S&P maintient le rating du Maroc à BB+ avec perspective stable
Pas de changement du rating du Maroc pour S&P. Dans son dernier rapport, l'agence de notation maintient une note de “BB+ /stable/B” pour le Royaume. Explications.
Le Maroc espérait regagner son investment grade au cours de ce mois d'octobre. Ce ne sera pas le cas pour S&P. On attend désormais la prochaine notation de Fitch.
L'agence de notation S&P, qui vient de publier son rapport relatif au Maroc pour l'année 2022, a maintenu inchangée la note accordée au Royaume en avril 2021, à savoir BB+/stable/B.
En 2020 et 2019, la note marocaine était respectivement de BBB-/Negative/A-3 et BBB-/Stable/A-3.
Explications sur les perspectives
“Les perspectives stables concernant le Maroc reflètent notre attente selon laquelle de nouvelles réformes économiques et budgétaires structurelles, parallèlement à une croissance économique solide, contribueront à contrebalancer les pressions budgétaires”, explique l'agence en présentant deux scénarios possibles :
- Scénario baissier : Abaisser les notes si les résultats budgétaires du gouvernement sous-performent sensiblement les attentes, par exemple en raison d'une cristallisation importante des passifs éventuels dans le bilan du gouvernement. Une pression supplémentaire sur les notations pourrait se matérialiser si, contrairement aux prévisions, les déséquilibres extérieurs se creusent et créent une augmentation prononcée des besoins bruts de financement de l'économie.
- Scénario positif : Relever les notes si la consolidation budgétaire est nettement plus rapide que prévu, ou si une transition vers un taux de change plus flexible renforce la compétitivité extérieure du Maroc. Des notes à la hausse pourraient également survenir si la stratégie de diversification économique du pays aboutit à une croissance économique plus forte et moins volatile, augmentant considérablement le PIB par habitant.
S&P optimiste sur les indicateurs macroéconomiques
Dans son analyse, S&P Global Ratings estime que “la flambée des prix mondiaux de l'énergie et des denrées alimentaires, ainsi que les répercussions de la sécheresse, pèseront sur la croissance du Maroc en 2022”.
Pourtant, l'agence de notation prévoit que l'économie marocaine croîtra de 1,4%. Une prévision plus optimiste que celles communiquées par les instances nationales comme Bank Al-Maghrib (0,8% ) ou le HCP (1,3%), mais légèrement en retrait par rapport à celle du gouvernement qui espère finir l'année avec 1,5% de croissance.
“Le gouvernement marocain a mis en place des mesures pour amortir l'impact de la hausse des prix sur les entreprises et les ménages. Nous prévoyons que la moyenne l'inflation globale s'accélérera pour atteindre environ 5,9 % en 2022”, explique S&P. L'agence cite les efforts budgétaires menés via la Caisse de compensation, ainsi que le plan d'urgence de 10 milliards de dirhams de soutien au secteur agricole, la suspension des droits de douane sur le blé ou encore le dispositif de soutien aux professionnels du secteur du transport routier.
“Les exportations de phosphates et la reprise du tourisme devraient en partie compenser l'augmentation de la facture des importations. La flambée des prix des phosphates, ingrédient clé des engrais et représentant actuellement plus de 25% des exportations marocaines, a soutenu les recettes extérieures et budgétaires.” L'agence relève le versement record de dividendes à l'Etat par OCP Group de 8,1 milliards de dirhams (834 millions de dollars).
Concernant le tourisme, S&P explique que le secteur a enregistré “de meilleurs résultats que prévus initialement cette année, soutenus par la réouverture des frontières début février 2022”.
Cela dit, l'agence relève que malgré les efforts continus de diversification économique, “la dépendance de l'économie marocaine à l'agriculture reste importante”. “La sécheresse et les mauvaises récoltes qui en ont résulté ont frappé la saison agricole 2021-2022 et ont pesé considérablement sur la croissance du PIB réel cette année.”
Un PIB par habitant bas
Par ailleurs, pour S&P, le PIB par habitant du Maroc, inférieur à 4.000 dollars, reste particulièrement bas, surtout par rapport à celui de ses pairs.
“Le faible revenu par habitant souligne certaines des faiblesses structurelles du Maroc, telles que les fortes disparités de revenus entre les régions les plus développées et les moins développées, et un chômage relativement élevé, particulièrement répandu chez les jeunes”, commente l'agence de notation.
S&P indique que “le programme de réformes structurelles du Maroc devrait inaugurer une structure économique plus inclusive et plus robuste”. Elle cite, parmi ces réformes, la généralisation de la protection sociale (AMO, allocations familiales...), la Charte de l'investissement, la modernisation du cadre juridique, institutionnel et réglementaire, le Fonds d'investissement Mohammed VI...
“Nous prévoyons que l'économie marocaine augmentera d'environ 3,4% par an entre 2023 et 2025. (...) Nous pensons que le changement en cours dans la structure économique sous-jacente du pays sera bénéfique pour les perspectives de croissance et la stabilité”, avance l'agence de notation.
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