralentir la croissance de la population dans ces zones.
Le rapport, qui prévoit que le nombre de ces migrants pourrait atteindre 216 millions au niveau mondial, souligne que ces projections ne sont pas inéluctables : "Si les pays commencent, dès maintenant, à réduire les gaz à effet de serre, à combler les écarts de développement, à restaurer les écosystèmes vitaux et à aider les gens à s’adapter, les migrations climatiques internes pourraient être réduites de 80%, soit 44 millions de personnes, d’ici 2050."
Des recommandations sont également faites pour encourager les pays concernés à commencer à planifier dès aujourd'hui, afin de préparer les conditions d'accueil de ces migrants et leurs fournir les services de base.
Notons tout de même que le Maroc s'est déjà inscrit dans une politique préventive, notamment en luttant contre le stress hydrique à travers la construction des barrages, le dessalement de l'eau de mer et le traitement des eaux usées.
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