img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Le taux de croissance ralentit au 2e trimestre : +2%

Un ralentissement moins fort que ce que l’on craignait. Le reste de l’année (T3 et T4) reste marqué par des incertitudes. La Banque centrale prévoit un taux de croissance annuel de 0,8%.

Le taux de croissance ralentit au 2e trimestre : +2%
Par
Le 30 septembre 2022 à 10h05 | Modifié 3 octobre 2022 à 9h31

L’arrêté des comptes nationaux du deuxième trimestre 2022, publié ce vendredi 30 septembre par le Haut-Commissariat au plan (HCP), fait ressortir un net ralentissement de la croissance de l’économie nationale se situant à 2% au lieu de 14,2% durant le même trimestre de l’année précédente. Les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 4,2% et celles du secteur agricole une baisse de 15,5%.

Tirée par la demande intérieure, cette croissance a été réalisée dans le contexte d’une forte inflation et d’une aggravation du besoin de financement de l’économie nationale.

On remarquera que le HCP nous fournit le chiffre de l'inflation économique qui est l'inflation globale. En effet, l'indice des prix à la consommation (IPC), publié chaque mois, concerne la hausse des prix que subissent les ménages. L'inflation économique inclut les entreprises. Celle-ci ressort à 4,9% au 2e trimestre. Elle est inférieure à l'indice des prix à la consommation, dont la hausse se situait à la même date à 7,2%.

Sur l'ensemble de l'année 2022, la Banque centrale prévoit désormais un taux de croissance de 0,8%. Ce taux pourrait toutefois être supérieur en cas de bonne pluviométrie au cours des prochaines semaines, et/ou en cas de ralentissement de l'inflation.

Net ralentissement de la croissance économique

La valeur ajoutée du secteur primaire en volume, corrigée des variations saisonnières, s’est contractée de 16% au deuxième trimestre 2022, après avoir enregistré une hausse de 18,3% le même trimestre de l’année précédente. Ceci s’explique par la baisse de la valeur ajoutée de l’agriculture de 15,5% au lieu d’une hausse de 17,5% et de celle de la pêche de 23,4% au lieu d’une hausse de 36,9%.

Medias24
Medias24

De son côté, la valeur ajoutée du secteur secondaire, en volume, a connu un net ralentissement de son taux d’accroissement, passant de 17,3% durant le même trimestre de l’année précédente à 1,5%. Ceci résulte du ralentissement du rythme d’accroissement des valeurs ajoutées :

- des industries manufacturières à 2,3% au lieu de 20,2% ;

- de “Electricité, gaz, eau, assainissement et déchets” à 2% au lieu de 14,6% ;

- du bâtiment et travaux publics à 1,7% au lieu d’une hausse de 16,9% ;

- de la baisse de celle de l’industrie d’extraction de 7,8% au lieu de 0,6%.

La valeur ajoutée du secteur tertiaire, par ailleurs, a enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement, passant de 11,2% le même trimestre de l’année précédente à 6,1%.

Ceci a été le résultat de la hausse des valeurs ajoutées de :

- services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale, de 5,6% au lieu de 4,3% ;

- services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale, de 4,3% au lieu de 2,8% ;

- information et communication, de 1,3% au lieu d’une baisse de 0,5%.

Et du ralentissement de celles de :

- hébergement et restauration à 50,3% au lieu de 86,4% ;

- transports et entreposage à 10,8% au lieu de 42,6% ;

- commerce et réparation véhicules à 4% au lieu de 17,6% ;

- recherche et développement et services rendus aux entreprises à 3,2% au lieu de 24,5% ;

- services immobiliers à 1,5% au lieu de 3%.

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu un net ralentissement à 4,2% durant le deuxième trimestre 2022 au lieu de 13,3% le même trimestre de l’année précédente.

Dans ces conditions, et tenant compte de la hausse de 5,3% des impôts sur les produits nets des subventions, le produit intérieur brut (PIB) en volume s’est accru de 2% durant le deuxième trimestre 2022 au lieu de 14,2% l’année précédente.

Hausse du niveau général des prix : 4,9%

Aux prix courants, le PIB a connu un net ralentissement à 6,9% au lieu de 16,5% une année auparavant, dégageant ainsi une augmentation du niveau général des prix de 4,9% au lieu de 2,3%.

Demande intérieure en net ralentissement

La demande intérieure a affiché un net ralentissement, passant de 10% durant le même trimestre de l’année précédente à 2%, contribuant ainsi pour 2,2 points à la croissance économique nationale au lieu de 11,3 points.

C’est ainsi que les dépenses de consommation finale des ménages ont connu un net ralentissement de leur taux d’accroissement, passant de 13,6% au deuxième trimestre 2021 à 3,2%, avec une contribution à la croissance de 1,7 points au lieu de 7,4 points.

De son côté, la consommation finale des administrations publiques a affiché une hausse de 6,7% au lieu de 5,5%, avec une contribution à la croissance de 1,3 point au lieu de 1,2 point.

