Vaccination anti-Covid: Un éclairage du Dr Benazzouz (ministère de la Santé)
Les conditions de conservation du vaccin, la troisième dose, les nouvelles catégories ciblées... le docteur Mohamed Benazzouz répond aux questions et aux craintes des internautes.
Le ministère de la Santé et de la protection sociale a organisé une session de questions réponses, diffusée en direct sur Facebook, avec le Dr Mohamed Benazzouz, responsable du programme national d’immunisation au ministère. En voici les éléments les plus importants.
- Question d’internaute : Pourquoi l'importation du vaccin Pfizer, qui n'était pas possible au début à cause des conditions de réfrigération, l'est-elle devenue par la suite ?
Réponse du Dr Mohamed Benazzouz : Effectivement, au démarrage de la fabrication du vaccin Pfizer, le stockage devait répondre à des conditions de réfrigération de -60°C. Mais quand l’utilisation du vaccin a commencé, il est apparu qu’une réfrigération entre 2°C et 8°C était suffisante pour une durée d'un mois de conservation. C’est cette méthode qui a été adoptée, que ce soit par les État-Unis ou l’Europe, et c’est la même que nous avons adoptée au Maroc.
- Quelles sont les conditions de conservation et de stockage durant toutes les étapes d’acheminement et de distribution du vaccin ?
-Nous nous préparons à l’avance pour chaque lot qui arrive, selon sa quantité en fournissant les camions de transport suffisants.
À l’aéroport, il y a un circuit spécial par lequel passe le vaccin, différent de celui des autres marchandises, de telle sorte que le travail soit facilité et accéléré pour les équipes qui sont en charge du transport et de la manutention.
Le vaccin arrive en premier lieu dans de grands sac réfrigérés, qui comprennent des boîtes munies d’appareils qui indiquent la date et l’heure à laquelle est sorti le vaccin de la chambre froide dans le pays d’origine, et la température qu’il y avait à ce moment-là.
Il y a, en plus de cela, un enregistrement de la température du vaccin pendant tout le trajet jusqu’à son arrivée à l'aéroport, où une équipe de techniciens et de pharmaciens s’assure sur place du changement de température pendant le trajet.
Ces sacs sont ensuite transportés dans des camions réfrigérés spécialement équipés pour permettre de suivre en temps réel la position GPS et la température du vaccin, jusqu’à sa réception dans le dépôt national à Casablanca.
L’opération de distribution du vaccin dans les différentes provinces du Royaume se passe de la même façon, avec des moyens qui permettent de suivre la température du vaccin durant toutes les étapes, de sa sortie du dépôt national de Casablanca jusqu’à son arrivée dans le centre de vaccination.
Nous avons au ministère un tableau de bord qui permet de suivre la température de tous les réfrigérateurs. S’il y a un souci, une alerte est transmise tout de suite aux équipes spécialisées pour intervenir.
- Est-il important de varier le type de vaccin lors de la troisième dose ?
-Les études ont démontré que lorsqu’on varie le type de vaccin entre les deux premières doses et la troisième, les anticorps se développent de manière plus importante.
Il est donc préférable que la troisième dose soit d’une autre marque ou d’un autre type, car cela permet de renforcer la mémoire immunitaire. Au Maroc, les vaccins qui ont été adoptés pour la troisième dose sont ceux de Sinopharm et de Pfizer.
La vaccination par la troisième dose reste importante, parce qu’il a été prouvé que les vaccins perdent de leur efficacité à partir du 4e et 5e mois. C’est-à-dire que la probabilité que la personne vaccinée et contaminée par le virus soit hospitalisée augmente après un certain temps.
- Le vaccin Covid deviendra-t-il saisonnier comme pour la grippe ?
-La troisième dose n’était pas prévue au départ, mais ce sont les données scientifiques recueillies du terrain, à l’échelle mondiale, qui ont poussé le Maroc à l’adopter.
