Dans l'oléiculture, tout n'est pas vert en ce moment
La majorité de l'huile d'olive consommée au niveau national se fait à travers la vente en vrac, ce qui constitue un risque pour les consommateurs. La prochaine campagne s'annonce difficile pour la production d'olives.
- La situation sera "difficile" pour la prochaine campagne 2022-2023.
- 85% de l'huile d'olive consommée au Maroc est constituée de vrac.
- L'interprofession dénonce la concurrence déloyale des intermédiaires, du vrac et de l’informel.
Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a présidé, le mercredi 21 septembre à Rabat, une réunion avec la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive) et toutes ses composantes.
Les échanges ont porté sur les réalisations et l’évolution du secteur dans le cadre du Plan Maroc vert, ainsi que sur les perspectives de développement dans le cadre du contrat-programme à l’horizon 2030. Les professionnels ont également soulevé les différentes contraintes qui entravent le développement du secteur. Il s’agit notamment de l'importance de la programmation de la date de récolte des olives pour contrer la hausse des prix par les spéculateurs, la concurrence déloyale des intermédiaires, du vrac et de l’informel, les difficultés liées au manque d’eau ou encore la compétitivité des produits sur les marchés d’exportation.
Selon le président d'Interprolive, Rachid Benali, deux questions importantes ont été traitées lors de cette réunion. Il s'agit d'une part, de la vente en vrac d'huile d'olive qui constitue un risque pour la santé des consommateurs. La même source nous explique qu'environ 85% de la consommation nationale d'huile d'olive se fait à travers la vente en vrac. Ainsi, une compagne de sensibilisation du consommateur sera bientôt lancée.
D'autre part, suite au manque de précipitations constaté en janvier et février précédents, notre source souligne que la situation sera "difficile" pour la prochaine campagne 2022-2023. Et ce, en plus d'autres facteurs, notamment la hausse des prix d'engrais azotés au niveau international, au problèmes liés à l'irrigation à cause, entre autres, de la hausse du prix du carburant (à cause de la guerre entre la Russie et L'Ukraine) pour les agriculteurs qui irriguent au gasoil, le manque d'eau au niveau des barrages ainsi qu'au niveau des nappes..
La production a augmenté de 21% durant la campagne 2021-2022
La filière oléicole est la principale espèce fruitière cultivée au Maroc, avec une superficie de 1,2 million d’hectares, représentant 65% de la superficie arboricole nationale. La production nationale d’olives pour la campagne 2021-2022 est estimée à 1,96 million de tonnes, en hausse de 21% par rapport à la campagne précédente.
D'autre part, la superficie oléicole a connu un accroissement de 61% entre 2007-2008 et 2021-2022, et la production moyenne des olives a connu un accroissement de 209% entre 2003-2007 et 2017-2022, indique un communiqué du ministère.
La filière contribue à l’équilibre de la balance commerciale en assurant une entrée en devises équivalente à 2 MMDH/an avec des exportations en moyenne de 91.300 t/an d’olives de table, 15.000 t/an d’huile d’olive et 13.700 t/an d’huile de grignons d’olive. Le Maroc occupe ainsi la 3e place en matière d’exportations d’olive de table et le 9e rang en matière d’exportation d’huile d’olive.
De par son rôle économique, la filière constitue une source importante d’emplois, avec près de 51 millions de journées de travail par an, et participe à hauteur de 20% à la couverture des besoins en huiles végétales alimentaires.
Oléiculture : faible campagne attendue, les prix de l’huile d’olive risquent de flamber
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