En revanche, l’investissement brut (formation brute de capital fixe ; variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs) a connu une baisse de 2,4% au lieu d’une hausse de 7,3% une année auparavant, avec une contribution négative à la croissance de 0,8 point au lieu d’une contribution positive de 2,7 points, durant le même trimestre de l’année précédente.

Contribution négative des échanges extérieurs

Au niveau des échanges extérieurs de biens et services en volume, aussi bien les exportations que les importations ont enregistré de fortes hausses durant le deuxième trimestre 2022. C’est ainsi que les exportations de biens et services ont augmenté de 36,4% au lieu de 22,4%, avec une contribution à la croissance de 11,8 points au lieu de 6,4 points durant la même période de l’année passée. De leur côté, les importations ont affiché une hausse de 28,7% au lieu de 8,3%, avec une contribution négative à la croissance de 12 points au lieu d’une contribution négative de seulement 3,5 points une année auparavant.

Dans ce cadre, les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé une contribution négative à la croissance, se situant à 0,2 point au lieu d’une contribution positive de 2,9 points durant le deuxième trimestre 2021.

Aggravation du besoin de financement de l’économie

Avec une augmentation, aux prix courants, de 6,9% du PIB au lieu de 16,5% au deuxième trimestre de l’année passée et une hausse de 22% du taux d’accroissement  des revenus nets reçus du reste du monde au lieu de 15%, la croissance du revenu national brut disponible a connu un ralentissement passant de 16,4% la même période de l’année passé à 7,9% au deuxième trimestre 2022.

Compte tenu de l’accroissement de 9% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 14,7% enregistré une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 31,4% du PIB au lieu de 31,8%.

Suite à un niveau d’investissement brut (FBCF, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs) atteignant  34% du PIB au lieu de 33,8% durant le même trimestre l’année passée, le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi aggravé passant de 2% du PIB durant le même trimestre de l’année précédente à  2,6% en 2022.

(Avec HCP)

Le taux de croissance ralentit au 2e trimestre : +2%

Le taux de croissance ralentit au 2e trimestre : +2%

Le taux de croissance ralentit au 2e trimestre : +2%

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 30 septembre 2022 à 10h05

à lire aussi

CIRDI : Face à Emmerson, Rabat demande une bifurcation de la procédure
DROIT

Article : CIRDI : Face à Emmerson, Rabat demande une bifurcation de la procédure

Face à une réclamation de 1,215 milliard de dollars portée par les investisseurs liés au projet de potasse de Khémisset, le Maroc demande au CIRDI d’examiner en priorité ses objections de compétence.

Les nappes phréatiques ont moins bénéficié des pluies que les barrages
Eau

Article : Les nappes phréatiques ont moins bénéficié des pluies que les barrages

Alors que les barrages marocains affichent un taux de remplissage de 76,2 %, le niveau des eaux souterraines raconte une autre histoire. L'analyse des données satellitaires sur dix ans révèle un rebond disparate et timide.

Transport militaire : le Maroc renforce sa flotte de transport aérien avec l’Airbus C295
Defense

Article : Transport militaire : le Maroc renforce sa flotte de transport aérien avec l’Airbus C295

L’Airbus C295 acquis par les Forces armées royales dans le cadre de la modernisation des Forces royales air a été dévoilé par Forum Far-Maroc. Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, cette acquisition vise à renforcer les capacités de transport aérien militaire du Maroc, tout en s’inscrivant dans le contexte du rapprochement maroco-espagnol.

EXCLUSIF. Cartes à l’appui, les grands changements urbanistiques envisagés à Hay Mohammadi
ECONOMIE

Article : EXCLUSIF. Cartes à l’appui, les grands changements urbanistiques envisagés à Hay Mohammadi

CASABLANCA. Le projet de nouveau plan d’aménagement de Hay Mohammadi arrive à une étape décisive. Prévu pour examen le 14 mai par le conseil de la ville de Casablanca, ce document suscite une vive contestation locale, notamment autour du devenir de quartiers historiques comme Derb Moulay Cherif. Voici, en détail, ce que prévoit ce plan.

African Lion 2026 : comment le Maroc a testé l’armée du futur dans le Sud
Defense

Article : African Lion 2026 : comment le Maroc a testé l’armée du futur dans le Sud

Clôturé le 8 mai 2026, l’exercice coorganisé par les FAR et la SETAF-AF a réuni plus de 40 nations, dont 28 africaines. IA de commandement, drones FPV, munitions rôdeuses, Apache, WanderB et blindés modernisés... Cette édition a marqué un saut tactique et technologique majeur. Décryptage.

Hôtels. Les visites mystère vont-elles vraiment améliorer le service ?
TOURISME

Article : Hôtels. Les visites mystère vont-elles vraiment améliorer le service ?

Lancée par la SMIT, l’opération suscite déjà des réserves chez certains professionnels, qui plaident pour des audits suivis de plans d’action, de contre-visites et d’investissements dans la formation, plutôt que pour une logique strictement punitive.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité