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Chiens errants : démarrage d'une opération de stérilisation dans six grandes villes

Une opération nationale de stérilisation des chiens errants débute ce jeudi 25 août à Oujda pour ensuite concerner Marrakech, Casablanca, Rabat, Agadir et Tanger. L'objectif est de lutter contre la prolifération des chiens errants conformément à la convention quadripartite signée en 2019.

Chiens errants : démarrage d'une opération de stérilisation dans six grandes villes
Chady Chaabi
Le 25 août 2022 à 19h47 | Modifié 25 août 2022 à 19h48

Ce jeudi 25 août à Oujda, une opération de vaccination contre la rage et de stérilisation des chiens errants a été lancée. Il s'agit d'une opération nationale portée par le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (OVM) conjointement avec la Commune, le Conseil de la ville d'Oujda et l'ONSSA.

La stérilisation pour mettre fin à la reproduction

L'opération menée à Oujda sera la première étape d'une vaste opération de vaccination et de stérilisation prévue à moyen termes sur l’ensemble du territoire national et à court termes dans cinq villes : Marrakech, Casablanca, Rabat, Agadir et Tanger.

Il s'agit de l'application de la convention cadre signée en février 2019 entre “le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Santé, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires du Maroc (OVM)” indique à Médias24, le Dr. Badre Tnacheri Ouazzani, président de l’OVM.

Une convention dont l'application a été retardé par la pandémie de Covid-19 et des contraintes budgétaires, nous explique notre source.

L'opération se base sur la stérilisation car elle "met fin à la reproduction” insiste le président de l’OVM dans une déclaration à Médias24.

"2.000 vétérinaires privés et agents de l'ONSSA participeront à cette campagne qui couvrira également plusieurs zones rurales" précise un communiqué du Conseil national de l'ordre des vétérinaires publié ce jeudi 25 août.

“Par manque de refuge, l'opération sera réalisée dans les cabinets privés des vétérinaires” nous détaille affirme M. Tnacheri Ouazzani. "La commune s'occupera de la capture des chiens avant de les amener aux cabinets. Certes, c'est contraignant pour les vétérinaires mais c'est une action nécessaire", nous explique-t-il.

La construction des refuges a également pris du retard

En amont aux opérations de vaccination et de stérilisation, la convention prévoit la construction de refuges “selon des normes qui respectent le bien-être animal. Ces structures doivent également être en capacité d'accueillir de la chirurgie vétérinaire.” décrit notre interlocuteur.

Et de poursuivre : “la construction et la gestion des refuges sont confiés aux collectivités territoriales. L'Ordre national y organise des permanences vétérinaires et forme les agents pour la capture des chiens".

Pour l’heure, seul un refuge est sorti de terre, à Rabat. Leur importance réside dans l’acte chirurgical de la stérilisation, la vaccination contre la rage, mais aussi la convalescence des animaux. “On ne pourra relâcher les chiens qu’après 4 ou 5 jours, car ils seront très vulnérables” explique le Dr. Badre Tnacheri Ouazzani.

“Il faudra également faire attention à les relâcher à l’endroit où ils ont été capturés, c'est-à-dire leur territoire, afin qu'ils ne perdent pas leurs repères. Les chiens traités seront reconnaissables grâce à une boucle d’oreille numérotée, afin de rassurer la population sur leur santé", précise-t-il.

Les communes responsables de la  lutte contre les chiens errants

La réactivation de cette convention-cadre fait écho au récent drame survenu il y a quelques jours à Dakhla avec le décès d’une touriste française des suites de blessures causées par une attaque d'une meute de chiens errants. Ce dramatique fait divers rappelle que la rage contractée suite à la morsure d’un chien a tué en moyenne 23 personnes par an lors des dix dernières années, selon les chiffres communiqués par l’OVM.

Il y a quelques jours, le ministre de l'intérieur a adressé une circulaire aux walis et gouverneurs pour les appeler à soutenir les efforts et assister les actions des communes pour gérer ce dossier épineux.

Car à Dakhla comme dans d'autres régions du Maroc, la prolifération des meutes de chiens errants est alarmante. Et la lutte contre ce phénomène relève de la responsabilité des conseils communaux.

L'article 50 de la charte communale dispose que "le président du conseil communal exerce les pouvoirs de police administrative, par voie d' arrêtés réglementaires et de mesures individuelles, portant autorisation, injonction ou interdiction, dans les domaines de l' hygiène, la salubrité et la tranquillité publiques et la sûreté des passages".

Parmi la longue liste d'attributions nous pouvons lire : "il prend les dispositions nécessaires pour empêcher la divagation des animaux malfaisants et nuisibles, contrôle les animaux domestiques et procède aux opérations de ramassage et de contrôle des chiens errants et lutte contre la rage et toute autre maladie menaçant les animaux domestiques, conformément aux lois et règlements en vigueur".

Il est donc à la charge de chaque commune de gérer ce dossier en s'appuyant sur les partenaires concernés notamment l'ONSSA, le ministère de l'intérieur,...

Autre loi qui concerne les chiens, c'est la loi 56-12 relative à la prévention et à la protection des personnes contre les dangers de chiens.

Elle interdit la vente de six races de chiens dangereux : Staffordshire bull terrier, Pitbull, Mastiff, Boerbull, Tosa et l’American Staffordshire bull terrier.

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Chady Chaabi
Le 25 août 2022 à 19h47

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