img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Santé

Hausse des salaires : les médecins du public dubitatifs

Après plus de dix ans à militer pour l’application de l’indice 509, les médecins du secteur public ont obtenu gain de cause. Leur diplôme de doctorat sera enfin reconnu par l’Etat, avec la rémunération qui en découle. Mais des interrogations subsistent quant à la mise en œuvre effective de cette mesure.

Hausse des salaires : les médecins du public dubitatifs
Par
Le 4 septembre 2022 à 16h46 | Modifié 4 septembre 2022 à 16h46
  • Les diplômes de doctorat enfin reconnus par l'Etat dans le calcul de la rémunération.
  • Cette hausse ne sera effective qu’à partir du 1er janvier 2023 et s'étalera sur deux ans.
  • Pas de nouvelles de l'instauration d'une part variable du salaire.

Le décret n° 2.22.682 portant statut particulier du corps interministériel des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes a enfin été adopté le jeudi 1er septembre en Conseil de gouvernement. Ce texte stipule la modification de la grille indiciaire pour faire en sorte que les catégories concernées démarrent leur carrière professionnelle par l’indice 509 au lieu de l’indice 336. Concrètement, il s’agit d’une hausse des salaires des médecins du public.

Jointe par nos soins, une source au Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) se réjouit de l’adoption de ce décret. “Après dix-sept ans à militer pour l’application de cet indice, nous avons enfin obtenu gain de cause”, salue notre interlocuteur.

“Nous ne serons satisfaits qu’après l’opérationnalisation de cette mesure”

“Contrairement aux gouvernements précédents, le gouvernement actuel a tenu l’une des promesses de sa campagne électorale”, souligne notre source.

Et d’expliquer : “Lorsque les médecins sont recrutés par l’Etat, chacun dispose d’un indice qui indique la valeur de son diplôme. L’indice 336 correspond à un master, tandis que le 509 est équivalent au doctorat. Au-delà des considérations pécuniaires, cet indice valorise les doctorats en médecine.”

Contacté par Médias24, le Dr El Mountadar Alaoui, président du SIMSP, temporise. “Nous ne pourrons nous réjouir qu’après l’entrée en vigueur effective de cette mesure”, nous a-t-il confié, rappelant que les accords sur ce sujet ont été signés fin juillet 2022. Le premier a été signé le 22 juillet en présence des ministres de la Santé et des Finances. Le second a été signé le 24 février en présence du chef du gouvernement.

“En 2015, sous l’ère Houcine El Ouardi, nous avions signé des accords qui n’avaient pas abouti par la suite”, déplore-t-il.

Et d’ajouter : “Cette hausse ne sera effective qu’à partir du 1er janvier 2023 et se fera sur deux ans. Nous n’avons rien reçu pour l’instant. Nous serons reconnaissants si cet accord aboutit, mais je crains que l’application de cet indice ne suffise pas à assurer une paix sociale. L’indice 509 aurait eu plus de valeur s’il avait été accordé à la profession il y a plusieurs années.”

“Les médecins de premier grade sont ceux qui bénéficieront le plus de cette hausse”

Notre premier interlocuteur au sein du syndicat nous confie toutefois que cette hausse profitera davantage aux médecins de premier grade.

“Lorsqu’un médecin est recruté par l’Etat, il occupe le premier grade. Au total, dans la médecine, il y a quatre grades principaux. Après le premier, vient le second, puis le grade exceptionnel et le hors grade. Le passage d’un grade à un autre se base sur la réussite à un examen de passage. Il s’accompagne d’une augmentation de salaire, qui varie entre 3.000 et 3.800 dirhams selon le grade.”

“Tous ces grades bénéficieront, avec le présent décret, d’une hausse des salaires en fonction du grade. Les médecins de premier grade restent ceux qui en bénéficieront le plus”, estime notre source.

En effet, les médecins de premier grade, qui perçoivent actuellement un salaire net de 8.836 dirhams, bénéficieront d’une augmentation de 3.967 dirhams, contre 3.604 dirhams pour ceux du hors grade - dont le salaire actuel est de 18.796 dirhams -, “puisque l’impôt prélevé sur le revenu augmente en fonction du salaire perçu”.

Notre interlocuteur précise que “cette hausse, qui démarrera en janvier 2023, se fera sur une durée de deux ans. A partir de cette date, nous aurons une première moitié de l’augmentation, suivie de la seconde l’année d’après”.

