Comment organiser une collecte de sang au sein de son organisation
Deux responsables du Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat expliquent les démarches à effectuer pour organiser une collecte de sang au sein d’une entreprise, d’un établissement scolaire ou d’une association.
Pour accueillir une collecte de sang au sein de son organisation (entreprise, établissement scolaire, banque, association), il faut coordonner l'opération avec le Centre régional de transfusion sanguine (CRTS) relevant de la région où se trouve la structure concernée.
Zoom sur la démarche
Dans le cas où l’organisme en question est conventionné avec le CRTS, la démarche pour organiser une collecte de sang est simple. En effet, un calendrier annuel est fixé entre les deux parties pour prévoir un certain nombre de collectes par an, nous explique le Dr Amel Darid, directrice générale du CRTS de Casablanca-Settat. A l’approche de la date fixée, le Centre régional de transfusion sanguine relance les organismes pour confirmer la tenue de l’opération.
Les conventions sont tripartites. Elles sont conclues entre l’organisme concerné, le CRTS de la région et la direction régionale de la Santé, précise notre interlocutrice.
Pour les organismes non conventionnés avec ces centres régionaux de transfusion sanguine, il est nécessaire de joindre le CRTS (par mail ou par téléphone) qui, à son tour, donne un pré-accord. Concernant les associations non conventionnées, en plus d’une coordination avec le CRTS, une communication avec les autorités locales est également exigée, indique le Dr Amel Darid.
La confirmation finale s’effectue lorsque l’équipe responsable de la promotion et des groupes mobiles (relevant du CRTS) se rend dans les locaux de ces organismes et les valide.
De plus, le local où sont prévus les prélèvements doit respecter un certain nombre de critères. Il doit être spacieux et conforme aux exigences sanitaires liées à la Covid-19, en plus d’être aéré, lumineux et disposant d’accès sans escaliers.
Autre critère exigé : le nombre de donneurs doit être égal ou supérieur à 100 individus.
Pour Amina El Fadl, responsable de la coordination des collectes de sang au CRTS de Casablanca-Settat, une collecte à l’extérieur du centre requiert une forte mobilisation du personnel du CRTS et d’importants efforts d’organisation, autant de la part du centre que de la part de l’organisme partenaire. Elle n’est donc envisageable que si un nombre suffisant de collaborateurs est disposé à donner son sang. Amina El Fadl recommande de recourir préalablement à un sondage afin de recenser les donneurs qui prendront part à l’opération avant sa tenue éventuelle.
Une fois tous ces critères réunis, le CRTS donne son accord final aux organismes non conventionnés et fixe la date à laquelle l’opération se déroulera. Une équipe mobile composée d’un médecin, d’un(e) secrétaire et de trois à quatre infirmiers se déplace au sein de leurs locaux, explique Amina El Fadl.
Quant aux équipements, en fonction de l’effectif des donateurs, le CRTS mobilise des lits pliables. Chacun est équipé d’un agitateur, d’une soudeuse et d’une table pour recevoir une collation, reprend le Dr Amel Darid. Les équipements comprennent également le kit médical nécessaire au prélèvement sanguin, notamment les aiguilles, seringues et garrots médicaux.
Dans le cas où les critères susmentionnés ne seraient pas garantis, le CRTS appelle le personnel des organismes à donner leur sang directement au centre. Concernant le centre régional de Casablanca-Settat, des unités fixes y ont été mises en place pour faciliter le déplacement de donneurs résidant loin du centre et souhaitant tout de même donner leur sang.
Les difficultés rencontrées, en majorité d’ordre organisationnel
Les problèmes rencontrés dans le cadre des collectes de sang organisées à l’extérieur du centre sont principalement organisationnels. Selon Amina El Fadl, une mauvaise coordination entre les CRTS et les organismes partenaires peut entraver le bon déroulement de ces collectes ; par exemple le fait d’annuler ou de reporter là la dernière minute l’opération.
La gestion sur place, comme l’accueil et l’orientation des donneurs, font souvent défaut, constate le Dr Amel Darid. "Si l’organisme partenaire ne dispose pas du personnel nécessaire pour gérer l’opération et que le nombre de donneurs est très élevé, nous devons recourir au Croissant rouge", relève-t-elle.
Abstraction faite de ces difficultés, l’organisation de collectes de sang au sein d’un organisme est un acte d’intérêt public. Pour rappel, les réserves nationales de sang ne couvrent actuellement que quatre jours seulement, a déclaré, le 26 mai dernier, le porte-parole du gouvernement Mustapha Baitas. D’après les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le stock de sang devrait couvrir 7 jours minimum de consommation.
Selon le Dr Amel Darid, cette situation alarmante n’est pas uniquement le produit de la faible culture de don du sang au Maroc ; elle est aussi la conséquence d’un manque de personnel - médecins et infirmiers en premier lieu - apte à matérialiser ce genre d’actions.
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