Maha Gmira : l'ambition d'une intelligence artificielle inclusive pour les femmes en Afrique
À la tête de la première école supérieure spécialisée, Maha Gmira est l'une des figures incontournables de l'intelligence artificielle au Maroc. À travers la chaire dont elle est titulaire, elle vise à promouvoir la place des femmes, au niveau continental, dans la recherche autour de cette nouvelle technologie.
Le développement des technologies liées à l’intelligence artificielle ne cesse de s’accélérer, annonçant une nouvelle révolution industrielle et bouleversant le quotidien des professionnels et des citoyens. Pour accompagner cette dynamique, Médias24 lance le trombinoscope de l’intelligence artificielle au Maroc.
Nous visons, à travers cette série d’articles, à mettre en lumière des personnalités qui font avancer ce domaine dans le Royaume. Qu’ils viennent du monde académique, de l’entreprise, du secteur public ou de la société civile, ces femmes et hommes ont le mérite d’inscrire le Maroc proactivement comme acteur dans cette technologie.
Maha Gmira, directrice de l’École d'ingénierie digitale et d’intelligence artificielle (EIDIA) à l’Université Euromed de Fès, est l’une des personnalités les plus en vue du monde de l’intelligence artificielle au Maroc. Elle est titulaire de la chaire ICESCO-UEMF "Femmes en sciences : intelligence artificielle et futur", qui promeut l’intelligence artificielle auprès des filles et des femmes.
Diplômée de l’Ecole polytechnique Montréal, Maha Gmira a obtenu une maîtrise en mathématiques et génie industriel, et un doctorat en intelligence artificielle. Elle a mené sa thèse doctorale sur la science des données pour la prise de décision en temps réel, dans le cadre du programme des chaires d'excellence en recherche du Canada, considéré comme l'un des meilleurs au monde dans ce domaine.
En novembre 2021, l’African Scientific Research and Innovation Council (ASRIC), organe de l’Union africaine, a attribué à Maha Gmira un Flagship Project, projet pilote en Afrique qui porte sur l’application de l’intelligence artificielle en agriculture pour assurer la sécurité alimentaire en Afrique. Ce projet est mené par le Maroc, en collaboration avec le Rwanda, l’Egypte, le Botswana et le Nigeria.
Partie intégrante de l'Université Euromed de Fès, l'EIDIA se définit comme une école d’excellence spécialisée dans l'ingénierie digitale et l'IA. Elle propose une formation qui s'étale sur cinq ans, avec un cycle préparatoire (deux ans), suivi d'un cycle d'ingénieur (trois ans). En plus de l'intelligence artificielle, l'école inclut les filières de la cybersécurité, des mégadonnées analytiques (big data), d'ingénierie d'application web et mobile, de la robotique et la cobotique.
IA et inclusion des femmes, des résultats encourageants
A travers la chaire "Femmes en sciences : intelligence artificielle et futur", elle vise à donner un élan à la formation des chercheures femmes dans ce domaine en Afrique. Son ambition est de contribuer à l'inclusion des femmes dans la quatrième révolution industrielle en cours, dans cette partie du monde.
Reconnaissante de l'appui dont elle a bénéficié au Canada pour se forger un chemin dans le domaine de l'intelligence artificielle, Maha Gmira veut appliquer les mêmes standards de qualité dans la formation et l'accompagnement, et permettre ainsi aux femmes de démontrer leur compétences dans cette technologie qui fera le XXIe siècle.
La chaire compte à son actif un brevet en smart agriculture déposé à l'échelle nationale, et développé en partenariat avec un domaine agricole de la région de Fès-Meknès, alors que quatre publications scientifiques sont parus dans des journaux indexés à fort impact.
Durant ces deux années d'exercice, la chaire a pu organiser plusieurs formations et conférences qui ont réuni plus de 4.000 participantes. Tandis que les AI Bootcamps, des séances intensives d’introduction aux concepts de l’IA destinées aux fillettes âgées entre 7 et 10 ans, ont connu la participation de plus de 300 participantes.

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