À Casablanca, une qualité environnementale médiocre dans 9 communes (étude)
Seules trois communes disposent d’une bonne qualité environnementale urbaine, alors qu'elle est modérée ou médiocre dans les autres communes de la métropole. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Université Mohammed VI polytechnique. Détails.
Intitulée "Assessment of urban environmental quality : a case study of Casablanca, Morocco", l’étude, mise en ligne avant une éventuelle publication finale, en ce mois de janvier 2022, analyse la qualité de l’environnement urbain dans la ville de Casablanca, en s’appuyant sur cinq indicateurs. Il s'agit des indices de surfaces imperméables (surfaces en béton, notamment les bâtiments, les routes et les parkings), de l’eau et de la construction, ainsi que deux autres relatifs à la végétation.
Pour décrire la qualité de l’environnement urbain, les résultats obtenus par l'étude ont été divisés en trois principales catégories : une qualité médiocre, modérée ou bonne.
Un environnement urbain de bonne qualité à Anfa, Aïn Chock et Hay Hassani
Étendue sur près de 14 km, Casablanca, qui comprend 17 communes, est le principal centre urbain du Royaume. La ville abrite 12,6% de la population marocaine. En termes d’évolution démographique, elle est considérée comme étant la ville la plus dynamique du Maroc.
L’étude menée par les cinq chercheurs de l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) démontre que la qualité de l’environnement urbain est "insuffisante" dans plus de la moitié des communes casablancaises, qui constituent 25% du territoire urbain. Celle-ci n’est bonne que dans trois communes, qui représentent 44% des aires urbaines. Il s’agit d’Anfa, Ain Chock et Hay Hassani.
"Ces communes, qui se trouvent dans des zones marquées par la prédominance des parcs et zones villas, se caractérisent par une faible densité résidentielle (inférieure à 115 habitants par hectare) et des espaces verts plus importants, en particulier la commune d’Anfa, qui dispose d’une bonne conception urbaine et un niveau socio-économique élevé", relève l'étude.
Qualité médiocre dans 9 communes casablancaises
En revanche, la qualité de l’environnement urbain reste "insuffisante" dans les 14 autres communes de la ville.
Dans le détail, l’étude démontre que les indices relatifs à la végétation et aux surfaces imperméables sont élevés dans les parties nord et est de Casablanca, notamment :
- dans la zone du port, au niveau de la commune de Sidi Belyout ;
- dans les zones industrielles qui se trouvent au niveau des communes de Sidi Othmane, Ain Sebaâ et Sidi Bernoussi ;
- au centre de la ville, soit les communes de Ben M’sik, Al Fida et Mers Sultan.
Elle montre également que dans les 9 communes situées au centre et au nord de la ville, la qualité de l’environnement urbain est médiocre. Il s’agit de Ben M’sik, Al Fida, Sidi Othmane, Mechouar, Mers Sultan, Hay Mohammadi, Roches Noires, Sidi Belyout et Ain Sebaâ.
Celles-ci sont considérées comme les zones les plus peuplées de la métropole, car disposant d’une forte densité résidentielle estimée entre 350 et 424 habitants/ha, et caractérisée par l’existence de zones industrielles et commerciales.
La qualité de l’environnement urbain est par ailleurs modérée dans les communes de Maârif, Sidi Bernoussi, Sidi Moumen, Sbata et Moulay Rachid.
La carte ci-dessous montre la répartition des 17 communes de Casablanca selon la qualité de leur environnement urbain.
Voici à quoi correspondent les numéros affichés sur la carte ci-dessus.
Des résultats à prendre en considération pour une meilleure gestion urbaine dans le futur
L’urbanisation est l’un des défis majeurs dans différents pays. Selon plusieurs études, d’ici 2050, la majeure partie de la population mondiale vivra dans les villes ; une explosion démographique qui conduira à un développement urbain important, à même de nuire à la qualité de l’environnement.
Selon la présente étude, "en 2018, 55,3% de la population mondiale vivait déjà dans des zones urbaines, une proportion qui devrait passer à 60% d’ici 2030. Ce chiffre s’établit actuellement à 50% en Afrique, et à 60% au Maroc, contre 35% en 1970. En 2050, près des trois quarts de la population marocaine vivront en ville".
"Cette révolution a induit de graves problèmes environnementaux, notamment l’augmentation des surfaces imperméables, ainsi que de la demande énergétique, de la pollution de l’eau et de l’air, mais aussi du traitement des déchets. Elle a également induit la dégradation de la végétation et des espaces naturels."
Les résultats de cette étude démontrent que "la conception urbaine est un facteur essentiel de la qualité environnementale urbaine. Les autorités et les planificateurs devront ainsi intégrer, dans le futur, de nouvelles politiques, qui approuvent le développement durable et la croissance intelligente, en prévision des inconvénients de l’urbanisation, afin d’améliorer la qualité de l’environnement urbain au Maroc".
Ces résultats gagneraient à être pris en considération pour une meilleure gestion de la ville de Casablanca dans le futur.
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