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ECONOMIE

Le risque de récession au Maroc est faible (Mehdi Tazi)

Si le monde commence à craindre la récession, le Maroc pourrait éviter ce scénario catastrophe. Voici pourquoi.

Le risque de récession au Maroc est faible (Mehdi Tazi)
M. J.
Le 13 juin 2022 à 9h10 | Modifié 13 juin 2022 à 13h54

Dans son rapport sur les perspectives mondiales publié en juin, la Banque mondiale exprime de fortes craintes au sujet d’un retour de la stagflation, qui ramènerait dans son sillage une récession.

Qu’en est-il pour le Maroc ? Après deux années de crise Covid, notre pays risque-t-il de se retrouver contaminé par une récession internationale ? Contacté par Médias24, Mehdi Tazi, vice-président général de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), se montre plutôt rassurant. Il estime en effet que le risque de récession est "faible".

A l’international, quatre sources de préoccupation

Qu’est-ce qui plaide en faveur de ce scénario dans le monde ? La Banque mondiale cite quatre points clés :

- L’inflation mondiale a fortement progressé après ses planchers du milieu de l’année 2020, sur fond de rebond de la demande mondiale, de difficultés d’approvisionnement et de flambée des prix alimentaires et énergétiques. Les marchés anticipent un pic d’inflation à la mi-2022, suivi d’un mieux, mais à un niveau qui demeure élevé.

- La croissance mondiale, en fort repli depuis le début de l’année, devrait rester inférieure à la moyenne des années 2010 jusqu’à la fin de la décennie.

- Cette situation fait planer le risque d’une stagflation, combinaison d’une forte inflation et d’une croissance molle.

- Dans les années 1970, pour mettre fin à la stagflation, il avait fallu fortement remonter les taux d’intérêt, ce qui avait provoqué une récession mondiale et une série de crises financières dans les économies de marché émergentes et en développement (EMDE).

Pour la Banque mondiale, il n’y a pas de doute : "Si la tendance actuelle à la stagflation s’accentue, les économies émergentes et en développement pourraient à nouveau se trouver dans la tourmente."

"La guerre en Ukraine, les confinements en Chine, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et le risque de stagflation pèsent sur la croissance. Pour bien des pays, il sera difficile d’échapper à la récession", prévient le président de la Banque mondiale, David Malpass.

Qu’en est-il du Maroc ?

Au Maroc, deux indicateurs rejoignent la tendance internationale :

- une forte inflation durant ces premiers mois de 2022, qui a atteint 5,9% à fin avril ;

- une baisse de la croissance. Le Royaume, qui tablait sur un taux de croissance de 3,2% dans la loi de finances de 2022, ne s’attend plus qu’à 1,5%.

Jusqu’à présent, la Banque centrale a maintenu inchangé le taux directeur, à 1,5%. Jusqu’à quand résistera-t-elle ? Le prochain Conseil de Bank Al-Maghrib, prévu le 21 juin, est vivement attendu sur cette question.

Le risque de récession au Maroc est faible, selon Mehdi Tazi

Mehdi Tazi ne pense pas que le Maroc risque une récession.

"La levée complète des restrictions liées à la pandémie en 2022 permet un redémarrage de l’activité de plusieurs secteurs qui n’ont pas connu leur reprise en 2021", nous explique-t-il, référence faite à l’écosystème tourisme. "Le Maroc devrait donc continuer à rattraper les points de PIB perdus lors de l’année 2020", poursuit Mehdi Tazi.

Il ajoute à cela la volonté de l’Etat et des opérateurs privés d’amorcer la relance. Mehdi Tazi évoque les multiples chantiers structurels lancés et engagés, ainsi que le travail effectué par le gouvernement sur plusieurs fronts.

"Les initiatives du gouvernement, notamment le lancement prochain de la nouvelle charte de l’investissement, ainsi que la politique d’investissement dans les grands projets comme les barrages et les usines de dessalement d’eau de mer, contribuent à soutenir la croissance", estime-t-il.

Un élan qui, cependant, devrait être freiné par des facteurs externes comme l’inflation au niveau international, et des facteurs internes comme la sécheresse et ses effets néfastes sur l’économie nationale.

"L’inflation subie touche principalement les hydrocarbures, le blé et les oléagineux. Ses effets se répercutent sur les prix de la logistique mondiale", rappelle Mehdi Tazi.

"Compte tenu de la situation actuelle, où aucune solution à court terme n’est envisageable pour le blocage des exportations ukrainiennes en Mer noire et de celles russes qui sont sujettes à un embargo", Mehdi Tazi ne s’attend pas à ce que l’inflation s’estompe de sitôt. Pour lui, elle pourrait durer pendant au moins une année.

Inflation et croissance : le grand dilemme de BAM et des banques centrales

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M. J.
Le 13 juin 2022 à 9h10

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