Chakib Alj (CGEM) : “L’ADN du secteur privé, c’est d’investir”
Le Roi Mohammed VI a fixé un objectif de 550 milliards de dirhams d’investissements privés d’ici 2026, c’est-à-dire en quatre ans. Patronat, banques et gouvernement sont invités à prendre des engagements pour rendre possible ce challenge. Le secteur privé sera-t-il capable d’assumer ce virage ? Nous avons contacté le président de la CGEM pour une première réaction. Voici ses réponses.
Alors que le gouvernement voyait plusieurs chantiers progresser – protection sociale, éducation, santé –, le Roi Mohammed VI vient de lui fixer deux nouveaux objectifs, cette fois-ci à échéance 2026, ce qui correspond à la fin de l’actuel mandat.
L’un d'eux consiste à mobiliser 550 milliards de dirhams d’investissements privés, devant créer 500.000 emplois au total. L'autre concerne la gouvernance de l’eau, laquelle réunit un ensemble de défis que nous traitons par ailleurs.
Le secteur privé est interpellé par le Souverain. Il est appelé à investir 550 milliards de dirhams en quatre ans, un montant qui paraît énorme. C’est presque la moitié du PIB du Maroc. Actuellement, le montant annuel investi par le privé est en moyenne de 50 milliards de dirhams, selon une évaluation de source patronale.
L’idée d’un rôle accru du secteur privé dans l’investissement figure d'ores et déjà dans le Nouveau Modèle de développement, et revient dans les analyses des acteurs économiques marocains, étatiques ou privés. L’objectif communément admis était, à l’horizon 2035, de hisser le privé au stade de locomotive de l’investissement, avec une part correspondant aux deux tiers de l’investissement global au lieu d’un seul tiers actuellement.
"Si l’administration et les banques sont au rendez-vous, l’objectif sera atteint"
"Sa Majesté a accéléré le rythme", commente Chakib Alj, président de la CGEM, contacté par Médias24.
550 milliards de dirhams sur quatre ans, c’est une moyenne de 137,5 milliards chaque année, contre 50 actuellement, soit une hausse de près de 140%. Bien sûr, il y aura une montée en puissance d’une année à l’autre.
Le secteur privé marocain est-il capable d’assumer ce grand virage ? "Oui, dès lors que les banques et le gouvernement, interpellés par le Roi, feront chacun leur part du boulot", promet Chakib Alj, qui compte mobiliser toutes les fédérations sectorielles de la CGEM, "auxquelles s’ajouteront les investissements des MRE et des capitaux étrangers".
"Si l’administration et les banques sont au rendez-vous – et je pense qu’elles le seront –, l’objectif sera atteint." Mais il faut que tous les engagements de l’administration soient tenus. Ces engagements figureront d’ailleurs dans un document, le "Pacte national pour l’investissement", qui sera signé par le gouvernement, les banques et le patronat.
Chakib Alj rappelle que le secteur privé marocain a fait preuve de résilience après la pandémie. Il considère que le contexte international, malgré la crise, recèle des opportunités. "Les chaînes de production vont bouger ; la Chine n’est plus compétitive en raison de la logistique et des salaires, et des chaînes de production européennes seront délocalisées vers le Maroc, solution optimale pour les Européens."
Quels seront les secteurs prioritaires ? "Les énergies renouvelables d’abord. L’Australie, le Chili et le Maroc disposent du meilleur potentiel en énergies renouvelables. Pour l’Europe, le pays le plus compétitif reste le Maroc. Il bénéficie de la proximité et de la disponibilité de deux sources, l’éolien et le solaire." Après les énergies renouvelables, il cite l’agro-industrie, le textile, l’industrie pharmaceutique (à la fois pour l’Europe et l’Afrique) et la santé.
Le président de la CGEM cite le slogan de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), "Morocco Now". Car le 'moment du Maroc' est bel et bien là en ce qui concerne l’investissement.
Le patronat ne décèle-t-il pas cependant un pessimisme ambiant dans les milieux d’affaires ? "Ce pessimisme n’est pas marocain ; il est mondial. Au contraire, le discours et la charte arrivent au bon moment pour libérer les énergies et restaurer la confiance du privé en l’avenir. Car l’ADN du privé, c’est d’investir."
Le Roi Mohammed VI préside une séance de travail dédiée à la charte de l'investissement
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