Epidémie de grippe saisonnière : les explications du Dr Merabet
La hausse du nombre de cas de grippe saisonnière cette année est principalement due à l’abandon des mesures barrières et préventives, mais aussi au phénomène de la dette immunitaire. Le sérotype B de la grippe saisonnière reste le plus répandu.
Des informations rapportées à Médias24 font état d’une hausse du nombre de cas de grippe, impliquant notamment le virus H1N1.
Joint par nos soins, le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national d’opérations d’urgence de santé publique du ministère de la Santé, se montre rassurant sur cette maladie respiratoire virale.
La sérotype B de la grippe domine au Maroc
"Les virus saisonniers dominent actuellement au Maroc, tels que la grippe saisonnière, le VRS (virus respiratoire syncytial, ndlr) et le rhinovirus, et non pas le Sars-CoV-2", nous confie notre interlocuteur.
"Différents sérotypes de la grippe saisonnière circulent au Maroc chaque année, notamment le B, le H1N1 et le H3N2, et chaque année, l’un de ces sérotypes domine. Cette année, il s’agit du sérotype B de la grippe", précise-t-il.
Et d’ajouter, concernant le H1N1 : "Il inquiète davantage car il est lié à la grippe porcine. Depuis 2009, année durant laquelle ce virus est apparu chez l’homme, le H1N1 est une maladie communautaire. On ne parle donc plus de grippe porcine, mais de grippe H1N1 qui circule chaque année."
Dette immunitaire
Le Dr Mrabet explique par ailleurs que "l’actuelle saison grippale arrive après deux ans de circulation très faible des virus saisonniers. Ces derniers sont revenus cette année pour circuler de nouveau de façon habituelle par rapport à la situation d’avant la pandémie de Covid".
"A l’arrivée du Covid-19, il y a eu un phénomène de compétitivité virale, qui a rendu le Sars-CoV-2 plus dominant. Les mesures barrières et préventives ont également limité la circulation des autres virus saisonniers", poursuit le responsable.
"Ces mesures ont à présent été abandonnées, et le Sars-CoV-2, avec son variant Omicron, a perdu beaucoup de sa virulence. A signaler également, le phénomène de la dette immunitaire. L’infection par ces virus saisonniers nous permet d’acquérir une certaine immunité, alors qu’au cours des deux à trois dernières années, nous n’avons plus été immunisés. Notre immunité est donc devenue très faible. C’est ce qui explique que les malades soient très symptomatiques."
Eviter les antibiotiques
Les personnes atteintes de grippe saisonnière ont tendance à consommer systématiquement de l’azithromycine sans se faire diagnostiquer.
"L’azithromycine est un antibactérien et non un antiviral", alerte le Dr Merabet. "Il est prescrit dans le cadre du protocole national contre le Covid, combiné avec la chloroquine pour un effet bien déterminé. L’azithromycine sans chloroquine n’est pas recommandé par ce protocole", souligne notre interlocuteur.
Et d’ajouter : "La grippe saisonnière, quant à elle, se soigne via un traitement symptomatique, selon le diagnostic du médecin. Généralement, principalement du paracétamol et de la vitamine C. Prendre automatiquement des antibiotiques contre les infections virales peut s’avérer dangereux. La consommation abusive de ces médicaments peut provoquer une résistance qui rend inefficace un ou plusieurs antibiotiques contre une infection bactérienne à l’avenir."
"Il faut donc consulter un médecin qui prescrira au patient, selon un examen clinique, le traitement adéquat", conclut le Dr Merabet.
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