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CULTURE

Mohamed Mehdi Bensaid : ce que va changer la création du label Maroc

Au surlendemain de la signature d’une décision visant à labelliser le patrimoine national, le ministre de la Culture revient pour Médias24 sur l’utilité d'une certification qui permettra d’éviter toute tentative d’appropriation des savoir-faire immatériels du Maroc.

Mohamed Mehdi Bensaid : ce que va changer la création du label Maroc
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Le 20 avril 2022 à 16h23 | Modifié 21 avril 2022 à 8h48

Tout juste nommé, le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication avait initié un recensement du patrimoine immatériel marocain qui a abouti, le lundi 18 avril, à la signature d’une décision ministérielle visant à labelliser le patrimoine national, en attendant de finaliser le décret s'y rapportant.

Moroccan Heritage va lister tous les patrimoines immatériels du pays

Mohamed Mehdi Bensaïd indique que le véritable objectif du Label Maroc était de protéger le riche patrimoine immatériel national des convoitises de certains pays, sans les nommer.

"S’il existe déjà d’autres labels pour protéger la partie commerciale de l’artisanat marocain, nous avons décidé de tous les regrouper sous le nom de Moroccan Heritage qui intégrera au fur et à mesure un listing composé de tous les types de patrimoine immatériel qui n’étaient pas répertoriés jusqu’ici."

"Des savoir-faire qui englobent les volets culinaire, de l’habillement, artisanal, musical… de notre richesse immatérielle principalement, sachant que notre patrimoine matériel est déjà connu et reconnu à l’international", nous explique le ministre en donnant un exemple précis d’appropriation étrangère.

Le label Maroc et les savoir faire qui s'y rapportent est destiné à être déposé non seulement au Maroc, mais également à l'international (Genève et Addis Abeba).

Le Label Maroc va générer des royalties

"Actuellement, une société étrangère commercialise à l’insu du Maroc des produits sous le faux nom de Zelliges de Fès alors qu’elle n’a pas le droit d’utiliser cette terminologie. Idem pour certaines entreprises en Europe qui vendent des produits intitulés à tort Couscous du Maroc, sans aucune autorisation."

"Grâce au dépôt de notre label, ce type d’appropriation, ou plus exactement d’usurpation commerciale d’identité, ne pourra plus avoir lieu à l’avenir sans paiement préalable de taxes d’utilisation à l’OMPIC. Ainsi, notre département a été contacté par une grande marque de bijoux européens pour utiliser le nom de la parure de Bizmoune vieille de 150.000 ans, qui a été découverte l’année dernière à Essaouira."

"Cet exemple montre qu’en dehors de la protection morale due à notre patrimoine historique, le Maroc pourra également retirer des recettes financières de l’utilisation du nom de ses produits ou savoir-faire", se réjouit Bensaïd. Il évoque un potentiel de royalties très important, qui ne fera l’objet d’une estimation qu'une fois répertorié l’essentiel des patrimoines immatériels du Maroc.

Un listing actuel d'une centaine de savoir-faire 

Au regard de la richesse quasi infinie du patrimoine immatériel de la culture millénaire du Maroc, le ministre avance que le travail pour répertorier ses savoir-faire sera très long, car nombre d’entre eux n’ont pas encore été formellement identifiés.

"Notre listing, qui compte pour l’instant une centaine de savoir-faire, est amené à évoluer en permanence en fonction des découvertes futures qui seront déposées."

"En réalité, le Label Maroc s’inscrit dans une stratégie globale qui vise à faire de la culture une véritable industrie internationale, avec ses composantes historiques, morales, commerciales…", conclut Bensaïd. Il ajoute que l’utilisation des nombreux savoir-faire et des coutumes du Maroc, fruit d’une réalité historique millénaire, aura à l’avenir un prix pour les utilisateurs étrangers.

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Le 20 avril 2022 à 16h23

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