Les industriels de la conserve de poisson s’inquiètent d’une “crise sans précédent”
L’Union nationale des industries de la conserve de poisson déplore des chaînes d’approvisionnement perturbées, une flambée des coûts et une rareté des ressources.
L’Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop) tire la sonnette d’alarme. "Aujourd’hui, les industriels de la conserve de poisson font face à une crise sans précédent, mettant à mal les performances économiques de la filière. Pourtant, ces opérateurs aspiraient à utiliser les ressources halieutiques, de manière durable et à augmenter leur valorisation, en faisant du secteur un moteur clé de la croissance économique", indique-t-elle dans un communiqué.
Et d’ajouter : "Le secteur, qui assure 66% de la production mondiale de sardine pilchardus Walbaum et détient 46% de part de marché de la conserve de sardines, assiste aujourd’hui à une érosion majeure de ses volumes et de ses marges industrielles."
L’Unicop évoque notamment des chaînes d'approvisionnement perturbées et une pression sur la matière première. "Les accès à la matière première sont, gravement, affectés par la concurrence inter-filière et par le manque structurel de la ressource. Ceci est la résultante d’une pression sur les stocks de la sardine au Maroc qui dure depuis des années." Et de poursuivre : "À cause de cette rareté de ressources, l’impact est doublement négatif : les unités ne fonctionnement pas à leur régime normal, réduisant ainsi le nombre de jours de travail ; les contrats clients ne sont pas respectés, affectant ainsi le positionnement stratégique du Maroc et réduisant les quantités des exportations qui sont de -25 % en volume comparées à 2020 et prévisible à -40 % pour la fin de l’année."
Limiter les hausses de matières premières
L’Unicop déplore également le fait "qu’une grande partie du marché a également été gravement touchée en valeur, déclenchant une baisse des prix et des craintes des clients d’une crise structurelle. Les volumes sont en déclin et des marchés sont de plus en plus abandonnés, à cause de la non disponibilité de la matière première, privant ainsi l’État d’importants montants de devises et de nombre de jours travaillés".
Enfin, la dernière doléance porte sur la flambée des coûts : "Entre la flambée des coûts des intrants et les problèmes d’approvisionnement, les prix de revient explosent, depuis plusieurs mois. Ainsi, les unités de la filière ont été dans l’obligation d’accepter des augmentations majeures, affectant négativement leurs marges et leurs coûts de revient. Le prix des huiles végétales : Soja- Tournesol et de l’huile d’olive ont connu des flambées vertigineuses dépassant parfois 100% d’augmentation. Le prix de la boite métalliques et les emballages cartons n’ont cessé, depuis plusieurs mois, d’afficher des augmentations périodiques et historiques non planifiées générant un désarroi général, non seulement des industriels mais aussi des clients."
En conclusion, l’Union et les professionnels du secteur appellent les pouvoirs publics, à "appliquer d’urgence les solutions et les recommandations des scientifiques, visant à assurer la sauvegarde du stock halieutique ; imposer un droit de regard de l’État sur les monopoles et limiter les hausses de matières premières qui seraient injustifiées ; supporter financièrement la filière qui ne profite d’aucune subvention, malgré son importance économique et son apport historique en investissement et en création d’emplois ; avoir un accès prioritaire à la matière première, et cela pour un souci d’une plus-value importante, d’un positionnement stratégique du produit Maroc et une pérennité de l’apport socio-économique".
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.