Renault Group officialise la séparation de ses activités entre thermique et électrique
Par la voix de son directeur général Luca de Meo, le constructeur français a détaillé les contours de sa nouvelle organisation. Actant la “scission” du groupe en cinq nouvelles filiales, elle consacre surtout la séparation de ses activités entre véhicules électriques et thermiques, ouvrant certaines d’entre elles à des actionnaires extérieurs. Explications.
Annoncé depuis des mois, le projet de réorganisation de Renault Group a été officialisé le mardi 8 novembre devant un parterre de journalistes et d’analystes financiers conviés au “Capital Market Day”, événement destiné aux investisseurs.
Concrètement, le constructeur français s’apprête à scinder ses activités en cinq nouvelles filiales. Il s’agit d’abord d’Alpine, marque premium du groupe et désormais autonome, de Mobilize, société dédiée aux formes alternatives de mobilité, et de “The future is neutral”, structure consacrée à l’économie circulaire. Plus décisive est la naissance de deux nouvelles entités, baptisées “Ampere” et “Power”, qui signe de facto une séparation des activités du groupe entre véhicules électriques et thermiques.
“Ampere” pour booster l’électrique…
Comme son patronyme le suggère, la première concentrera exclusivement la conception et la production des véhicules 100% électriques du groupe, notamment l’actuelle Mégane E-Tech Electric et les futures Renault 5 et 4L. Le constructeur compte en conserver le contrôle avec des parts majoritaires, mais projette d’accueillir dans son tour de table des actionnaires extérieurs, notamment Qualcomm, spécialiste américain des technologies mobiles déjà partenaire de Renault dans la conception de ses modèles. Objet de toutes les interrogations, l’éventuelle implication de l’allié Nissan dans le capital sera tranchée dans les prochaines semaines, après une rencontre au sommet entre les dirigeants des deux constructeurs.
L’étape suivante sera une introduction en Bourse, au plus tôt au second semestre 2023, dont l’apport contribuerait à financer les investissements réclamés par le développement de véhicules électriques. Pour sa nouvelle filiale, Renault Group cible une croissance annuelle supérieure à 30% durant les huit prochains exercices, ainsi qu’une marge opérationnelle de 10% en 2030.
…et Horse pour maintenir le thermique
Quant à l’entité “Power”, elle regroupera le développement et la production des modèles thermiques des marques Renault et Dacia, ainsi que la gamme de véhicules utilitaires. Elle abritera la filiale “Horse”, spécialisée dans les groupes motopropulseurs (motorisations et boîtes de vitesses) thermiques, hybrides et hybrides rechargeables. À sa naissance, celle-ci sera détenue à parts égales par Renault Group et le Chinois Geely, mais pourrait ensuite accueillir d’autres investisseurs, dont le pétrolier saoudien Aramco.
La coentreprise disposera de 17 usines de moteurs et transmissions, ainsi que de cinq centres de R&D répartis sur trois continents avec près de 19.000 employés. Ainsi parée, Horse ambitionne de devenir le numéro 1 mondial des groupes motopropulseurs thermiques et hybrides, qui équiperont des modèles des groupes Renault et Geely, mais seront aussi vendus à des constructeurs tiers à travers le monde.
Un “démantèlement” de Renault Group ?
Face aux critiques et interrogations sur un possible “morcellement” de Renault Group, Luca de Meo réfute toute volonté de fragmentation du constructeur. “Nous ne sommes pas dans une logique de démantèlement, mais de développement. Les annonces d’aujourd’hui préparent l’entreprise aux futurs défis et aux opportunités générées par la transformation de notre industrie, argumentait-il lors de la séance des questions-réponses suivant sa présentation. Avec cette nouvelle organisation, nous sommes en train de créer des entités et des équipes concentrées sur les métiers d’avenir et les activités les plus rentables.”
Car avec cette nouvelle organisation, Renault Group s’assigne de nouveaux objectifs financiers. Le constructeur vise désormais une marge opérationnelle supérieure à 8% en 2025 et à 10% en 2030, contre seulement 5% cette année. Le free cash flow, lui, devrait être porté au-delà des 2 milliards d’euros par an en moyenne sur la période 2023-2025 (contre 1,5 milliard en 2022), et à 3 milliards sur la parenthèse 2026-2030. Et pour rassurer actionnaires et investisseurs, son directeur général a promis une distribution de dividendes dès l’an prochain (au titre de l’exercice 2022), et une hausse progressive de son taux de distribution jusqu’à 35% du résultat net.
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