Hamid Bentahar (CNT) : le visa électronique, une mesure qui répond aux attentes
L’annonce du remplacement du visa papier par un visa électronique, pour les étrangers détenteurs d'une résidence ou d'un visa européen ou américain, ravit les acteurs du secteur du tourisme. Le président de la CNT préconise la mise en place d’un dispositif similaire pour séduire le marché indien.
Une nouvelle mesure visant à accompagner la reprise touristique a été annoncée par le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors de la traditionnelle conférence de presse, après le Conseil de gouvernement du jeudi 23 juin.
Il s'agit du remplacement de l’ancien visa papier par son pendant électronique qui sera délivré, en 24 à 72 heures, aux trois catégories d’étrangers nécessitant un visa pour séjourner au Maroc, soit une cinquantaine de nationalités au total.
"Une excellente nouvelle très attendue par la profession"
Une "excellente nouvelle", nous a déclaré Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) pour qui la simplification de la procédure d’obtention du visa "répond aux attentes des opérateurs nationaux et des partenaires étrangers qui veulent organiser des événements touristiques au Maroc".
Lever les contraintes administratives permettra, à terme, de multiplier le nombre de marchés émetteurs et d’attirer davantage de visiteurs étrangers dans cette période de forte reprise de l’activité touristique, comme le font déjà les destinations concurrentes comme Dubaï et la Turquie, prévoit Hamid Bentahar.
"Une avancée technologique qui va booster les arrivées"
S’il préfère rester prudent et ne pas se prononcer sur les résultats prévisibles, Hamid Bentahar estime qu’il devenait impératif de s’aligner sur les pays ayant facilité l’accès à leur territoire.
Pour cela, il cite, dans l’ordre décroissant, les best practices commençant par l’Union européenne, qui a totalement supprimé le visa à l'intérieur des frontières de l'Union, et où l’on peut circuler avec une simple pièce d’identité ; puis les pays où l’on peut circuler avec un simple visa d’un grand pays européen ou américain ; et enfin les destinations qui délivrent un visa à l’arrivée à leurs frontières, à l’image de la Malaisie.
La création d’un visa électronique marocain, pour les étrangers détenteurs d’un visa international reconnu (Schengen, Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne ...) ou d’une résidence dans les pays cités précédemment, représente selon lui "une importante avancée technologique qui va ouvrir de grandes perspectives en termes d’arrivées de certaines nationalités, auparavant soumises à une procédure souvent décourageante".
Lever les restrictions pour capter la clientèle indienne
Ambitieux, Hamid Bentahar espère que le visa électronique s’appliquera bientôt au marché de l’Inde, un pays au milliard d’habitants.
De récentes études ministérielles évoquent en effet un marché potentiel d’au moins 100 millions de prospects, amateurs de voyages long-courriers vers des pays comme le Maroc.
A terme, l’objectif serait de capter une partie de ce marché au potentiel touristique considérable afin, par exemple, d’organiser des cérémonies de mariage à Marrakech pour les couples d’Indiens aisés, ou des événements internationaux M.I.C.E. (Meetings, Incentives, Congres, Events) pour des cadres supérieurs d’origine asiatique ou indienne, jusqu’alors rebutés par la procédure d’obtention du visa.
Selon lui, le Maroc aurait en effet raté l’organisation de plusieurs événements en raison de la nécessité, pour certaines nationalités, de devoir déposer leur passeport durant deux à trois semaines dans un consulat marocain, situé de surcroît dans une ville éloignée de leur lieu de résidence.
S’il convient de patienter avant d’en évaluer les retombées, cette mesure a été qualifiée, par tous les opérateurs de la CNT, de véritable coup de maître, comparable à la suppression des visas pour la population chinoise. Elle permettra de séduire davantage de marchés émetteurs étrangers dans un contexte de reprise touristique, mais aussi de crise mondiale due à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.