“Al Jayl Al Akhdar”, stratégie des opérateurs huiliers pour renforcer la filière oléagineuse
L'Association professionnelle des fabricants d'huile au Maroc milite pour l'augmentation de la production nationale d’oléagineux afin de s’affranchir, en partie, des marchés extérieurs. La stratégie « Al Jayl Al Akhdar » sera la clé de voûte de cette ambition.
L’effet conjugué de la sécheresse, de la crise sanitaire et du conflit militaire en Ukraine « a eu un impact majeur sur l’approvisionnement en matières premières des fabricants d’huile », souligne un communiqué de l'Association professionnelle des fabricants d'huile au Maroc (APFHM).
Ces opérateurs huiliers sont dépendants du cours des matières premières à l’international, qui constituent plus des deux tiers du prix de revient de l’huile de table. L’augmentation des prix du tournesol, du colza, du maïs, de la palme et du soja se répercute logiquement sur le prix de vente.
Certes, le potentiel agricole du pays pour la production d'oléagineux est porteur d’espoir. Mais, actuellement, moins de 5% des oléagineux sont produits au Maroc et la majorité des matières premières proviennent des pays européens et des Etats-Unis.
La récente décision prise par le gouvernement de suspendre les droits d'importation applicables aux graines oléagineuses et aux huiles brutes de tournesol, de soja et de colza, appliquée depuis le 3 juin 2022, a été saluée par l’APFHM.
Mais cette mesure ne s’applique pas aux importations (20%) en provenance d’Argentine ou d’Ukraine, dont les droits de douane atteignent 2,5%. Car contrairement aux pays européens et aux U.S.A., ces deux pays ne sont pas signataires d'accords bilatéraux avec le Maroc.
L’APFHM signale que dans le contexte actuel « marqué par la hausse continue des cours des matières premières, l’impact de la suspension des droits de douane demeure minime ».
La stratégie Al Jayl Al Akhdar
La solution privilégiée pour ne pas subir continuellement l’envolée du prix des matières premières réside dans l’amélioration de l’autonomie marocaine, à travers le développement de la production nationale d’oléagineux.
L’émergence des filières de colza et de tournesol en 2013 a été une première étape. « Grâce au contrat-programme signé entre Folea et le gouvernement dans le cadre du Plan Maroc vert, la production de colza a été multipliée par 15 et celle du tournesol a augmenté de 67% », nous précise une source.
Toutefois, ces mesures se sont révélées insuffisantes pour atteindre un taux de couverture raisonnable en termes de production locale. D’où l’intérêt de la nouvelle stratégie Al Jayl Al Akhdar. Elle permettra de « doubler les superficies emblavées à 80.000 hectares à l’horizon 2030, dont 30.000 ha de colza et 50.000 ha de tournesol », indique notre interlocuteur.
Et d’ajouter : « On pourra atteindre une production capable de couvrir 15 % des besoins de consommation du marché intérieur en 2030 contre 1,7 % en 2019, tout en générant 170.000 emplois. »
Mais en l’absence d’adhésion des agriculteurs, notre source craint que cette stratégie ne soit vouée à l’échec. « Il faudra aussi composer avec les aléas climatiques et assurer l’accès à des semences de qualité et à fort potentiel de rendement, qui représentent un levier essentiel au développement des cultures oléagineuses », conclut-il.
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