Nationalité marocaine : afflux de demandes émanant des descendants de Marocains israélites
Deux ans après la reprise des relations maroco-israéliennes, de plus en plus de descendants de Marocains israélites expatriés réclament la nationalité de leurs ascendants.
"Des citoyens israéliens, européens, américains, canadiens... qui descendent d’israélites marocains ayant quitté le Royaume après l’indépendance du pays sont de plus en plus nombreux à déposer des demandes dans les consulats du Maroc à l’étranger pour obtenir la nationalité marocaine", nous confirme Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc.
Un phénomène inconcevable en dehors du Maroc
Selon Serge Berdugo, ce sentiment d’appartenance à la nation marocaine ne cesse de se renforcer au sein de la deuxième et troisième génération d’israélites d’origine marocaine expatriés.
Ils sont en effet de plus en plus nombreux à engager les formalités administratives nécessaires pour avoir "un passeport vert", observe-t-il.
"C’est un phénomène propre au Maroc ; il ne viendrait certainement pas à l’idée de juifs d’autres pays de demander à leur pays natal de leur fournir un passeport", estime Serge Berdugo.
De telles demandes seraient en effet inconcevables dans le monde arabe, d’après lui, en raison du peu de chances d’obtenir la nationalité de pays dont certains ont toujours refusé de reconnaître la communauté israélite expatriée en tant que partie intégrante de sa population d’origine.
800.000 Israéliens éligibles
Combien d’Israéliens d’origine marocaine pourraient obtenir un passeport marocain ?
Le dernier recensement en Israël fait état d’environ 800.000 personnes intégrées à l’étranger, qui sont donc éligibles à l'obtention de la nationalité marocaine, précise Serge Berdugo.
"Une partie non négligeable la possède déjà. Il suffit de déposer un dossier dans les consulats marocains du monde avec un livret de famille marocain et une carte d’identité ou un passeport prouvant que les parents ou grands-parents du demandeur étaient marocains", explique Serge Berdugo.
La procédure est beaucoup plus rapide qu’une naturalisation ailleurs, souligne-t-il.
Une procédure administrative fluide
En effet, selon un Israélien désireux de récupérer la nationalité marocaine de ses grands-parents décédés, qui avaient quitté leur pays natal en 1956, il aura suffi de deux voyages au Maroc pour déclencher la procédure et obtenir une carte d’identité, puis un passeport, en moins d’une année de démarches.
"Mon cas était simple : à l’image de la grande majorité des Israéliens qui sont très fiers du pays d’origine de leurs ascendants, avec lequel subsiste un lien d’appartenance très fort, j’avais gardé précieusement – pour ne pas dire religieusement ! – leurs pièces administratives, en particulier un livret de famille des années 1940, qui m’a permis de prouver ma filiation marocaine", nous explique notre interlocuteur, qui compte bien transmettre à son tour la nationalité marocaine à ses enfants nés en Israël.
Tribunal rabbinique
Aux 800.000 Israéliens éligibles, il faut ajouter 200.000 juifs marocains expatriés dans d’autres pays dont ils ont acquis la nationalité, notamment en Europe, au Canada et aux Etats-Unis.
Soit une diaspora d’un million de personnes susceptibles de réclamer la citoyenneté, même si une partie d’entre elles, il est vrai, a perdu les documents administratifs prouvant leur filiation avec le Maroc.
"Pour ceux qui n’ont pas de documents administratifs prouvant la marocanité de leurs ascendants, il suffit d’engager une procédure juridique auprès du tribunal rabbinique de Casablanca pour obtenir des éléments de preuve, comme un certificat reconnaissant la filiation de juif marocain du demandeur", conclut Serge Berdugo en précisant que cette procédure juridique n’excède pas six mois.
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