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Comment l’INRH surveille la salubrité des huîtres et coquillages

Les zones conchylicoles du Maroc sont sujettes à une surveillance fréquente, qui permet de définir leur classification et l’état de salubrité des produits qui y sont collectés. Le directeur du département de surveillance et de salubrité de l’Institut national de recherche halieutique nous en détaille le processus.

Comment l’INRH surveille la salubrité des huîtres et coquillages
Chady Chaabi
Le 11 mai 2022 à 15h20 | Modifié 11 mai 2022 à 15h41

Une intoxication aux coquillages n’est pas sans conséquences sur la santé. Elle peut être à l’origine de diarrhées, de maux de tête ou pis, d’une perturbation de la motricité. La surveillance de la salubrité de ce produit de la mer est à l’évidence un enjeu de santé publique.

La qualité sanitaire d’une zone maritime de production conchylicole est évaluée périodiquement à travers des mesures des polluants chimiques et microbiologiques, ainsi que par l’identification des espèces de phytoplancton toxique et des biotoxines marines.

L’Institut national de recherche halieutique (INRH) en est le garant. "C’est un processus fréquent, réglementé et rigoureux", avance Samir Benbrahim, directeur du département de surveillance et de salubrité à l’INRH, joint par Médias24.

La fréquence des prélèvements des trois toxines aux seuils réglementés (amnésiante, paralysante et diarrhéique) est d’une semaine "car elles apparaissent et disparaissent rapidement dans l’environnement sans distinction entre les régions", explique Samir Benbrahim.

D’après ce docteur en chimie de l’eau et de l’environnement, "les contaminants biologiques comme les bactéries font l’objet de prélèvements mensuels, alors que les contaminants chimiques et anthropiques, qui ne disparaissent pas rapidement, ont une fréquence de prélèvement de trois mois".

Une soixantaine de points d’échantillonnage sont installés tout le long des côtes marocaines afin d’effectuer des prélèvements dans les 35 zones maritimes de production conchylicole, classifiées en quatre zones : A, B, C et D.

Un système de classification évolutif

"Les produits collectés à partir de la zone A peuvent être vendus ou stockés dans un centre de conditionnement pour éviter leur dégradation", précise Samir Benbrahim.

Au total, 16 établissements de conditionnement et de purification de mollusques sont agréés par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), dont la majorité se trouvent à Dakhla (5) et à l’Oualidia (5). Des villes halieutiques en puissance.

Les produits ramassés à partir des zones classées B ne sont commercialisés qu’après un traitement (2 à 4 jours) dans une station de purification. "En revanche, les coquillages de la zone C et D sont impropres à la consommation", tranche notre interlocuteur.

"C’est le cas notamment des zones côtières qui bordent les grandes agglomérations, comme l’ensemble des coquillages de Casablanca qui est classée en zone D à cause de la pollution anthropique", souligne Samir Benbrahim.

Cette classification n’est pas gravée dans le marbre. Elle est évolutive. "Chaque fin d’année, nous faisons un point afin de déterminer si les zones classées A ont conservé les mêmes spécificités. Autrement, elles sont déclassées en zone B".

En revanche, pour reclasser une zone B en A ou une zone C en B, "il faut que les seuils de salubrité soient convaincants pendant trois ans".

Quand et comment est lancée l’alerte 

Si l’analyse des prélèvements met en évidence des seuils anormaux faisant planer un risque pour le consommateur, l’INRH alerte dans l’heure le département de la Pêche pour une suspension des certificats de collecte.

Le ministère de tutelle se charge de diffuser l’information auprès du grand public mais aussi à la délégation régionale concernée.

Le 29 avril dernier, le département de la Pêche maritime a d’ailleurs décidé d’interdire le ramassage et la commercialisation des coquillages issus des zones conchylicoles de Cap Beddouza, Sidi Daoud et Jamâa Ghanem-dar Lhamra. En cause, des teneurs anormales de biotoxines marines.

Ces dernières années, l’INRH a constaté une augmentation des interdictions dans certaines zones. "En Méditerranée, nous avons observé la présence constante d’une toxine paralysante dans les coquillages comme la coque rouge et le vernis", révèle Samir Benbrahim. "Mais ce n’est pas pour autant que cette toxine dépasse toujours le seuil de tolérance", nuance-t-il.

Les contaminants toxiques, chimiques et biologiques sont souvent à l’origine des interdictions de collecte et de commercialisation. "Mais parfois, les conditions météorologiques en mer ne permettent pas de procéder à des prélèvements."

"Dans le doute, on décide d’interdire la collecte et la commercialisation des produits d’une zone pour minimiser les risques", conclut le chef du département de surveillance et de salubrité à l’INRH.

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Chady Chaabi
Le 11 mai 2022 à 15h20

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