Enseignement : la méthode Benmoussa pour la relance du dialogue avec les syndicats
Le nouveau ministre de l’Éducation nationale relance le dialogue avec les syndicats les plus représentatifs du secteur, après un temps d’arrêt de près de deux ans sous l’ère de son prédécesseur, Saïd Amzazi. Son objectif : mettre fin à une époque de division et d’opposition sur des sujets importants concernant plusieurs catégories d’enseignants.
Chakib Benmoussa s’est réuni, mardi 16 novembre, avec les cinq syndicats les plus représentatifs du secteur de l’enseignement. Il s’agit de la FNE, la FDT, l’UGTM, la CDT et l’UMT. Cette première rencontre intervient après une précédente prise de contact effectuée le 15 octobre dernier.
"La nouveauté, c’est la présence des cinq syndicats durant une même réunion avec le nouveau ministre. Le 15 octobre dernier, M. Benmoussa nous avait accueillis séparément", apprend Médias24 auprès de Abderrazak El Idrissi, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE). Chaque syndicat était représenté par deux personnes en plus du staff du ministère.
Une source au sein du ministère nous confie qu’aucun représentant de la Coordination des ex-contractuels n’était présent. "La rencontre tenue hier était institutionnelle, et seuls les syndicats représentatifs y ont assisté. On ne peut pas accueillir tous les syndicats. Il y a une loi qui régit le dialogue central et le dialogue sectoriel ; c’est la représentativité des syndicats, qui prend notamment en compte le nombre de sièges à l’issue d’élections. Aujourd’hui, les cinq syndicats représentatifs du secteur sont ceux qui étaient présents lors de cette réunion, mais le sujet des ex-contractuels est sur la table et sera bien évidemment abordé."
Une feuille de route pour établir un plan de travail clair
La rencontre tenue mardi avait pour objectif de discuter de la mise en place d’une feuille de route commune, pour réaliser l’objectif d’une renaissance éducative, s’articulant autour de la qualité de l’enseignement d’une part, de l’amélioration de la situation des différentes catégories d’enseignants d’autre part, et d’une gouvernance rationnelle.
"L’objectif premier de cette feuille de route est d’élaborer un plan de travail commun entre le ministère, la direction et les syndicats", poursuit notre interlocuteur au ministère.
"Quand on parle de plan de travail, on fait notamment allusion aux axes qui seront abordés lors de chaque réunion avec les syndicats, le nombre de réunions qui seront tenues, ainsi que la programmation de celles-ci. Il s’agit donc d’un programme clair, pour pouvoir avancer dans la réforme du système éducatif et régler tous les dossiers revendicatifs" nous explique-t-on.
Selon les explications du ministère de l'éducation, "cette feuille de route permettra également d’identifier les dossiers urgents, qui doivent être réglés à court terme, et ceux qui prendront du temps et nécessiteront entre une et deux années de travail. Ceux-ci seront donc réglés sur le moyen terme".
"Notre objectif est que les citoyens remarquent un changement, notamment en termes de qualité d’apprentissage. Ce changement ne peut intervenir d’un jour à l’autre, mais se fera de manière graduelle", poursuit notre source.
Ce qu'entreprend donc Chakib Benmoussa et son équipe, c'est d'abord d'asseoir une nouvelle méthodologie de travail. "Nous n’avons jamais eu une feuille de route précise et claire. De nombreux dossiers étaient sur la table lors de chaque réunion. À présent, nous voulons éviter les erreurs du passé et tout ce qui peut impacter le dialogue entre les deux parties", assure notre interlocuteur.
Implication des syndicats
Benmoussa veut également que cette nouvelle feuille de route soit "réalisée conjointement par les responsables du ministère et les représentants des cinq syndicats". Une commission technique, composée du directeur des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale et d’un représentant de chaque syndicat, se réunira ce vendredi 19 novembre, pour préparer la rencontre de la commission supérieure prévue mardi 23 novembre prochain, qui sera présidée par le ministre Benmoussa.
Au cours de cette réunion préparatoire, "nous allons préparer une méthodologie de travail, mais aussi identifier les dossiers qui doivent être traités à court terme", nous explique-t-on.
Notre source précise toutefois que, jusqu’à présent, aucun ordre de priorité n’a été établi pour l’examen des différents dossiers. "Cette priorité sera décidée conjointement avec les syndicats, dans le cadre d’une approche participative."
Le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) estime quant à lui que la réunion de ce vendredi sera l’occasion d’aborder toutes les revendications. "Par ailleurs, nous ne souhaitons pas repartir de zéro. Certes, un nouveau ministre est à la tête du secteur, mais l’administration n’a pas changé. Nous souhaitons poursuivre sur les accords établis sous l’ère des anciens ministres, pour pouvoir avancer rapidement".
Le président de la FNE nous apprend par ailleurs qu’une "circulaire du ministère de l’Éducation nationale, élaborée conjointement avec les cinq syndicats lorsque Mohamed Hassad était à la tête du ministère, et qui régit la méthodologie de travail entre les deux parties, existe déjà. Nous avons demandé à ce qu’elle soit consultée par le nouveau ministre, pour y apporter les modifications nécessaires, mais je crois qu’il optera pour une nouvelle feuille de route, ce qui est tout à fait légitime".
Un nouveau statut fondamental ou des décrets rectificatifs ?
Le ministère est catégorique. "Notre objectif, à travers la réforme du secteur de l’enseignement, est bien évidemment de régler la situation des enseignants, mais en contrepartie, ces derniers doivent améliorer leurs performances. Nous devons nous intéresser aux ressources humaines du secteur, mais d’un autre côté, nous avons près de 23 millions de personnes liées de près ou de loin à ce domaine, notamment les élèves et leurs parents", nous explique notre source.
Pour ce faire, "le statut fondamental du secteur doit être revu. Un nouveau statut doit être élaboré, qui prenne en considération toutes les catégories d’enseignants. Le statut actuel date de 2003 et nous sommes en 2021, soit 18 ans d’écart. Les choses changent, l’école évolue, ainsi que les revendications des fonctionnaires. Il est tout à fait normal que ce statut accompagne ces changements", argumente-t-elle
Et d'ajouter, "ce nouveau document doit notamment comprendre la formation continue des enseignants et un code d’éthique de l’éducation et de la formation, mais aussi revoir la formation de base pour l’accès au métier d’enseignant et l’évaluation des performances. On reste toutefois ouvert à toutes les propositions, qui seront discutées conjointement avec les syndicats".
"Le nouveau statut doit prendre en compte les revendications des différentes catégories d’enseignants", insiste notre source au ministère, "d’autant que le nombre de fonctionnaires du secteur s’élève à près de 316.000 personnes. Nous avons donc besoin d’une approche globale, avec un texte global."
Le secrétaire général de la FNE estime pour sa part que les deux solutions peuvent être envisagées. "On peut opter pour un nouveau statut fondamental global, mais aussi pour la publication de décrets rectificatifs concernant les différentes catégories".
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