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TOURISME

Tourisme : Fatim-Zahra Ammor répond aux critiques des opérateurs

Lors d’une réunion tenue mardi 9 novembre avec la commission des secteurs productifs, la ministre du Tourisme a présenté son projet de budget 2022, qui a augmenté de 8% par rapport à celui de 2021. Plusieurs opérateurs ont estimé que cette hausse était insuffisante et que la situation allait s’aggraver. Fatim-Zahra Ammor nous confie que la reprise ne passera pas uniquement par une hausse de son budget.

Tourisme : Fatim-Zahra Ammor répond aux critiques des opérateurs
Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale et solidaire.
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Le 10 novembre 2021 à 17h32 | Modifié 10 novembre 2021 à 20h10

Pour sa première présentation devant la commission des secteurs productifs, la ministre du Tourisme a dévoilé le budget prévisionnel de son département et celui des institutions dont elle a la tutelle.

Un budget ministériel partagé entre hausse, stagnation et baisse

L’occasion pour Fatim-Zahra Ammor de mettre en avant l’augmentation de son budget, qui passera l’an prochain à 670 millions de dirhams dont 616,66 d'investissements et 63,14 de fonctionnement contre 626,59 en 2021, soit une croissance totale de +8%. Elle a insisté sur la hausse de 72% pour l’administration centrale, dont le budget s’élèvera à 107,67 MDH en 2022.

La ministre a également révélé une augmentation de 18% du budget de la Société marocaine des investissements touristiques (SMIT), soit 254,7 MDH en 2022 contre 214,7 MDH en 2021, une stagnation de l’enveloppe annuelle de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) à 300 MDH, et enfin une baisse de 65% des fonds publics alloués aux établissements de formation (17,43 MDH contre 49 en 2021).

« Des réponses financières décalées par rapport à la gravité de la situation »

Sollicités par Médias24 pour évaluer les moyens financiers qui seront alloués en 2022, plusieurs grands opérateurs ont tenu à préciser qu’ils ne remettaient pas en cause la bonne volonté de la ministre, avant de déplorer cependant la faiblesse du financement public face aux défis posés par la crise.

« Malheureusement, ce budget est à l'image de la loi de Finances et du programme ministériel qui reposent sur des visions dépassées qui ne prennent pas en compte la gravité de la situation vécue par le secteur.

Sachant qu’il ne contient aucun élément stratégique pour relancer la machine, ce budget aurait pu être concocté dans les années qui ont précédé la crise que cela n'aurait absolument rien changé pour la profession », regrette notre source qui fait partie des grands acteurs de l’hôtellerie marocaine.

« Un plan ministériel qui pèche par son manque d’ambition »

À la question ayant trait à la nécessité d'une augmentation budgétaire beaucoup plus importante, notre interlocuteur nous a confirmé l’extrême urgence d’un plan audacieux et offensif, avec de gros moyens financiers qui permettraient de retrouver au plus vite les très nombreux emplois perdus durant la crise.

« Une hausse d’au moins 20% du budget du département ministériel du tourisme aurait certainement permis de limiter la casse actuelle et de récupérer les parts de marché perdues à l’international.

"Au lieu de quoi, on propose de geler l’augmentation du budget de promotion de l’ONMT, ce qui dénote un véritable manque d'ambition et de réactivité », dénonce notre interlocuteur qui invite les acteurs publics à venir visiter les hôtels vides pour constater la triste réalité du secteur.

« Extrême-urgence d’un plan Marshall »

« En réalité, nous avons besoin d’avoir un plan qui répondra à deux questions simples, à savoir comment sauver ce qui peut l'être et comment provoquer une véritable reprise d'activité, car une fois encore, ce qui a été proposé par la ministre aurait pu l'être en 2017 ou 2018.

"Au final, ce plan manque d'ambition et de moyens financiers ; ils ne sont pas du tout à la hauteur de notre réalité qui a besoin urgemment d'un vrai plan Marshall, alors qu'on lui propose un simple ectoplasme qui ne fera qu’aggraver la situation du secteur", conclut, pessimiste, notre opérateur.

« Le budget est une infime partie de nos investissements »

Face à ces critiques, la ministre du tourisme contactée par Médias24, a d’abord reconnu que son budget n’allait pas beaucoup augmenter en 2022. Mais elle a quand même tenu à préciser que le rôle de son département était surtout d’impulser une dynamique positive au secteur, qui lui permettra de s’inscrire dans une reprise.

« Pour cela, l’idée est de trouver des partenaires; et c’est ce que nous faisons, notamment via la SMIT, pour établir des partenariats avec des régions comme celles de Casablanca ou Souss Massa, le fonds Mohammed VI, sans compter ceux avec des acteurs internationaux de premier plan.

"Tout cela pour dire que le budget alloué au ministère n'est qu'une infime partie de ce que nous investissons dans le secteur.

"Par conséquent, il faut que les opérateurs comprennent qu’il ne s'agit pas de se contenter d’injecter de l’argent et qu’il y a aussi une réflexion à mener pour le dépenser intelligemment », nous a expliqué la ministre qui, il faut le reconnaître, se montre tout à fait réactive avec la presse pour répondre aux problématiques sectorielles d'actualité.

« La reprise passera aussi par une restructuration du secteur »

« Ainsi, la relance du secteur touristique ne passera pas uniquement par les dépenses, mais également par une restructuration et un repositionnement de certains produits sur lesquels nous allons beaucoup travailler.

"En effet, la destination Maroc mérite une réflexion. Car, aujourd’hui, la situation constitue justement une bonne occasion pour nous repositionner sur un certain nombre de marchés comme l’écotourisme qui se développe à vitesse grand V dans le monde, ou alors le tourisme culturel qui peut encore se développer. »

« Des hausses et des baisses budgétaires d'établissements sous tutelle qui se justifient »

Interrogée sur la hausse budgétaire accordée à la SMIT (+18%), alors que l’ONMT n’a obtenu aucune augmentation, la ministre a expliqué que cette stagnation était simplement due au fait que l’office n’avait pas vraiment communiqué en 2020 et 2021 et que, par conséquent, il n’avait pas tout dépensé tout son budget.

Concernant la baisse importante des fonds alloués aux établissements de formation aux métiers du tourisme (17 MDH en 2022 contre 49 MDH en 2021), Ammor a apporté une réponse tout aussi convaincante en révélant qu’ils étaient passés sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale.

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Le 10 novembre 2021 à 17h32

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