A ce jour, il n’ y a pas assez d’éléments pour pouvoir répondre à votre question. Pour l’instant, aucun pays au monde n’a adopté une quatrième dose, mais on ne sait pas ce qui sera décidé à l'avenir.
- Quelle est la différence entre la personne vaccinée et non vaccinée dans la propagation du virus ?
-Il est vrai que la personne vaccinée peut porter et propager le virus, mais elle le fait avec une quantité et dans une durée beaucoup moins importante que la personne non vaccinée.
D’autant plus que l’infection sera moins grave pour la personne vaccinée que pour celle qui ne l’est pas.
- Qu’est-ce qui a poussé à vacciner les enfants de plus de 12 ans, alors qu'au début de la pandémie on disait qu'ils seraient épargnés ?
-Ce qui a poussé à vacciner les enfants, c’est essentiellement l’avènement du variant Delta qui touche les enfants et se propage à plus grande vitesse. Il s'agit donc de protéger les enfants et de limiter la propagation du virus, pour permettre le retour à l’école, car on a vu que l’enseignement à distance avait ses limites.
- Pourquoi vacciner les allergiques ?
-Il y a deux formes d’allergies, premièrement les hypersensibilités à des composants du vaccin. Ceux-là ne vont pas avoir de vaccin et un pass vaccinal leur sera octroyé sous condition de preuve médicale.
Puis il y a ceux qui ont des allergies alimentaires normales, ceux-là peuvent être vaccinés et entrent dans le cadre du nouveau programme de vaccination.
- Quels sont les effets secondaires du vaccin sur l'immunité ?
-Il n’y a pas de médicament sans effets secondaires. Les essais cliniques qui ont été faits ont démontré qu’il y avait assez de garanties pour considérer ces vaccins comme étant sécurisés.
Avec tous les vaccins qui existent depuis des décennies, on peut dire avec assurance qu’il n’y a aucun risque sur l’immunité à long terme des personnes vaccinées.
à lire aussi
Article : Peines alternatives : 926 amendes journalières prononcées, selon Abdellatif Ouahbi
Selon le bilan présenté par le ministre de la Justice, 926 amendes journalières ont été prononcées, 794 peines de travail d’intérêt général appliquées et 385 mesures de restriction de droits enregistrées, tandis que la surveillance électronique reste marginale avec 18 cas.
Article : Classement féminin FIFA : la sélection nationale progresse de 4 places
Avec trois victoires en matches amicaux, les Lionnes de l'Atlas améliorent leur score à un total de 1402,88 points, contre 1399,54 lors du classement précédent.
Article : Casablanca-Settat. Le modèle d’attractivité du poumon économique du Royaume touche-t-il à sa limite ?
Concentration des richesses, saturation foncière, essor rapide des périphéries et décrochage de certains territoires : une étude présentée le 20 avril 2026 met en évidence les déséquilibres croissants de la région et appelle à un basculement vers un modèle de développement plus équilibré et multipolaire. Détails.
Article : Seafood Expo Global : Rio de Oro change de cap et lance une offensive stratégique sur le marché marocain
À Barcelone, le groupe a dévoilé le rebranding de ses marques "Abha" et "Palomar", avec l’ambition de mieux segmenter son offre et capter une demande locale en forte évolution.
Article : Marine royale. Ce que cache réellement la piste des sous-marins sud-coréens
Face à la montée des tensions régionales et à l'importance vitale du Détroit de Gibraltar, le Maroc prépare-t-il sa mue sous-marine ? Si un document financier sud-coréen évoque l’horizon 2027 pour la vente de trois submersibles, la réalité des contrats de défense impose la prudence.
Article : SIAM 2026. Un rebond agricole tiré par la production et la croissance du PIB agricole
L’ouverture de la 18ᵉ édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) 2026 acte un net redressement de l’agriculture. Portée par un retour des pluies et des indicateurs en forte amélioration, la campagne 2025-2026 s’annonce sous de meilleurs auspices, avec une production céréalière attendue à 90 millions de quintaux et une hausse du PIB agricole estimée à 15%.