LVG Marrakech et Agadir, industrialisation, appels d'offres : les prévisions de Mohamed Rabie Khlie
Lors de l’ouverture de la 11e édition du Congrès mondial de la grande vitesse ferroviaire qui se tient à Marrakech du 7 au 10 mars, le directeur général de l’ONCF, Mohamed Rabie Khlie, est revenu pour Médias24 sur l’agenda de la création d’un écosystème ferroviaire et les détails concernant la LGV Tanger-Casablanca jusqu’à Marrakech, puis Agadir.
Premier pays du continent africain à inaugurer en 2018 une ligne à grande vitesse, le Maroc a été choisi par l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour abriter l’édition 2023 du Congrès mondial de la grande vitesse ferroviaire ; un mode de transport qu'elle espère doubler à l’horizon 2030.
"Un écosystème ferroviaire qui démarrera avec un taux d’intégration de 10%"
Médias24 a donc profité de cette occasion pour interroger le directeur général de l’ONCF, Mohamed Rabie Khlie, sur l’état d’avancement des projets de création d’un écosystème ferroviaire et d’extension de la LGV.
"Pour la partie ferroviaire, un écosystème est déjà en train de se mettre en place avec des équipementiers étrangers qui commencent à délocaliser une partie de leur production au Maroc, sans compter des entreprises marocaines qui vont aussi se consacrer à cet écosystème", indique notre interlocuteur avant d’expliquer les futures étapes qui aboutiront à la production de matériel roulant.
Sachant que l’ONCF a besoin d'une centaine de nouveaux trains pour renouveler sa flotte vieillissante, cette quantité constitue une taille critique susceptible d’inciter un ou deux grands constructeurs étrangers à s’installer au Maroc. Il s'agit de produire sur place le premier train avec un taux d’intégration de 10%, jusqu'à atteindre 60% pour le dernier train.
"Les plus grands constructeurs étrangers sont sur les rangs"
Pour cela, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé auprès de tous les constructeurs majeurs de la planète (Chine, Corée du Sud, France, Espagne…) qui ont montré leur intérêt pour produire des trains destinés au Maroc ; puis pour assurer les besoins du continent africain, à l’instar des écosystèmes automobile et aéronautique qui ont atteint leur vitesse de croisière après deux décennies.
A la question de savoir s’il faudra attendre 2043 pour atteindre un taux d’intégration de 60%, le directeur général a précisé qu’une dizaine d’entreprises étrangères travaillaient déjà sur la partie des infrastructures ferroviaires (rail, signalisation…), et qu’il faudra par conséquent moins de temps.
"Dans moins d'un mois, un appel d'offres pour construire 100 trains"
"Après avoir lancé un appel à manifestation d’intérêt qui a suscité beaucoup d’intérêt, nous allons lancer, dans moins d’un mois, un appel d’offres pour sélectionner un ou deux constructeurs qui présenteront les meilleures offres pour fabriquer nos futurs trains au Maroc", annonce Mohamed Rabie Khlie.
Devant notre insistance pour connaître le planning de cet écosystème, il estime qu’il faudra environ dix ans pour que les constructeurs puissent livrer, par tranches, les 100 trains dont a besoin l’ONCF.
"Il faudra six à sept ans pour que la LGV Tanger-Marrakech devienne une réalité"
Concernant l’extension de la LGV jusqu’à Marrakech puis Agadir, notre interlocuteur confirme que l’ONCF est dans la phase des études d’exécution qui sont financées par les pouvoirs publics.
"Sachant que c’est un projet très capitalistique, l’Etat doit encore procéder à plusieurs arbitrages budgétaires avant de trouver des montages financiers appropriés et de pouvoir engager ce projet d’extension. On espère avoir une visibilité sur le comment au courant de l’année 2023." Le vice-président de l’Union internationale des chemins de fer ajoute qu’il faudra six à sept années avant que la LGV Tanger-Marrakech ne devienne une réalité, et au moins une quinzaine d’années pour étendre ce projet jusqu’à la ville d’Agadir qui n’a jamais été connectée au réseau ferroviaire.
"L’extension de la LGV permettra de créer d’autres moyens de transport de proximité"
Mohamed Rabie Khlie souligne que le fait d’étendre la LGV jusqu’à la ville ocre permettra de libérer de la capacité sur le réseau conventionnel ferroviaire, dans les grandes agglomérations de Rabat-Kénitra ou Casablanca-Settat, et de développer des transports de proximité "mass-transit" de type RER.
En d’autres termes, le projet d’extension de la LGV va aussi encourager l’utilisation d’autres moyens de transports comme le RER ou le tramway qui se grefferont sur l’épine dorsale ferroviaire.
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