Une réduction des cultures de pastèques est envisagée à Zagora
En raison du stress hydrique subi par la région de Zagora, une réduction des cultures de pastèques n’est pas à écarter. Pareille mesure a été instaurée en 2021 pour diminuer la pression sur les ressources de la nappe phréatique et s’adapter aux conditions climatiques.
La qualité gustative, le rendement et la précocité de la pastèque de Zagora contribuent à sa renommée nationale et internationale. Mais à cause de l’amenuisement des ressources hydriques dans la région, comme partout ailleurs au Maroc, on s’achemine vers une réduction des superficies cultivées.
Si aucune décision n’a encore été prise en ce sens, l’éventualité de réduire la superficie des terres agricoles réservées à la pastèque a été débattue lors d’une réunion organisée le mardi 6 septembre, en présence du gouverneur de Zagora, ainsi que des représentants des collectivités territoriales, du ministère de l’Agriculture et des associations d'agriculteurs.
Limitation des superficies cultivées
“Ce n’est pas le première fois qu’une telle décision est envisagée”, déclare à Médias24, Abdellah Abdellaoui, chef du service de production agricole à l’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVAO). “Une mesure similaire avait d'ailleurs été appliquée en 2021 à cause de la pénurie d'eau”, rappelle-t-il.
D’après notre interlocuteur, cette mesure visait à limiter les superficies cultivées de pastèques à 3 hectares par famille. Mais aucun quota de prélèvement d’eau n’avait été instauré.
Contrairement aux palmeraies irriguées via le barrage El Mansour Eddahbi, dont le taux de remplissage dépasse à peine les 12%, “les cultures de pastèques sont irriguées par pompage”, nous explique Abdellah Abdellaoui. Des ressources pompées à partir de la nappe phréatique de la vallée du Drâa.
Situées en moyenne à une quinzaine de kilomètres des palmeraies de Zagora, les pastèques sont cultivées sur des parcelles d’une superficie allant de 3 ha à 80 ha. Le cycle de production de cette plante originaire d'Afrique tropicale s'étend de décembre-janvier jusqu’à mai, avec un rendement variant entre 70 et 80 t/ha.
Pour chaque hectare de pastèque, il faut compter 6.000 m3 d’eau douce. Et pour produire un kilo, il faut un apport de 100 litres d’eau. En dépit de l’utilisation du goutte-à-goutte, une technique d’irrigation économe, la culture de la pastèque n’en reste pas moins vorace en eau.
Ainsi, et en l’absence d’alternative, la réduction des superficies cultivées constitue une solution efficace à défaut d'être durable. “Comme il n’y pas d’alternative à la pastèque dans la région, la meilleure solution est d’opter pour la flexibilité, en adaptant la production selon les conditions climatiques”, avance Abdellah Abdellaoui.
En d’autres termes, l’idée est de réduire les superficies de pastèques quand les précipitations sont faibles. Puis de les augmenter dans le cas contraire.
En revanche, notre interlocuteur a jugé “peu pertinent” de remplacer les pastèques par les palmiers. “Chaque culture a ses avantages et ses inconvénients.” Certes, les palmiers ont besoin d’un apport en eau supérieur à celui de la pastèque (12.000 m3 à l’hectare), “mais l’impact des palmiers sur l’environnement est positif notamment pour faire baisser les températures”.
Pour sa part, “la pastèque est très rentable, et sa production est précoce à cause des températures élevées dans la région de Zagora, ce qui la rend très compétitive sur le marché”, conclut Abdellah Abdellaoui.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.