img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Santé

En souffrance, la fondation Amal d’hémodialyse en appelle au ministère de la Santé

La Fondation Amal d’hémodialyse, qui prend en charge gratuitement environ 1.200 Ramedistes atteints d’insuffisance rénale chronique, est en souffrance. Après près de deux ans de crise du Covid, celle-ci, qui dépend en grande partie du mécénat, ne voit plus le bout du tunnel. Elle dénonce également le manque de soutien du ministère de la Santé.

En souffrance, la fondation Amal d’hémodialyse en appelle au ministère de la Santé
Par
Le 23 septembre 2021 à 18h04 | Modifié 23 septembre 2021 à 18h23

Avant de présenter la problématique à laquelle est confrontée cette fondation, commençons d’abord par la présenter, ainsi que ses activités.

25 centres opérationnels, 1.200 patients dialysés par an

Amal est une fondation à but non lucratif, créée en 2008, dont l’objectif est de servir les malades atteints d’insuffisance rénale chronique. Elle est gérée par une équipe de 180 personnes. C’est une fondation autonome, qui dispose de ses propres médecins et qui ne dépend, donc, pas du ministère de la Santé.

Son premier centre a été construit à Casablanca, préfecture de Ben M’sik. Il a été inauguré en septembre 2009 par le Roi Mohammed VI, comme la majorité de ses centres qui ont suivi. A présent, elle compte 25 centres d’hémodialyse au Maroc, soit le même nombre de centres dont dispose le ministère de la Santé. C’est dire son importance.

La majorité des centres Amal se trouvent dans la région de Casablanca-Settat (9 à Casablanca). Les autres sont dispersés un peu partout dans le pays (Rabat, Nador, Beni Mellal, Mohammedia, Marrakech, Imintanoute…). La fondation dispose également de 5 centres d’hémodialyse pénitentiaires et de 3 autres centres en Afrique subsaharienne. Par ailleurs, elle effectue des interventions dans plusieurs pays d’Afrique (Côte d’Ivoire, Mali, Gabon…), notamment pour la distribution de matériel d’hémodialyse.

Chaque année, la fondation Amal accueille entre 1.100 et 1.200 malades, qui bénéficient, gratuitement, d'environ 100 séances d'hémodialyse par an.

Une fondation en souffrance, avec jusqu'à 40 MDH de charges par an

Amal a été fondée par des investisseurs et des acteurs économiques qui ont réservé une partie de leur argent, pour l’achat le matériel nécessaire pour venir en aide aux personnes à ressources limitées atteintes d’insuffisance rénale chronique.

Malheureusement, la fondation est en souffrance depuis quelques années, "vu le manque d’appui des régions dans lesquelles nous sommes présents et une aide du ministère de la Santé que l’on peut qualifier de dérisoire", nous confie son président Mustapha Faouzi. "Et encore, il faut demander cette aide, sinon nous ne recevons rien".

"A travers ses multiples actions, Amal s’est hissé d’une simple association gérant un centre d’hémodialyse en une véritable institution. Elle a ainsi su augmenter sa capacité d’accueil des personnes nécessitant des séances d’hémodialyse, afin de faire face à une demande grandissante. Elle a également intensifié ses efforts pour prendre soin de ses patients âgés et les enfants, en leur fournissant une aide sociale, financière et morale, en créant des espaces pour les intégrer dans les différentes activités qu’elle supervise".

"Notre Fondation dépend principalement du mécénat, à hauteur de 60% environ. Un soutien dont nous ne bénéficions presque plus après deux ans de crise, due à la pandémie du Covid. La Fondation est donc en souffrance", regrette son président, qui craint le pire.

Selon notre interlocuteur, "les charges de la Fondation s’élèvent entre 35 et 40 millions de DH par an. L’achat du consommable représente la plus grande partie des dépenses, d'autant plus que pour l’hémodialyse, il est très coûteux et que chaque malade admis est pris en charge à vie".

"Les patients que nous accueillons sont des Ramedistes, qui sont donc totalement pris en charge. La principale condition de la fondation est d’accueillir des personnes qui n’ont aucune assurance", afin d’aider les plus démunis.

"Le coût de la séance s’élève à 485 DH pour la fondation (prix de revient) et chaque patient a besoin d’environ 10 séances par mois, soit plus de 100 séances par an". Ajouté aux autres charges de fonctionnement, la fondation se retrouve donc dans une situation délicate, ne voyant plus le bout du tunnel.

"Si nous avons institutionnalisé ce service, ce n'est pas pour dépendre en grande partie du mécénat. Il faut que l’État se mobilise pour nous venir en aide. Dans certains pays étrangers, ce sont des associations qui gèrent les malades dialysés des cliniques et des hôpitaux".

Plus de 200 MDH dépensés par le ministère chaque année auprès du secteur privé

En parallèle, le ministère de la Santé "dépense jusqu'à 250 millions de DH par an pour acheter le service d'hémodialyse auprès du secteur privé, à raison de 800 DH par séance", ajoute M. Faouzi, soit presque le double du coût pratiqué par la fondation. "C'est aberrant".

Si l'on fait le calcul, le ministère prend donc en charge un peu plus de 3.000 patients, alors que le Maroc compte "32.000 à 33.000 personnes nécessitant ce service. Le ministère ne prend en charge que le tiers du total des patients marocains, tandis que les deux autres tiers sont pris en charge par les associations et le secteur privé. Le ministère fait donc de la discrimination entre les Marocains. Il n'achète le service que pour une partie des patients".

En effet, si le ministère ne consacre que la moitié du budget dépensé auprès du secteur privé, aux associations, le nombre de patients pris en charge par l’État pourrait largement augmenter.

"Rien que durant la période du Covid, le coût de la prise en charge des patients dialysés reçus des secteurs public et privé de la région de Casablanca-Settat s’élève à 657.660 DH. Dans le cadre de la participation dans la gestion de la crise sanitaire, la fondation a pris l’initiative de dédier l’un de ses centres aux patients atteints de Covid, venus de la région ainsi que d’autres régions du Royaume si nécessaire. Un total de 340 patients ont été entièrement pris en charge, bénéficiant de 1.350 séances. Mais nous n'avons rien reçu en contrepartie".

"Nous avons instauré cette institution avec des modèles de gouvernance que nous avons perfectionnés, pour agrandir de nombre de bénéficiaires de notre service. Il faut donc qu'on devienne une antenne du ministère. On n’est pas une clinique privée qui peut se débrouiller d'elle-même".

M. Faouzi soulève également l'impact social: "Le service d'hémodialyse ne peut pas être arrêté".

"Malheureusement, nous avons sollicité le ministère à plusieurs reprises, en vain. J'ai également soulevé la problématique auprès des Walis des différentes régions dans lesquelles la fondation exerce, afin d'avoir un budget soit au niveau central (Rabat), soit au niveau régional, dans le cadre de la stratégie de régionalisation mise en place. Mais aucune action n'a été entreprise dans ce sens."

"Nous nous retrouvons donc à mendier pour un service nécessaire au citoyen", déplore-t-il. "La majorité de nos centres ont été inaugurés par Sa Majesté, ils ont donc besoin d’un budget propre à eux. Ou plus encore, le ministère doit nous intégrer dans son budget. Ce n’est pas une affaire personnelle sur laquelle nous gagnons de l’argent. Notre intérêt principal est de rendre service au citoyen".

"Sa Majesté le Roi nous soutient, mais l’administration doit faire un effort, à travers des contrats, des conventions, des partenariats avec de grands organismes, des bailleurs de fonds, des fondations, ou encore des banques...", conclut-il.

Cliquez ICI pour faire un don à la fondation, et venir en aide aux patients dans le besoin. 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 23 septembre 2021 à 18h04

à lire aussi

Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
ECONOMIE

Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite

Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.

Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
ECONOMIE

Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages

Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.

Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
BUSINESS

Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice

Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.

L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance
SOCIETE

Article : L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance

Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.

La météo pour le lundi 27 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
Architecture et urbanisme

Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar

L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité