Comment la Suisse veut investir 1 milliard de dirhams au Maroc pour réduire ses émissions de CO2
Les projets qui seront financés par la Fondation suisse Klik ont pour objectif d’augmenter l’efficacité énergétique du Royaume dans les secteurs du bâtiment et du transport, et de développer les énergies renouvelables.
L’Accord sur le climat de Paris, signé par la Suisse, l’engage à réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, d’ici à 2030. En plus des mesures instaurées à l’échelle nationale, le gouvernement helvétique envisage de compenser ses émissions en menant des projets climatiques à l’étranger.
L’article 6 de l’Accord de Paris permet en effet à un pays de faire appel à des partenaires extérieurs pour l’aider à réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre. Avec le Malawi et l’Uruguay, le Maroc fait partie des trois pays qui ont été choisis par la Suisse dans le cadre du projet de réduction des émissions de CO2.
Approuvé le 23 septembre 2022 par le Conseil fédéral suisse, l’accord bilatéral sur la protection du climat a été signé ce lundi 7 novembre par le président de la Confédération suisse, Ignazio Cassis, et la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali.
Conclu en marge de la 27e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP27), cet accord bilatéral prévoit “des projets de protection du climat qui répondent aux standards élevés de l’Accord de Paris”, assure à Médias24 l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).
“Ces projets seront financés par le secteur privé et leur mise en œuvre sera assurée par la Fondation suisse Klik”, ajoute la même source. La Fondation pour la protection du climat et la compensation de CO2 Klik représente le groupement de compensation de CO2 du secteur des carburants fossiles mis en place dans le cadre de la loi sur le CO2.
Sur le plan financier, le soutien aux technologies d’atténuation du climat au Maroc qui sera opéré par Klik dépassera légèrement le milliard de dirhams (100 millions de dollars), dans le but de “favoriser des entreprises plus efficaces et plus innovantes, ainsi que des technologies plus modernes et plus propres au Maroc”, précise Klik sur son site, sans pour autant mentionner que les réductions en termes d’émission de CO2 ne pourront être comptabilisées que par la Suisse.
Des gains d’économie d’énergie dans les installations industrielles
Les projets de compensation financés par la Fondation suisse, sur la base de l’accord bilatéral susmentionné, auront pour effet d’augmenter l’efficacité énergétique, notamment dans les secteurs du bâtiment ou du transport, et de développer les énergies renouvelables. Pour être éligibles, ces projets de compensation seront financés uniquement si :
- les réductions d’émissions engendrées n’auraient pas eu lieu sans le projet en question ;
- le projet n’aurait pas été réalisé car il utilise une technologie non répandue ;
- le projet a une contribution immédiate au développement durable.
Concrètement, ces projets qui entrent dans le cadre de l’accord bilatéral seront développés sous forme de programmes de financement. Si les premiers programmes devraient être ouverts à la candidature en 2023, la fondation Klik a d’ores et déjà participé au développement de deux activités.
La première consiste en une installation innovante qui fournira l’environnement commercial nécessaire aux entreprises de services énergétiques (ESCO) pour tirer parti des gains d’économie d’énergie dans les installations industrielles.
Développée par le groupe South Pole, mais propriété des sociétés Econoler Inc. et Attijari Invest S.A., cette activité lancée en 2021 prévoit une réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 200.000 tonnes.
Les technologies qui seront potentiellement employées dans ce cadre comprennent la modernisation de l’éclairage intérieur, la modernisation des refroidisseurs et l’amélioration des systèmes de distribution, la modernisation des moteurs électriques dans les usines de fabrication et les installations de chauffe-eau photovoltaïques électriques et solaires.
L’autre activité développée par la Fondation Klik gravite autour de la transformation de déchets organiques en énergie. Développée par First Climate, GGGI et MSConex, cette activité devrait contribuer à une réduction des émissions de CO2 à hauteur de 1,5 million de tonnes, entre 2023 et 2030.
Ce programme de valorisation énergétique des déchets organiques vise à réduire les émissions de GES grâce à des projets de valorisation énergétique du biogaz. Le programme établira un cadre pour soutenir les investissements dans des biodigesteurs anaérobies, situés dans ou près des grandes villes.
Ces biodigesteurs permettront de traiter les déchets organiques des marchés, des abattoirs, des installations agro-industrielles et d’autres producteurs de déchets organiques pour les convertir en biogaz ; lequel sera utilisé pour produire de la chaleur et de l’électricité, ou transformé en biométhane comme carburant pour les bus ou les camions à ordures.
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