Selon l'UpM, le Maroc a fait des progrès en matière d'emploi, d’affaires sociales et d’inclusion
Le Maroc et d’autres pays méditerranéens ont participé à un exercice d’observation des progrès réalisés en matière de création d’emplois, d’affaires sociales et d’inclusion économique. Les conclusions de ce projet, initié par l’Union pour la Méditerranée, ont été présentées lors de la 5e conférence ministérielle de cette dernière.
Aux côtés de pays africains (Tunisie, Algérie), asiatiques (Turquie et Palestine) et européens (Monténégro, Espagne, France, Malte, Portugal), le Maroc s’est porté volontaire pour participer à cette opération de suivi et d’observation axée sur :
- la création d’emplois et l’esprit entrepreneurial ;
- le dialogue social ;
- la participation des jeunes, des femmes et des migrants au marché du travail ;
- le développement de compétences à travers la formation professionnelle.
"Ce monitoring n’a pas pour objectif d’analyser les performances des pays impliqués, mais plutôt d’observer l’évolution dans les domaines identifiés par la dernière déclaration ministérielle de l’UpM", a précisé Xavier Matheu, chef du département "Connaissance" de la Fondation européenne pour la formation (FEF).
Ce dernier a exposé les résultats de cet exercice de suivi, dont les travaux ont duré un an, en présence de Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, lors du panel consacré à "la reprise inclusive", au cours de la 5e conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée (UpM) qui se tient à Marrakech.
En dépit d’une bonne dynamique de groupe entre les pays volontaires, "la coopération interinstitutionnelle et nationale a constitué un obstacle qui a entraîné des processus plus longs de collecte et de validation des informations", a regretté Xavier Matheu.
Dans l’ensemble, les conclusions du rapport, élaboré conjointement par l’UpM et la FEF, confirment les progrès du Maroc en matière de programmes visant à développer l’esprit d’entrepreneuriat, le dialogue social et l’instauration de mesures politiques pour l’anticipation des compétences futures.
Un dialogue social et des programmes pour développer l’esprit d’entreprise
Le premier pilier du cadre de suivi de l’UpM s’est attaché à observer les processus de création d’emplois de meilleure qualité et l’esprit entrepreneurial dans les pays volontaires.
"Tous les pays participants ont des programmes financiers ou non financiers pour les start-up et l’entrepreneuriat, ainsi que des programmes de soutien ou de réinsertion des chômeurs", a confirmé Xavier Matheu.
En ce sens, Younes Sekkouri a mis en lumière les programmes "Forsa" et "Awrach" pour valoriser l’implication du Maroc dans le processus de création d’emplois précité.
En parallèle, le rapport souligne le cadre de structures permanentes de dialogue social et celui juridique pour la négociation collective dont dispose le Maroc, à l’instar de l’ensemble des pays participant à ce cadre de suivi. "Ce point est symbolisé par les mécanismes participatifs destinés à consulter les organisations de la société civile dans les processus officiels liés aux politiques de l’emploi et du travail, avec un soutien financier en particulier au Maroc et en Espagne", a assuré Xavier Matheu.
Un marché du travail plus inclusif
La participation des jeunes, des femmes et des migrants au marché du travail est diversement appréciée dans le rapport sur l’exercice de suivi. En termes de participation des jeunes, le document relève une diversité des politiques et des actions en faveur de la jeunesse dans le Royaume.
Concernant la participation des femmes marocaines au marché du travail, si Younes Sekkouri a récemment assuré que le télétravail était une piste pour augmenter leur taux d’activité, le rapport, lui, déplore une absence de réglementation spécifique au télétravail dans le pays.
En outre, des disparités salariales ont été relevées au Maroc. Une problématique déjà identifiée en 2020 dans un rapport d’activité de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), indiquant que 49% des femmes déclarées en 2019 percevaient moins que le Smig. Chez les hommes, ce taux s’élève à 43%.
S’agissant de l’inclusion des migrants dans le marché du travail, Xavier Matheu a affirmé que les pays du sud de la Méditerranée, dont le Maroc, évoluent de pays d’émigration en pays de transit et d’accueil pour les travailleurs immigrés et réfugiés.
Le rapport souligne également l’amélioration de la formation professionnelle dans le Royaume, illustrant l’intérêt croissant des pays volontaires à l’apprentissage visant à faciliter le développement personnel, la mobilité et la promotion professionnelle. "L’apprentissage à distance et la numérisation occupent une place de plus en plus importante dans les agendas nationaux, afin d’adapter les systèmes de compétences aux transformations technologiques et non technologiques", indique le rapport.
Le Maroc fait d’ailleurs partie des rares pays volontaires disposant de mesures politiques pour l’anticipation des compétences futures, soutenues par une révision continue des filières et des qualifications de la formation professionnelle.
A la lumière de l’ensemble de ces éléments, le rapport suggère quelques pistes en faveur d’une croissance durable et inclusive : des horaires de travail décents et la généralisation de la protection sociale, ainsi qu’un environnement favorable à la création et à la formalisation des emplois.
Le renforcement de l’autonomie des femmes sera également observé lors du nouveau processus de monitoring qui sera bientôt lancé.
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