Cependant, “cette hausse n’aura pas d’effet rétroactif. Il n’y aura donc pas de rappel sur les années antérieures d’exercice”, regrette-t-il.

El Mountadar Alaoui rappelle quant à lui que l’indice 509 n’est qu’une revendication parmi d’autres. “Nous attendons à présent que le ministère autorise l’ajout de deux autres grades après le ‘hors grade’, qui est également l’une des principales revendications du corps médical public, pour éviter que les salaires restent fixes jusqu’à la retraite.”

Un salaire variable selon la performance ?

C’est ce qu’avait annoncé Khalid Ait Taleb en juillet dernier, lors d’une intervention dans le cadre du colloque international sur la protection sociale, organisé par l’Association des membres de l’inspection générale des finances (AMIF) et le ministère de l’Economie et des finances.

Pour faire face au déficit des ressources humaines, “nous mettrons en place une fonction sanitaire propre à l’hôpital. Il y aura une incitation pour le personnel, basée sur la performance et l’activité. Celui qui travaillera plus touchera plus”, avait déclaré le ministre de la Santé.

Ce qui laisse entendre qu’à côté du salaire fixe des médecins, ces derniers pourront bénéficier d’un salaire variable. Toutefois, le mécanisme de mise en place de cette mesure n’est pas évident pour les médecins.

“Ce point n’est pas clair pour moi”, reconnaît notre source au sein du SIMSP, chirurgien dans un hôpital public. “Nous ne connaissons pas encore les critères qui seront adoptés pour inciter les professionnels à plus de rendement. Il y a une grande différence entre les spécialités médicales et chirurgicales. Cela reste très vaste, très délicat, et sa mise en application risque d’être laborieuse vu que nous ignorons les perspectives de l’Etat de la performance et du rendement”, conclut-il.

El Mountadar Alaoui, qui confirme lui aussi manquer de précisions sur la mise en place de ce salaire variable, nous informe que des réunions devront se tenir à partir de ce mois de septembre pour l’aborder en détail. “Le plus important, c’est que pour l’obtenir, le travail devra être volontaire.”

Une indemnité risques de 1.400 DH

Outre celui des médecins, deux autres décrets ont été adoptés jeudi en Conseil de gouvernement. Le premier, n° 2.22.681, portant statut particulier du corps interministériel des infirmiers et techniciens de la santé, vise à accélérer l’avancement d’échelon pour ces deux catégories.

Dans le détail, ce décret prévoit le reclassement des infirmiers diplômés de l’Etat et classés au deuxième grade (échelle 9) dans le premier grade (échelle 10) de l’un des cadres du corps interministériel des infirmiers et techniciens de la santé.

En vertu du même texte, une ancienneté de statut comprise entre 3 et 5 ans sera instituée et prise en considération pour l’inscription au tableau d’avancement au grade principal au profit des infirmiers diplômés de l’Etat, qui sont classés au premier grade (échelle 10) à la date de la publication du décret n° 2.17.535, portant statut particulier du corps interministériel des infirmiers et des techniciens de santé, dans le Bulletin officiel.

De même, ce projet de décret stipule l’institution d’une ancienneté de statut d’une durée de 3 ans, qui sera prise en compte pour l’accès au grade exceptionnel au profit des infirmiers diplômés de l’Etat et classés au grade principal (échelle 11) à la date de publication du décret n° 2.17.535 dans le Bulletin officiel.

Les personnes concernées bénéficieront, aux termes de ce texte, de l’avancement à effet rétroactif à compter du 26 octobre 2017. Les arriérés dus dans ce cas seront versés en deux tranches : la première à partir du 1er janvier 2023 et la deuxième à compter du 1er janvier 2024.

Le troisième décret adopté en Conseil de gouvernement (n° 2.22.684) est relatif à la protection et à l’indemnisation de certaines catégories de fonctionnaires du ministère de la Santé des risques professionnels.

Le texte prévoit une revalorisation de l’indemnisation au profit des cadres administratifs et techniques exerçant au ministère de la Santé, qui sera portée à 1.400 dirhams par mois à compter du 1er janvier 2023.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 4 septembre 2022 à 16h46

à lire aussi

Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
BUSINESS

Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca

Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.

Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Mines

Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère

Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.

Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Quoi de neuf

Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage

Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.

Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
DIPLOMATIE

Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes

Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.

En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Quoi de neuf

Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises

Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.

Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
POLITIQUE

Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD

C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité