Protestations contre le pass vaccinal : Ce que l'on sait
Les protestations contre le pass vaccinal enflent, sur les réseaux sociaux et migrent vers l'espace public. Des pages Facebook suivies par des milliers de membres. Des manifestations et appels au boycott. Des personnalités politiques érigées en figures anti-vax, d'autres en boucs émissaires.
Amorcée sur les réseaux sociaux, la fronde anti-pass vaccinal investit les rues. Rabat, Casablanca, Tanger, Fès ou Meknès ont connu, dimanche 31 octobre, une série de sit-in réclamant l’annulation de cette mesure sanitaire. D’autres manifestations sont attendues pour le 7 novembre.
Des manifestations simultanées et un mouvement qui prend de l’ampleur. Pour l’heure, difficile d’en donner une évaluation quantitative. Dans leur partie apparente, les appels aux protestations émanent, le plus souvent, de groupes Facebook. Certains attirent des milliers de membres.
Parmi les plus actifs, le groupe « Non à la vaccination obligatoire » réunissait plus de 139.000 adhérents au 2 novembre. C’est le plus important en termes de nombre. Il a été créé le 22 octobre, soit au lendemain de l’instauration du pass vaccinal.
D’autres pages existaient avant la décision de l’Exécutif. Créée le 9 septembre 2021, « La Coordination des Marocains Opposants à la Vaccination Obligatoire » compte pour sa part près de 68.000 membres. Ces administrateurs se targuent d’avoir été les premiers à initier les appels aux protestations du 31 octobre.
« L’union des marocains refusant le pass vaccinal » s’inscrit dans le même registre que les deux exemples précédents. Survenue le 26 septembre, sa création est là, aussi, antérieure au pass vaccinal. On y retrouve plus de 27.000 abonnés.
Certaines de ces pages sont multipliées par deux ou trois et sous différentes formes (publiques, fermées). Parfois, des doublons sont créés par leurs administrateurs, pour parer à des interdictions potentielles. On parle de groupes « officiels », de « réserve » etc. Quelques pages étendent leurs activités à d’autres canaux (Telegram, Whatsapp etc.).
L’on constate, suivant les villes, des concordances dans les lieux et heures de rassemblement, ainsi que dans les choix d’itinéraires pour les marches. Insuffisant, pour autant, pour conclure à l’existence d’une coordination directe entre les différents groupes.
Le profil des administrateurs est hétéroclite. Tous groupes confondus, on retrouve, pêle-mêle, des fonctionnaires de l’éducation nationale, des étudiants universitaires, des supporters de clubs marocains de football…Le groupe « Union des marocains refusant le pass vaccinal » garde inaccessible la liste de ses administrateurs.
Contre le pass, contre le vaccin
Ces groupes se présentent comme défavorables au « pass vaccinal » et à « l’obligation vaccinale ». L’argument du libre choix est certes invoqué, mais aussi et surtout, celui de l’innocuité douteuse du vaccin. Autour de ces mêmes pages, gravitent, souvent d’autres, comme celle des « victimes des effets secondaires du vaccin corona» (19.000 membres).
Dans le lot des publications, on décèle ainsi plusieurs posts contre le vaccin, accompagnés d’images à l’origine douteuse ou d’écrits complotistes pour en illustrer les méfaits.
Certaines interventions donnent un aperçu, sur la crainte exprimée par une catégorie de citoyens vis-à-vis de la vaccination. Une crainte qui interpelle les autorités sur l’effort de sensibilisation :
Ex : « Je me suis vacciné et je regrette. J’ai peur de mourir et de laisser ma fille. S’il vous plait, vos prières pour que je guérisse ».
Ex : « Pour les gens qui se sont vaccinés au venin et qui veulent l’évacuer de leurs corps : Je recommande la Hijama et le jeûne, tout en suivant un régime alimentaire rigoureux à base d’antioxydants. »
Parfois, les inquiétudes exprimées concernent le pass-vaccinal en lui-même :
Ex : « Bonjour les frères, j’ai un problème. Je vais bientôt accoucher et j’ai peur qu’il m’interdisent l’accès à l’hôpital de l’État car je ne suis pas vaccinée et je ne compte pas me faire vacciner ».
Dans certains cas, extrêmes mais minoritaires, l’on repère des contenus à caractère subversif, s'attaquant aux forces de l’ordre ou plus généralement au « régime ». Des cas que l’on retrouve, surtout, dans des commentaires, avec une partie probablement nourrie par de faux comptes.
Sur les groupes comme lors des manifestations, des slogans généraux viennent, souvent, s’adjoindre aux contenus liés au pass ou à la vaccination (« Liberté, dignité, justice sociale », « Non à l’augmentation des prix », « non à la hogra »).
Manifester, boycotter, signaler
Le rejet des mesures sanitaires est couplé à des appels aux protestations. Aux rassemblements publics, s’ajoutent des propositions, de plus en plus, récurrentes de boycott.
Dans la liste des produits ciblés, on retrouve ceux déjà concernés, lors de la grande campagne de 2017 (Afriquia, Danone). S’y sont ajoutés des médias publics (2M, SNRT), accusées d’avoir, délibérément, ignoré les dernières protestations.
On appelle, également, à boycotter les supermarchés, les transports publics, les restaurants et cafés ainsi que tout « établissement qui réclame le pass ».
Des personnalités des médias, des réseaux sociaux, des youtubeurs sont, également, pris pour cibles, avec des propositions tendant à signaler massivement leurs pages.
La bronca vise, aussi, des hommes politiques en poste au gouvernement actuel. On cite l’exemple du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch dont on voudrait « refaire l’éducation ». Ou encore celui du ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb. Le responsable marocain fait parfois l'objet de violentes publications. L'une d'elle évoque la nécessité de lui appliquer le "châtiment" (Al Qisas).
A contrario, d’autres personnalités se trouvent érigées en figures anti-vax. A commencer par Nabila Mounib, députée (PSU) interdite d’accès au Parlement car refusant de produire le document. Elle a pris, personnellement, part à une marche tenue le 31 octobre à Casablanca. Idem pour Mohamed Ziane (PMR), qui a multiplié les sorties médiatiques hostiles à la nouvelle mesure. Il a, également, été aperçu aux manifestations tenues dimanche à Rabat.
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