Transport touristique : test PCR, hausses du crédit et du gasoil vont reporter la reprise à 2023
Depuis quatre mois, le secteur du transport touristique redémarre, mais il faudra attendre avril 2023 avant de retrouver le niveau d’activité pré-crise. En cause, la levée tardive du test PCR qui a freiné le retour des T.O. étrangers, le renchérissement du prix du gasoil et les dettes accumulées depuis mars 2019 qui empêchent un renouvellement rapide du parc de véhicules.
Alors que les arrivées étrangères ne cessent d’augmenter, le secteur du transport touristique, dont l’activité est tributaire des voyages organisés programmés par les tour-opérateurs, devra encore patienter près d’une année avant de retrouver l’ensemble de sa clientèle perdue depuis mars 2020.
75% des transporteurs touristiques profitent de la reprise
C’est du moins ce que nous indique Mohamed Bamansour, secrétaire général de la Fédération nationale du transport touristique du Maroc (FNTT), qui estime à 75% le pourcentage de véhicules touristiques qui profitent de la reprise.
Tout en se félicitant de ce retour au travail après deux années d’interruption quasi totale, le professionnel précise que le secteur n’a pas encore atteint le niveau d’activité de 2019.
C'est pourquoi, selon lui, la priorité des transporteurs est de reconstruire leurs réseaux de clients.
La levée tardive du test PCR a retardé le retour des T.O. étrangers
Pour cela, il leur faudra d’abord renouer des liens directs avec les tour-opérateurs étrangers, qui sont en mesure d'organiser des voyages de groupe avec des excursions à la mer, dans le désert ou à la montagne, qui nécessitent un transport en van ou en car.
Selon lui, l’absence d'un retour rapide des prescripteurs, qui leur envoyaient des groupes importants de touristes pour des circuits régionaux ou nationaux, s’explique par le fait que les T.O. leur auraient demandé, en vain, de prendre en charge le coût du test PCR pour chaque client transporté.
Devant l’incapacité des transporteurs à s’acquitter de cette charge prohibitive, les T.O. ont préféré geler les réservations jusqu’à la levée récente de cette obligation. Celle-ci devrait accélérer leur retour et permettre à 80% des 1.050 autocars de 50 passagers toujours à l’arrêt de reprendre une activité normale.
La sortie du tunnel prévue à la fin du premier trimestre 2023
Tout en reconnaissant que les réservations ne cessent d’augmenter, Bamansour avance qu’il faudra attendre juillet pour retrouver un niveau d’activité prometteur ; le maintien du test PCR, abandonné par de nombreuses destinations bien avant le Maroc, ayant retardé d’un trimestre le retour des prescripteurs.
« S’il est vrai qu’il y a de plus en plus de congrès, de tournages de films étrangers qui nécessitent des petits vans, le retour retardé des T.O., qui fournissent l’essentiel de la clientèle des autocars, ne permettra pas de retrouver le même niveau d’activité que 2019 avant avril 2023. » Le secrétaire général de la FNTT a ajouté que le manque de collaboration des organismes de crédit ne permettait pas de résoudre les problèmes de trésorerie des transporteurs.
Renchérissement du coût des crédits et du gasoil
« En effet, alors que la durée des crédits pour acheter un véhicule était de trois à quatre ans maximum, le manque de collaboration de certains organismes de crédit va nous obliger à payer les traites durant sept à huit années », déplore notre interlocuteur, pour qui cet allongement va empêcher de renouveler de sitôt le parc de véhicules.
A cette contrainte, notre interlocuteur ajoute que la hausse inédite du coût du gasoil, qui a fortement réduit les marges des transporteurs malgré l’aide mensuelle du gouvernement qui verse respectivement 1.000 et 2.800 dirhams aux propriétaires de vans et d’autocars, va certainement reporter la sortie de crise.
Selon lui, la seule solution au marasme qui semble s'éterniser serait que l’Etat fournisse des efforts supplémentaires en amnistiant les agios et les intérêts pour alléger la trésorerie des transporteurs, et leur permettre de retrouver une activité normale au plus tard en avril 2023.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.