Rachid Guerraoui : créer une cryptomonnaie “verte” est possible
Rachid Guerraoui estime que la création d’une cryptomonnaie qui consommerait moins d’énergie par rapport au bitcoin, entre autres, est possible. Un projet de recherche dans ce sens est d’ailleurs en cours à l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).
Dans le cadre de la première édition de la Semaine de la science, organisée à l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir, Rachid Guerraoui, professeur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, a animé une première conférence intitulée "Démystifier le bitcoin", puis une seconde sous le thème "L’ère de l’internet", lors de laquelle il a décortiqué la notion d’intelligence artificielle et présenté les bienfaits, mais aussi les limites, d’internet.
Créer une cryptomonnaie "verte" est possible
Dans un entretien à Médias24, Rachid Guerraoui estime que "dans le futur, les cryptomonnaies feront sans aucun doute partie de nos portefeuilles". Concernant le Maroc, cet enseignant pense que "l’État devrait s’ouvrir aux technologies sous-jacentes aux bitcoins et les maîtriser pour être prêt le jour où il décidera de s’ouvrir aux cryptomonnaies".
Rachid Guerraoui a également rappelé, avant toute chose, la différence entre la cryptomonnaie et la monnaie virtuelle : la monnaie virtuelle désigne l’absence de billets de banque, tandis que la crypto-monnaie désigne à la fois l’absence de billets de banque et de la banque.
Suite à la crise financière de 2008, Rachid Guerraoui a aussi rappelé la publication de l’article de "Nakamoto", le créateur du bitcoin dont l’identité demeure inconnue à ce jour, dans lequel ce dernier conteste les banques et présente un algorithme. Nakamoto y déclare que 21 millions de bitcoins sont disponibles et que 19 millions ont déjà été gagnés ("mined"). Il en reste donc encore deux millions à l’heure actuelle.
"N’importe qui pouvait alors télécharger l’algorithme de Nakamoto et devenir banquier (miner)", a poursuivi Rachid Guerraoui. Un banquier, ou un "miner", désigne celui qui réussit à résoudre un problème algorithmique dans un processus ("mining") d’une durée de 10 minutes, gagnant de ce fait des bitcoins.
"Aujourd’hui, vu que le cours de bitcoin est élevé, on gagne environ 6,25 bitcoins par transaction. Ce chiffre est divisé par deux tout les quatre ans", déclare la même source. On précise que le cours du bitcoin était ce jour-là, jeudi 4 novembre 2021, de 66.000 dollars.
"Ceux qui tentent de devenir banquier insèrent dans leur ordinateur des fonctions randomisées, aléatoires, qui essaient de résoudre le problème et continuent d’essayer jusqu’à réussir. Ainsi, lorsque ces gens mettent en place des fermes d’ordinateurs pour résoudre ce problème et gagner des bitcoins, cela émet de la chaleur. C'est pour cette raison que l’on dit que le bitcoin consomme énormément d’énergie", fait savoir Rachid Guerraoui.
"Aujourd’hui, l’énergie déployée pour devenir LE banquier, soit le gagnant (de 6,25 bitcoins), équivaut à l’énergie utilisée par tout un pays industrialisé comme le Danemark ou la Suède", ajoute-t-il.
Comment créer une cryptomonnaie sans devoir résoudre un problème pour avoir un consensus ? Rachid Guerraoui montre qu’il faut passer au principe du "banquier qui gagne" à celui de la "discussion démocratique", qui doit permettre de faire le suivi des transactions en obtenant une cryptomonnaie et ce, sans devoir résoudre un problème algorithmique.
Il a annoncé qu’un projet de recherche est en cours à l’UM6P pour étudier cette possibilité. Il s’agirait donc d’une cryptomonnaie "verte", qui "consommerait beaucoup moins d’énergie", précise l’enseignant.
"Lire sur internet devrait être enseigné dans nos écoles"
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